Les cahiers de l'Islam
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Abduh (Muḥammad) :
Né à Mahallab al-Nasr (Égypte), Muḥammad ‘Abduh (Mohammed Abdou) reçoit une éducation traditionnelle et entre à l'université d'al-Azhar en 1866 ; il y subit l'influence de mystiques religieux musulmans — son ouvrage "Risālat al-waridat" (Traité d'inspirations mystiques, 1874) en rend compte. Djamāl al-Dīn al-Afghānī, qu'il rencontre en 1872, l'ouvre aux problèmes de la vie politique et à ceux que font naître les contacts avec l'Occident.
En 1889, ‘Abduh devient juge près les tribunaux indigènes, conseiller à la cour d'appel, membre du Conseil législatif, fondateur du comité d'administration d'al-Azhar, mufti d'Égypte enfin en 1889.
Il fait partie des plus éminents rénovateurs contemporains de la jurisprudence islamique et constitue une figure incontournable de la réforme et de la renaissance du monde arabo-musulman. Dans toutes ces instances, ‘Abduh fait œuvre de réformateur : en particulier par le biais du conseil législatif, il se fait le principal éducateur politique des Égyptiens. Le programme d'‘Abduh tient en quatre points : réforme de la religion islamique par le retour à l'état primitif de l'islam, rénovation de la langue arabe, reconnaissance du droit du peuple face au gouvernement et reconnaissance du dogme islamique.
En matière proprement religieuse, ‘Abduh s'élève contre le taqlid (ici imitation de l'Occident) et se bat pour le retour à la toute première tradition coranique (umma islamiya). Il préconise la tolérance religieuse et souligne l'importance du ‘aql (raison) ; la raison est, à ses yeux, le régulateur de la religion et permet la collaboration de la religion et de la science.
En 1897, ‘Abduh écrit son "Risālat al-tawḥīd" (Traité de l'unicité divine) ; ce sera sa principale œuvre théologique. Il fera œuvre d'apologète dans "Le Rôle respectif du christianisme et de l'islam dans la science et la civilisation" ou encore dans des articles de la revue Al-Manar.
Il meurt en 1905
Voir aussi : Afghâni (al), Amin (Qasim), Riḍā Rashīd, Sayyid Ahmad Khan, Tahtâwî (Rifâ'a at)