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Mardi 6 Mars 2018

Au Liban, les mariages d’adolescentes continuent de prospérer (The Conversation)


Au Liban, les lois protègent si peu les jeunes femmes que de nombreuses adolescentes sont encore bien souvent confrontées au mariage précoce, de gré ou de force. La question d’une législation en faveur d’un âge minimal légal du mariage reste en suspens, malgré de nombreuses tentatives issues de la société civile pour faire évoluer le débat. À l’approche des élections parlementaires (le 6 mai prochain), les parlementaires seront-ils capables de discuter de ce fléau sociétal et sexiste ?



Des jeunes réfugiées syriennes ont réalisé une série de dessins sur le thème du mariage précoce dans un centre d’accueil au sud du Liban.  Russel Watkins/UK Department for International Development, CC BY-SA
Des jeunes réfugiées syriennes ont réalisé une série de dessins sur le thème du mariage précoce dans un centre d’accueil au sud du Liban. Russel Watkins/UK Department for International Development, CC BY-SA

The Conversation 
Le 28 février 2018


Par :
 
Lina Abirafeh
Director, Institute for Women’s Studies in the Arab World, Lebanese American University
 
Gabriella Nassif
Project Manager and Researcher at the Institute for Women's Studies in the Arab World, Lebanese American University
 

Au Liban, les lois protègent si peu les jeunes femmes que de nombreuses adolescentes sont encore bien souvent confrontées au mariage précoce, de gré ou de force. La question d’une législation en faveur d’un âge minimal légal du mariage reste en suspens, malgré de nombreuses tentatives issues de la société civile pour faire évoluer le débat. À l’approche des élections parlementaires (le 6 mai prochain), les parlementaires seront-ils capables de discuter de ce fléau sociétal et sexiste ?

Une loi dans les limbes

Il y a un an, une proposition de loi avait été faite par des militants et des politiciens afin d’instituer un âge légal minimum pour le mariage. La proposition est cependant restée lettre morte.

Or cette question demeure particulièrement préoccupante du fait de la présence d’un grand nombre d’adolescentes syriennes réfugiées. Selon une étude de la Commission libanaise dédiée aux femmes réfugiées, de très jeunes Syriennes sont mariées de gré ou de force par nécessité économique (afin de subvenir aux besoins des adolescentes ou de leurs familles) et par crainte des viols et des répercussions sociales et morales sur les familles.

En dehors des communautés de réfugiés, près de 6 % des femmes au Liban ayant entre 20 et 24 ans ont été par ailleurs mariées avant l’âge de 18 ans.

Mariages précoces

En cause, les lois coutumières. Il existe actuellement 18 confessions officielles et 15 règles coutumières acceptées. Peu importe la confession dans laquelle elles sont inscrites, toutes ces lois sont discriminantes envers les femmes. Certes, un âge minimum pour se marier existe au sein de certains codes de la famille relevant du droit coutumier mais les tribunaux choisissent de faire des exceptions au gré des cas.

En permettant ces mariages, le Liban viole la Convention internationale sur les droits de l’Enfance – qu’il a pourtant ratifiée sans réserve en 1991 – et plus spécifiquement sur la question du consentement au mariage.

La société civile a particulièrement pris à cœur cette question ces dernières années, en tentant de pousser le gouvernement libanais afin qu’il légifère.

En 2014, au sein de l’Université libanaise américaine, l’Institut pour les études sur les femmes dans le monde arabe que je dirige, a, en collaboration avec la Commission nationale pour les femmes libanaises orchestré toute une campagne afin de protéger les jeunes filles d’un mariage précoce.

Nous travaillons désormais avec la...

Retrouvez la suite sur The Conversation.

 

Le film Nour replace le débat sur le ‘mariage’ des adolescentes au centre du débat au Liban. IMDB
Le film Nour replace le débat sur le ‘mariage’ des adolescentes au centre du débat au Liban. IMDB




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