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Vendredi 13 Juin 2014

La Guerre de la France au Mali (éd. Tallandier)

Derrière les versions officielles, quelles sont les coulisses de l'opération Serval? Les interrogations des politiques, l'action secrète des militaires et des services de renseignement, le sort des otages... Dans La Guerre de la France au Mali (éd. Tallandier), Jean-Christophe Notin éclaire bien des zones d'ombre.



La Guerre de la France au Mali (éd. Tallandier)





La Guerre de la France au Mali, par Jean-Christophe Notin.
Ed. Tallandier, 656p.,
22,90€.

"Faire la guerre sans l'aimer", suggérait André Malraux dans Les Noyers de l'Altenburg. La penser en temps réel et au-delà des apparences, avance en écho Jean-Christophe Notin. Après avoir exploré les dessous des engagements français en Afghanistan, en Libye ou en Côte d'Ivoire, ce fin connaisseur des services de renseignement et des forces spéciales, s'attaque à l'opération Serval, déclenchée en janvier 2013 dans un Mali étouffé par l'hydre djihadiste. Le rôle de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), celui du cabinet du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l'âpreté des combats dans le massif du Tigharghar, la lourde hypothèque des otages : autant d'inconnues qu'il importe de décrypter si l'on veut résoudre l'infernale équation du terrorisme saharo-sahélien. Si légitime soit-elle, toute geste militaire a sa part d'ombre. Y compris sous l'implacable cagnard qui embrase désert et rocaille. 

[Extraits]

Entre menace et mirage


L'irruption française dans l'arène malienne aura été hâtée par le spectre d'un péril imminent : celui de convois djihadistes avides de fondre sur Bamako. Mais est-ce si simple?
 
Si les "colonnes de pick-up" n'ont jamais été localisées, pourquoi le contraire est-il si souvent avancé? Il ne faut pas croire à une volonté de travestir la vérité, mais sans doute de mieux la faire passer auprès du grand public. Une "colonne" de voitures suscitera toujours plus la crainte qu'un "nuage" ou des "agrégats épars". Or la vérité est que, au moment de prendre leur décision, à part les rapports affolés de l'armée malienne, les autorités françaises n'ont disposé d'aucun élément tangible. Pas plus que les avions de reconnaissance, aucun satellite, français comme américain, n'a jamais pris de mouvement massif en flagrant délit. Jamais un conseiller n'a déposé sur la table du président de la République les clichés fatidiques, qui seraient à la guerre ce que l'analyse ADN est dans une enquête criminelle : une preuve irréfutable. 

Il sera de même avancé que les écoutes françaises ont intercepté l'appel d'un des chefs djihadistes, en l'occurrence Iyad ag-Ghali, annonçant sa volonté d'aller prier le lendemain à la mosquée de Mopti. Le criminel aurait donc signé son crime... Sauf que ni la DRM [le renseignement militaire] ni la DGSE n'en ont trace. Et pour cause : Iyad, vétéran de trente ans de rébellion, est beaucoup trop prudent pour utiliser son téléphone de la sorte ; avant et pendant l'opération au Mali, jamais il n'a été intercepté. 
Serval sera exceptionnel sur bien des points, et sa naissance est l'un des plus singuliers : ce n'est pas sur la foi de preuves concrètes, mais sur un faisceau de présomptions que la France s'apprête à déclencher son opération la plus importante depuis la guerre d'Algérie. L'auteur de cette analyse est le seul service capable de la livrer à cet instant, la DGSE. Et pour cause : en l'absence d'images et d'interceptions probantes, il ne reste que le renseignement humain, or [celle-ci est seule] à pouvoir en disposer, avec un maillage de sources suffisamment fin, au sein de la population comme de l'armée malienne, pour sentir le pouls des territoires du Nord. [...].

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