Les cahiers de l'Islam
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Ibn Sînâ :
Abu Ali al-Hussein ibn-Abdullah Ibn-Sînâ connu par les Occidentaux sous le nom d'Avicenne, est probablement né en l'année 980, près de Boukhara en Perse, aujourd'hui en Ouzbékistan. Sa langue maternelle est le persan et toute sa vie va se dérouler en Perse. Il était chiite (d’après certain auteurs duodécimain et pour d’autres ismaélien).
Avicenne est un des plus grands noms de la philosophie islamique et l'avicennisme se situe au carrefour de la pensée orientale et de la pensée occidentale. La forme du nom sous lequel Avicenne est traditionnellement connu dans l'histoire de la philosophie et de la médecine en Occident résulte d'une mutation de la forme authentique Ibn Sīnā, advenue au cours du passage de ce nom à travers l'Espagne. Cette mutation est déjà un indice de la double perspective sous laquelle on peut envisager l'œuvre d'Avicenne et, d'une façon générale, l'avicennisme : perspective occidentale, telle que nous l'avait léguée la scolastique latine médiévale, et perspective de l'islam oriental ou, plus exactement, celle de l'islam iranien, où la tradition avicennienne a continué de vivre jusqu'à nos jours.
Au cœur de la philosophie d'Ibn Sînâ est son concept de réalité et de raisonnement. La Raison, dans son système, peut permettre de progresser vers des niveaux de compréhension toujours plus hauts pour finalement mener à Dieu, la vérité ultime. Il souligne l'importance d'acquérir des connaissances et développe une théorie de la connaissance basée sur quatre facultés : perception des sens, mémoire, imagination et opinion. L’Imagination a le rôle principal dans la pensée, permettant de comparer et de se construire des images donnant accès à des universaux. Encore une fois l'objet ultime de la connaissance est Dieu, l'intellect pur.
En métaphysique, il pose la distinction entre essence et existence ; l’essence considère seulement la nature des choses qui doit être considérée indépendamment de leur réalisation physique et mentale. Cette distinction s'applique à toutes choses sauf à Dieu, qu’Ibn Sînâ identifie comme la cause première et, par conséquent, la source de l’essence et de l’existence. Il a également soutenu que l'âme est incorporelle et ne peut être détruite. L'âme, à son avis, est l’agent du choix entre bien et mal dans ce monde, ce qui entraîne à son tour de récompense ou de punition dans le monde futur.
L’œuvre d'Avicenne est nombreuse et variée. Le nombre de ses œuvres écrites semble dépasser les deux cents ouvrages et thèses. Il a écrit principalement dans la langue savante de son temps, l'arabe classique, mais parfois aussi dans la langue vernaculaire, le persan. Il est l'auteur de monuments, d'ouvrages plus modestes, mais aussi de textes courts.
Son œuvre couvre toute l'étendue du savoir de son époque:
- Kitāb al-Shifā' (Le Livre de la guérison de l'âme) est une œuvre philosophique embrassant la logique, la physique et la métaphysique dans laquelle on trouve des écrits à partir de traductions de textes anciens sur les sciences naturelles, les mathématiques ou encore la métaphysique auxquelles Avicenne a ajouté ses propres observations ou commentaires. Il décrit la descente de l'Ame dans le Corps, en provenance de la plus Haute Sphère qui est sa demeure [la demeure de l'âme].
- Kitab al-Najat (Livre de la délivrance) : Qui peut être considéré comme une synthése du «Kitāb al-Shifā'» ;
- Le dessein personnel du philosophe trouve son achèvement dans la philosophie orientale (hikmat mashriqiya), qui prit la forme de la compilation de vingt-huit mille questions. Cette œuvre disparut lors du sac d’Ispahan (1034), et il n'en subsiste que quelques fragments.
- Kitab al-Icharat wal Tanbihat (Livre des signes et des avertissements), présente des études en sciences naturelles, en théologie, en soufisme et sur la morale.
- Al Adwiyat-al-Qalbiya un "Traité des Cordiaux"
- Il consacra les dernières années de sa vie à la philosophie et composa un "Traité de l'âme et du destin", un "Guide de la Sagesse", une "Vie de la Vertu et du Péché" etc. - Sa pensée sur la distinction de l'"Essence" de l'être et de l'"Existence" sera exploitée par Thomas d'Aquin ; elle est une des bases de la philosophie scolastique néo-aristotélicienne du Moyen Âge chrétien
- C'est pendant la période de son séjour auprès de l'émir d'Ispahan qu'il écrit son ouvrage le plus célèbre et le plus considérable sur la philosophie et la médecine le "Kitab Al Qanum fil-Tibb" ("Canon de la médecine") qui est une revue de synthèse claire et ordonnée de tout le savoir médical. Cette encyclopédie est composée de 5 livres : les maladies sont présentées dans un ordre topographique, de la tête aux pieds, telles qu'elles étaient connues à l'époque. Enrichi de ses propres observations, demeuré longtemps un classique des universités d'Occident, "le Canon"; ses écrits apparaissent parfois beaucoup plus philosophiques que cliniques.
- Avicenne a résumé sa pensée médicale dans un "Urdjuza Fi-Tib" ("Poème de Médecine") de 1300 vers, traduit par Armengaudus Blasii (Armengaud Blaise), médecin de Jacques II d'Aragon et du Pape Clément V qui commence par cette pensée: "la médecine est l'art de conserver la santé et éventuellement, de guérir la maladie survenue dans le corps"

Voir aussi : Rāzī (al)