Les cahiers de l'Islam
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Omar Merzoug
Omar Merzoug est journaliste et collabore régulièrement avec Le Quotidien d'Oran pour lequel il... En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 13 Mai 2018

Le soufisme, alternative à la barbarie : Entretien avec Bariza Khiari.



[...] Mais, sur le plan collectif, c’est beaucoup moins brillant. En somme, les succès personnels et l’émergence d’une classe moyenne sont les signes d’une réelle intégration en dépit de toutes les discriminations qui sont à l’œuvre. Discriminations qui représentent un vrai fléau auquel il faudra bien qu’on s’attaque. Les discriminations sont des morts sociales. C’est, en effet, beaucoup plus difficile quand on est fils ou petit-fils d’immigré de décrocher un poste à diplôme égal. Cependant la prise en compte de cette diversité est visible, elle est du reste tellement visible qu’on se préoccupe de s’adresser à ces générations-là pendant les périodes électorales. C’est un signe évident que ça commence à compter.
Bariza Khiari

Née en Algérie, Bariza Khiari a accédé aux plus hautes fonctions politiques. Première sénatrice musulmane de France, ex-vice-présidente du Sénat, juge à la Haute-Cour de justice de la République, chevalier de l’Ordre national du mérite, présidente de l’Institut des Cultures d’Islam, un parcours exemplaire qui a piqué notre curiosité. Dans son bureau, à l’Élysée, où elle nous reçoit chaleureusement, elle évoque, pour les lecteurs du Quotidien d’Oran, son itinéraire et ses combats et ses projets.

Par Omar Merzoug

Cet entretien est publié avec l'aimable autorisation de son auteur.

 

Portrait de la sénatrice Bariza Khiari, • Crédits : DR
Portrait de la sénatrice Bariza Khiari, • Crédits : DR



O.M :  Comment, sur une période d’une trentaine d’années, jugez- vous du processus d’intégration des populations d’origine immigrée en France ?
 
Bariza Khiari  :  Sur une trentaine d’années, je peux dire que le bilan de l’intégration des populations issues de l’immigration est plutôt positif même s’il faut parfois pondérer cet avis à cause des discriminations. Il est vrai qu’est apparue une classe moyenne. Issue de ces populations, il y a des cadors. Nous avons donc des jeunes qui se construisent individuellement. Sur le plan individuel, il y a des réussites exceptionnelles. A titre personnel, lorsque j’ai été élue sénatrice, au début il y avait envers moi une certaine méfiance, parce qu’on ne me connaissait pas, mais lorsque vous faites valoir des compétences, on vote pour vous. J’ai été élue première vice-présidente du Sénat, poste que j’ai occupé trois ans durant, et la droite et la gauche ont voté unanimement pour moi. Lorsque j’ai quitté la vice-présidence du Sénat, les sénateurs de droite, qui sont censés être mes adversaires en politique, m’ont demandé d’être candidate à la Cour de justice de la République. Lorsque j’ai demandé la raison, on m’a expliqué qu’ils étaient assurés que je jugerais les faits, non les personnes. Les jeunes peuvent réussir en faisant valoir leur savoir-faire, à condition bien entendu qu’ils respectent les règles et les lois de la République. J’ai toujours été persuadée que les compétences effaçaient dans le regard de l’Autre l’appartenance. Ces réussites, comme je l’ai déjà dit, restent individuelles. Mais, sur le plan collectif, c’est beaucoup moins brillant. En somme, les succès personnels et l’émergence d’une classe moyenne sont les signes d’une réelle intégration en dépit de toutes les discriminations qui sont à l’œuvre. Discriminations qui représentent un vrai fléau auquel il faudra bien qu’on s’attaque. Les discriminations sont des morts sociales. C’est, en effet, beaucoup plus difficile quand on est fils ou petit-fils d’immigré de décrocher un poste à diplôme égal. Cependant la prise en compte de cette diversité est visible, elle est du reste tellement visible qu’on se préoccupe de s’adresser à ces générations-là pendant les périodes électorales. C’est un signe évident que ça commence à compter.


O.M :  Vous avez été une militante antiraciste, que pensez-vous du malaise latent, parfois ouvert comme durant les émeutes de 2005 dans les banlieues, de ces jeunes qui sont parfois tentés par des engagements djihadistes ?
 
B.K :   Cela est tout à fait regrettable. Il est possible que la République n’ait pas été suffisamment à l’écoute de cette frange de la population. En tout cas, certains ont agi de telle sorte qu’on en arrive à cette situation. Et qu’ont fait ces obscurantistes, ces intégristes ? Ils ont fait en sorte que l’islam se réduise à des types d’oppositions binaires : ceci est permis, cela est défendu ; ceci est licite, cela est illicite ; ceci est haram ; ceci est halal. C’est devenu le critère moyennant quoi nos textes scripturaires sont devenus un code pénal, et, du coup, ces intégristes ont fait perdre à la religion musulmane toute la dimension verticale et spirituelle. Car la spiritualité est le cœur de l’islam et, à partir du moment où vous asséchez la religion, car c’est à cela que nous avons assisté, les théoriciens du salut peuvent surgir, ces analphabètes bilingues qui promettent un billet premium pour le paradis et qui trouvent des personnalités faibles pour les croire.


O.M :  Ce serait là la faille ?
 
B.K :  La meilleure façon de lutter contre l’islamisme radical, c’est de promouvoir l’islam et ses valeurs, de mettre l’accent sur la spiritualité de cette religion. Or, on n’a pas fait ce qu’il aurait fallu faire pour transmettre les savoirs fondamentaux de l’islam. A l’Institut des cultures d’islam que j’ai l’honneur de présider, j’ai pu me rendre compte que cette transmission des valeurs spirituelles de l’islam ne s’est pas faite dans les familles. Il y a des manques graves dans la passation de ces valeurs, car si elles avaient été inculquées aux jeunes, on n’en serait pas arrivé à une situation aussi dramatique.


O.M :  N’y aurait-il pas aussi un manque grave du côté de l’école, les valeurs républicaines non plus n’ont pas été transmises, on ne peut que le constater.
 
B.K :  Si l’école républicaine n’a peut être pas rempli sa mission, les familles pas davantage. Du coup, n’importe quel démagogue, agitateur, prédicateur islamiste peut leur « bourrer le crâne ». Et voilà comment on parvient par glissements successifs à un phénomène de radicalisation, lequel aboutit à légitimer l’action terroriste.


O.M :  Comment avez-vous vécu les attentats de 2015 ?
 
B.K :  Très mal. Ces actes terroristes rejaillissent malheureusement sur l’ensemble des musulmans. Ce que ces radicalisés font est gravissime.


O.M :  En quoi précisément est-ce gravissime ?
 
B.K :  A titre d’exemple et pour battre en brèche, l’argument agité par certains, qui se plaisent à répéter qu’en Islam écouter ou pratiquer de la musique relève du haram, j’ai dû « monter » une exposition d’arts contemporains, organiser des conférences et des concerts pour expliquer que rien de tout cela n’est, au regard de l’islam illicite. C’est en effet une forme de chant que de psalmodier le Coran. On ne sait pas assez qu'en Europe médiévale celui qui a fondé le premier conservatoire est un musulman du nom de Ziryâb [1]. C’est le philosophe Al-Kindî [2] qui a créé une forme de solfège où l’on reconnaissait les notes à l’aide de chiffres, sans oublier les chants spécifiquement religieux, et le très important patrimoine de la musique andalouse qui irrigue toute la culture musulmane. Dans ces circonstances, décréter que la musique est illicite, ce serait vouloir interdire à des oiseaux de chanter.


O.M :  Après les attentats de 2015, certains se sont hâtés de dire que ces actes criminels n’avaient rien à voir avec l’Islam, d’autres ont défendu l’idée qu’il devait y avoir malgré tout un rapport, quel est votre sentiment ?
 
B.K :  Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Ce que je peux vous dire, c’est que les Musulmans dans ce pays n’ont pas à s’excuser pour les actes commis par une « bande de cinglés ». Pas plus que les autres communautés du reste. Mais il faut avouer que ces actes commis au nom de l’Islam nous atteignent vraiment.


O.M :  La gauche de gouvernement a répondu aux attentats, notamment par le projet de la « déchéance de nationalité », quelle a été votre réaction ?
 
B.K :  C’est sur ce projet que s’est faite ma rupture avec le Parti socialiste. Les prémices de la rupture, ce fut lorsque Manuel Valls, alors premier ministre, est allé rendre visite à Angela Merkel pour lui faire la leçon au sujet des migrants. Cette femme, de droite, a été, dans ces circonstances, l’honneur et la conscience de l’Europe. Franchement, si l’Europe n’est pas aussi un corpus de valeurs, alors qu’on veuille bien nous le dire. C’est moi qui avec d’autres, au Sénat, ait fait capoter ce projet, car j’ai réussi à fédérer une majorité de sénateurs socialistes en leur disant : « N’avez-vous pas honte ? Nous avons adhéré à ce parti sur la question des valeurs et aujourd’hui on en est là ! ». Du coup, l’exécutif,qui n’avait pas de majorité dans ses rangs pour faire adopter le texte, a été contraint de le retirer. Si j’ai quitté le PS, c’est aussi à cause de cette forme hystérique de laïcité dans laquelle je ne me reconnaissais pas.


O.M :  N’y aurait-il pas une alternative possible à cette laïcité hystérique que vous évoquez ?
 
B.K :  Pour le président Emmanuel Macron la laïcité est un espace de liberté, liberté de croire ou de ne pas croire. Il ne se sert pas de la laïcité ou de questions sur l’identité française pour diviser les français car contrairement à d’autres il cherche lui à les rassembler.


O.M :  On voit bien en effet la réaction très vive d’une certaine gauche contre le fait que le président Macron tende la main aux catholiques et qu’il fera de même sans doute avec les musulmans
 
B.K :  Mais le président Macron a tendu la main aux Musulmans, en plusieurs occasions, je peux vous l’assurer. Partisan du rassemblement des français, le Président est pour une laïcité qui ne crée pas de rupture entre les citoyens. Ça change tout. La laïcité est définie par une loi qui interdit certaines choses, mais qui en permet d’autres et qui doit être respectée. Si l’État est laïc, les gens ne le sont pas. La laïcité est un espace de liberté qui nous permet de vivre ensemble, tout en étant différents. Le président Macron l’a très bien compris. Parce qu’il possède cette culture philosophique et historique dont étaient dépourvus ses prédécesseurs immédiats, il a compris que le premier terrain à investir, c’était celui de l’éducation et son maître mot est l’émancipation. À titre d’exemple, lorsqu’on divise le nombre des élèves par deux dans les petites classes, c’est pour permettre à ces enfants de savoir lire, écrire et compter. Car lorsqu’un gamin ne dispose que de trois cents mots, il a tendance à faire usage de la violence pour s’exprimer. Vous le savez comme moi, l’éducation est une cause absolument fondamentale.


O.M :  Est-ce qu’une partie du problème ne vient pas du fait que la gauche socialiste n’a pas pris au sérieux la question religieuse ?
 
B.K :  Avant d’évoquer la question religieuse, permettez-moi de vous dire que la bonne conscience de la gauche, ça a été l’antiracisme. Quand on mène une lutte contre le racisme, à un moment donné, il faut l’évaluer, en dresser le bilan, et pointer du doigt les insuffisances. Or, pendant que la gauche à travers une organisation luttait contre le racisme en organisant des concerts, Jean-Marie Le Pen est parvenu à se hisser au second tour de l’élection présidentielle !


O.M :  Ça n’a pas fonctionné.
 
B.K :  Parce que la lutte menée n’a pas porté sur la promotion de l’égalité ou la lutte contre les discriminations. Pour cela, il aurait fallu concevoir d’autres outils. Car c’est un travail précis, sur le long terme, un travail de terrain qui dépasse le temps d’un quinquennat. Il aurait fallu s’attaquer en profondeur aux inégalités et ça n’a pas été fait.


O.M :  C’était avant que la question religieuse ne vienne à l’ordre du jour
 
B.K :  Oui, et comme ils ont laissé en jachère tout ce pan de lutte contre les discriminations, cet espace a été occupé par les intégristes obscurantistes...


O.M :  ... qui eux ont su mettre en œuvre une rhétorique efficace.
 
B.K :  Très efficace en disant aux jeunes que s’il suivait une certaine voie cela allait les sauver, leur donner une respectabilité et là-dessus débiter des propos sans fondement et sans rapport avec les véritables valeurs de l’Islam, lequel ne se réduit pas à des interdits.


O.M :  Venons-en à votre implication dans l’islam soufi. En règle générale, les soufis bénéficient en Occident d’une bonne réputation
 
B.K :  Depuis relativement peu de temps. Cette bonne réputation est due au fait que, dans la voie soufie, il n’y a pas de sectarisme. Les soufis sont ouverts aux autres parce que la transmission des valeurs de l’islam a été faite et à partir du moment où cette transmission est réalisée, vous pouvez vous dépasser et vous ouvrir aux autres et accueillir l’universel. Le soufisme, c’est toute une éducation- initiation qui permet ça.

O.M :  Croyez-vous que le soufisme soit une alternative à la violence qui s’exerce au nom de l’islam ?
 
B.K :  Je l’ai toujours pensé. La spiritualité, c’est l’avenir de l’islam. Face à la barbarie, le soufisme, qui est le cœur battant de l’Islam, est en effet une alternative parce que cela se fonde sur un véritable enseignement.


O.M :  Vous avez déclaré un jour qu’il fallait tirer l’islam par le haut, le soufisme peut remplir cette fonction ?
 
B.K :  L’Islam ne peut être tiré par le haut que par son cœur spirituel. De ce point de vue le cheikh Bentounès [3] accomplit un travail admirable. Il a notamment obtenu que l’ONU consacre une journée au « vivre-ensemble en paix » Je l’ai modestement aidé à expliquer son action pour ce qui touche à la France. Il a pris son bâton de pèlerin pour convaincre toute la planète et a obtenu un vote unanime des pays membres de l’ONU. Ce qu’a fait le cheikh Bentounès montre que la véritable citoyenneté prend ses racines dans les profondeurs de l’Être et que la véritable spiritualité s’incarne dans les actes citoyens de chaque jour. De plus, parce qu’il sait qu’il faut éduquer les jeunes, il a fondé l’organisation des scouts musulmans de France qui prône les véritables valeurs de l’Islam qui sont, il faut le rappeler, compatibles avec le corpus républicain. En ce sens, le soufisme, en tant que nostalgie d’amour, telle est la définition que je lui donne, est l’avenir de l’Islam. Eric Geoffroy [4] a d’ailleurs mis le doigt sur l’essentiel en intitulant son livre « L’islam sera spirituel ou ne sera pas » (éd. du Seuil). Pendant des décennies, les confréries religieuses ont été malmenées en Algérie. Lorsque les Algériens ont vécu une décennie de malheurs, ils ont bien compris que l’on avait abandonné l’islam traditionnel algérien. Or l’islam soufi ce n’est rien d’autre que l’islam traditionnel algérien.


O.M :  Vous avez été nommée présidente de l’Institut des Cultures d’Islam. Parlez-moi de votre action au sein de cet institut.
 
B.K :  Lorsque j’ai pris en main cet institut, les cultures d’Islam n’étaient pas nécessairement mises en avant ni très présentes. J’ai demandé un mandat pour réellement inscrire dans les faits les cultures d’Islam. Qu’il s’agisse des jeunes musulmans ou de nos compatriotes qui ne le sont pas, on a besoin de se connaître. J’aime beaucoup citer cette formule d’Ibn Arabi : « Les hommes sont les ennemis de ce qu’ils ignorent ». Il est donc impératif de se donner les moyens de connaître la culture de l’Autre. L’Institut des Cultures d’Islam est conçu pour montrer les cultures d’Islam dans leur diversité. Chaque saison, nous mettons au programme les grandes figures de l’Islam. En ce moment sont à l’affiche le philosophe al-Farâbî (m en 950) [5] , le grand poète al-Mûtannabî (mort en 965)[6] et le calife al-Ma’mûn [7] (m en 833), fondateur de cette belle et grande institution, la Maison de la Sagesse. Des manifestations culturelles sont prévues pour évoquer les aspects de ces personnalités, leurs parcours, leurs réalisations et leurs œuvres. J’ai tenu aussi à ce que les femmes illustres de l’Islam soient présentes, par exemple Fatima al-Fihriya [8]. J’ai même participé à la création d’un prix Fatima al-Fihriya. On vient d’obtenir le patronage de l’UNESCO, privilège fort rare pour l’exposition « Bagdad, mon amour » car on se rend compte de la valeur du travail que nous accomplissons. De plus, j’organise à l’Institut ce qui relève de traditions comme les célébrations de la « Nuit du Destin », et des iftars pendant le mois de Ramadhan. L’année dernière, j’ai organisé à l’Église Saint Bernard le Mawlid al-Nabawwi, sur scène une chanteuse tunisienne accompagnée d’un chœur chrétien, des musiciens algériens et marocains pour se remémorer à travers des chants spirituels tous les prophètes et ce fut une soirée extraordinaire à tous égards. C’était une manière de montrer que l’Islam n’est en rupture ni avec le judaïsme ni avec le christianisme, qu’il en est le continuum.


O.M :  Vous avez souhaité, me dites-vous, tourner la page de la politique ?
 
B.K :  Après les dernières élections législatives, j’ai présidé le mouvement « En Marche » jusqu’au moment où Christophe Castaner a été élu. J’ai souhaité ne plus exercer de mandat électif, estimant que deux mandats étaient suffisants, qu’il est nécessaire et sain de laisser la place aux plus jeunes. Je suis actuellement la représentante personnelle du Président Macron et de la France dans un fonds intitulé ALIPH qui est une fondation de droit suisse où certains états ont beaucoup investi pour la préservation du patrimoine dans les zones de conflits. Je suis à vrai dire à l’origine de ce projet. Lorsque j’étais membre du Sénat et après avoir vu ces fous démolir les tombeaux des saints au Mali et massacrer Tombouctou, j’ai compris que ces gens baignaient dans une idéologie totalitaire, car après avoir détruit les monuments des autres civilisations, ils s’en prenaient aux monuments des leurs. J’ai conçu une résolution sénatoriale que j’ai intitulée « Pour le droit d’asile des œuvres ». Le contenu de cette résolution s’est concrétisé par la création de ce fonds ou l’État français a apporté une contribution financière importante. Après son élection, le président Macron m’a chargé de la gouvernance opérationnelle du fonds. Mon objectif pour cette année est que nous procédions à la réhabilitation de trois sites, un site antéislamique, celui de Mossoul ; un site islamique se trouvant au Mali ; et un site appartenant aux minorités d’Orient, un monastère détruit par Daech parce que musulmans, yézidis et chrétiens y priaient ensemble. Réhabiliter les patrimoines, c’est une façon de faire revivre la belle diversité de ces populations. Cette pluralité est importante car nous n’avons jamais été aussi inventifs que lorsque nous nous ouvrons aux autres. Comme en Andalousie islamique, lorsque les Musulmans se sont confrontés positivement aux autres. Il est vrai qu’en tous lieux et en tous temps, l’émulation et le regard de l’Autre nous rendent toujours plus créatifs.

_______________________
[1] Ziryâb (789-857) fut l’un des plus talentueux compositeurs qui aient paru en terre andalouse. Il fut de surcroît l’arbitre des élégances de Cordoue sous le règne de l’omeyyade AbdRahmân II (entre 822-852)
[2] Al-Kindî (mort en 873). Originaire de Basra (Irak), il fut non seulement l’un des plus grands philosophes musulmans, mais mathématicien et physicien.
[3] Signés en mai 1916, les accords secrets, connus sous le nom de Sykes-Picot, prévoient que la France et le Royaume-Uni se partagent le Proche Orient à la fin de la Première guerre mondiale au détriment de l’Empire ottoman.
[4] Membre de la Tariqa al-Alawiyya, Eric Geoffroy est islamologue.
[5] L’un des plus grands maîtres de la philosophie islamique d’expression arabe, de tendance néoplatonicienne.
[6] L’un des plus grands poètes classiques arabes.
[7] L’un des plus grands califes abbassides. Mort en 833, il fut le promoteur de la culture rationaliste et fit de la théologie strictement rationnelle l’idéologie de l’État, s’opposant déjà aux obscurantistes de son époque.
[8] Fondatrice de la mosquée Al-Qaraouiyine, à Fès. Elle est morte en 880.






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