Les cahiers de l'Islam
Les cahiers de l'Islam
Les cahiers de l'Islam


Samedi 8 Juillet 2017

Le Mali a toujours le Blues (La Libre.be)


Le groupe malien Songhoy Blues se produira ce samedi au festival “Les Ardentes” à Liège. Le leader de la formation, Aliou Touré revient sur son parcours et notamment le conflit survenu en 2012 dans le Nord du Mali, qui a contraint ces quatre musiciens à s’exiler à Bamako, la capitale, où ils se sont rencontrés.



Copyright Songhoy Blues
Copyright Songhoy Blues

La Libre.be
Publié le 7 juillet 2017


Par Vincent Dauchot

Le groupe malien Songhoy Blues se produira ce samedi au festival “Les Ardentes” à Liège. Le leader de la formation, Aliou Touré revient sur son parcours et notamment le conflit survenu en 2012 dans le Nord du Mali, qui a contraint ces quatre musiciens à s’exiler à Bamako, la capitale, où ils se sont rencontrés.

Au commencement, il y avait la charia 
Le Nord du Mali est une zone complexe sur le plan géopolitique. Pauvre, désertique et multifrontalière, elle fait l’objet d’une rébellion armée vieille de soixante ans de la part des Touaregs, qui peuplent la région et exigent son autonomie. Lorsqu’ils attaquent les cantonnements militaires de plusieurs localités, en 2012, les membres du Mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA groupe politico-militaire essentiellement touareg et laïque) s’inscrivent directement dans ce très vieux conflit. En quelques jours, ils prennent les villes de Gao, Kidal et Tombouctou. Pour contrôler ce vaste territoire, ils décident de passer une alliance stratégique avec les islamistes d’AQMI et Ansar Dine. Mais ces deux groupes – plus puissants – prennent rapidement le dessus et le contrôle de la région où ils instaurent la charia, interdisent la musique, et pourchassent les contrevenants.

Ils ne se connaissent pas encore, à l’époque, mais les quatre futurs membres de Songhoy Blues – tous issus de l’ethnie Songhaï – vivent alors la même situation. Sous la pression des groupes islamistes, ils fuient Tombouctou pour se réfugier dans la capitale, Bamako. Associés par hasard lors d’une cérémonie de mariage, ils s’entendent bien, jouent un blues électrique et fiévreux dans la plus pure tradition malienne, et se produisent de plus en plus régulièrement dans les cabarets de la ville. Par chance, l’oncle d’un des musiciens n’est autre que le bassiste de feu Ali Farka Touré, légende du blues local. Conquis par leur musique, “tonton” les met en lien avec le gotha du rock mondial dont le très populaire Damon Albarn (Blur, Gorillaz,…) et donne un solide coup d’accélérateur à Songhoy Blues qui prend une dimension internationale. “Music in exile”, leur premier album fortement inspiré par cette expérience personnelle, rencontre un certain succès et engage nos quatre rockeurs dans une tournée mondiale qui durera près de deux ans. Deux ans pendant lesquels les quatre Songhaï composent un deuxième disque, “Résistance”, qu’ils viendront défendre ce samedi 8 juillet au festival “Les Ardentes”.

Votre premier disque était influencé par votre exil, qu’en est-il pour celui-ci ? 

Le premier album retraçait notre migration forcée. Maintenant que nous sommes installés à Bamako, nous sommes entrés en résistance. Cet album n’est pas plus politique, mais je dirais qu’il est plus engagé. On défend un peuple – tous les Maliens – contre un système qui ne fonctionne pas. 

Vous avez passé énormément de temps en tournée, dans quelle mesure cette expérience vous a-t-elle influencés ? 

Nous sommes restés sur la route pendant pratiquement trois ans. C’est à la fois difficile et sympa à vivre pour voir les différentes cultures, les différents artistes, découvrir tous ces pays que tu as vus à la télévision pour réaliser qu’il n’y a aucune différence entre tous ces peuples… 

Retrouvez la suite et l'intégralité de cet article sur le site de La Libre.be


Voici une sélection d'ouvrages sur le Mali : 

                 




Nouveau commentaire :