Les cahiers de l'Islam
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Dimanche 21 Octobre 2018

Le Sacré dans les espaces populaires et officielles : Sahîh al-Bukhârî dans l’Algérie ottomane comme exemple

Par Aida Farhat et Fares Kaouane




Aida Farhat,
Docteure en Études Arabes, Civilisations islamique et orientales, diplômée de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), à Paris (La Sorbonne). Sa Recherche porte exclusivement sur la science de la théorie juridique (usûl al-fiqh), et plus précisément sur l’image d’Averroès juriste. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2014, rectifie la datation de la première rencontre culturelle entre Ibn Ruchd (Averroès) et al-Ghazâlî : «Al-Ghazâlî et Ibn Ruchd : la transmission de la théorie légale dans l’islam médiéval : Essai de traduction partielle d’al-Mustasfâ «la Quintessence de la théorie légale» d’al-Ghazâlî avec référence au Mukhtasar al-Mustasfâ «l’Abrégé de la Quintessence» d’Ibn Ruchd». Elle a publié, en 2011, aux Editions al-Bustane une traduction inédite et complète du livre «Mukhtasar al-Mustasfâ (L’Abrégé de la Quintessence de la théorie légale)» d’Ibn Ruchd (Averroès), qui est un abrègement du livre «Al-Mustasfâ min ‘ilm al-usûl (la Quintessence de la théorie légale)» d’al-Ghazâlî. Cette édition bilingue vise exclusivement la réhabilitation de l’héritage juridique ruchdien. Egalement, elle a publié, en mars 2018, aux Editions-Harmattan et en coordination avec le Bureau culturel saoudien à Paris, un essai de Traduction (arabe / français) de «12 nouvelles d’Arabie Saoudite».

Fares Kaouane,
Docteur en Histoire, Période moderne et contemporaine. Diplômé de l’Université Frères Mentouri, Constantine. Il s’intéresse précisément à l’histoire sociale et religieuse de l’Algérie mais aussi à la littérature populaire algérienne. Il a publié aux éditions Bait al Hikma une traduction complète, en langue arabe, du livre «Histoire des Pachas d’Alger (de 1515 à 1754)», qui présente un témoignage sur l’Algérie ottomane. Egalement, en collaboration avec Mahfoud Boukraa et Mustapha Dif, il a publié aux éditions al-Ma‘rifa, à Alger, une nouvelle édition du voyage d’Al Wartilani à la Mecque, en 1765.

Personne ne se doute de la place importante et de l’influence considérable des six livres du hadîth, portant sur l’Histoire religieuse, compilés au 3ème siècle de l’hégire et connus sous le nom : "al-kutub as-sitta" ou "les six recueils". Par ailleurs, "Sahîh al-Bukhârî", traduit par "l’Authentique de l’imâm al-Bukhârî [1] ", est un de ces six grands recueils, considéré par la plupart des Sunnites [2], comme le plus authentique [3], mais il est surtout placé dans une sainteté populaire et officielle.
Ainsi, nous proposons dans cet aperçu, tout en se référant à des sources historiques, un essai inédit éclairant la place de ce Recueil dans l’Algérie ottomane et sa prépondérance par rapport aux autres recueils.
Cette approche anthropo-religieuse permettra de nous donner une image rapide et claire sur la place acquise de ce Recueil dans l’imaginaire populaire, mais surtout sur l’investissement du pouvoir politique pour en tirer profit et jouir de l’abondance divine et de la bénédiction (baraka) comme conséquence de son usage.
Les spécialistes se sont passionnés avec tant de minutie et de promptitude à l’étude de "Sahîh al-Bukhârî", et ont fourni tant d’ouvrages, d’éditions et de traductions qui font preuve d’excellence. Or, à notre avis, on n’a plus besoin aujourd’hui d’identifier le personnage d’al-Bukhârî, ni de vérifier l’authenticité de sa compilation puisque les études réalisées sur ce sujet sont largement suffisantes, même si des nouveautés sont toujours envisageables.
Si nous sommes toujours prêts à apprendre des nouveautés sur la compilation d’al-Bukhârî et d’en tirer profit, on peut toujours se demander si ces nouveautés malgré les découvertes et les nombreuses études consacrées [4] vont nous surprendre de nouveau ?
S’engager donc dans une nouvelle étude sur ce sujet ne peut se faire sans aucun doute qu’avec beaucoup d’hésitation puisque les recherches l’ont abordé pratiquement sous tous les angles. Cependant, un détail nous a permis de revenir sur ce Recueil pour discuter sa sainteté populaire et officielle dans l’Algérie Ottomane.
Il est important, avant de discuter la sainteté de "Sahîh al-Bukhârî", de préciser comment ce Recueil a été transmis au Maghreb central [5].
Ce qu’on sait et qui sollicite l’attention, c’est que ce Recueil était, en réalité, uniquement une compilation des récits à l’authenticité suprême selon des règles qu’al-Bukhârî s’était lui-même fixées, afin de sélectionner les chroniques à la chaine de transmission la plus fiable. Les seules choses venant de sa propre personne ont été les titres donnés à chacun des regroupements de sa compilation [6].

Au cours de cette longue période de vingt-quatre ans, al-Bukhârî a apporté de légères modifications à son livre, en particulier à ses têtes de chapitre. Chaque version porte le nom de son narrateur. Selon Ibn Hajar al-‘Asqalânî (mort en 1449), dans son livre "Nukat [7] ", le nombre du hadîth est le même dans toutes les différentes versions. La plus célèbre aujourd’hui est la version racontée par al-Firabrî (mort en 320), qui est le disciple préféré d’al-Bukhârî [8].
Al-Firabrî, n’était pas le seul témoin du "Sahîh al-Bukhârî". Il y en a eu beaucoup d’autres qui ont parlé de ce livre aux générations suivantes, tels qu’Ibrâhîm Ibn Ma‘qal (mort en 907), Hammâd Ibn Châkir (Mort en 923), al-Burdûzî Mansûr (mort en 931) et Husain al-Mahamilî (Mort en 941), c’est ainsi que Khâtib al-Baghdâdî, dans son livre "Târîkh Baghdâd [9]", citait al-Firabrî qui déclarait : «Il y avait environ soixante-dix mille personnes qui ont entendu "Sahîh al-Bukhârî", en même temps que moi» [10].
Signalons qu’il existe de nombreuses études qui ont divulgué des divergences entre toutes les versions proposées, comme celle de "Fathu al-Bârî fî charh Sahîh al-Bukhârî [11", de son auteur Ibn Hajar al-‘Asqalânî, qui est la plus célèbre d’entre elles, et qui a présenté une étude avancée de ce Recueil [12].
La transmission de l’œuvre d’al-Bukhârî au Maghreb central, a été procédée après la conquête arabe, c’est-à-dire après 698, par deux voies :
La première est celle de l’imâm et juriste Abû Ishâq al-Nasfî (mort en 295).
La deuxième, est, comme déjà dévoilée plus haut, celle d’Abû Abdallâh al-Firabrî.
Susmentionné, cette dernière version est la plus répandue dans tout le Maghreb, et plus précisément, dans le Maghreb central. C’est par le biais de différentes voies, telle que la version du juriste mâlikîte Abû Ja‘far Ahmad Ibn Nasr al-Dâwudî (mort en 1012), qui est considéré comme le premier savant dans le Maghreb central à avoir commenté le "Sahîh d’al-Bukhârî".
Des différentes recensions ont fait leur apparition au Maghreb, telle que celle d’Ibn Sa‘âda al-Andalusî (mort en 522), qui représentait l’ultimatum et qui était approuvée par tous les savants maghrébins. En effet, le côté précieux de sa recension revient au fait qu’elle était abrogée directement de la copie originelle de son maître al-Sadafî [13] (mort en 877) [14].
Ainsi, ‘Abd al-Hayy al-Kattânî (mort en 1962) a écrit [15] : «Les gens du Maghreb ont adopté la transmission de Ibn Sa‘âda, qui l’a entendu dire à al-Sadafî, ce dernier à al-Bâjî, et puis à son tour à Abû Dhar. Par ailleurs, cinq intermédiaires le séparent d’al-Bukhârî. En revanche, l’appui des orientaux était celle d’al-Yunînî».
Selon E. Lévi-Provençal [16], les savants musulmans maghrébins se sont intéressés énormément aux six recueils, néanmoins ils ont donné plus d’importance aux deux livres nommés "Authentiques d’al-Bukhârî et celui de Muslim [17] ". Ensuite, ils ont essayé d’évaluer approximativement l’importance de ces deux recueils pour apprécier lequel possède-t-il plus de valeur, et ils en arrivaient à la prépondérance du "Sahîh al-Bukhârî", pour diverses raisons.
Susdit, la particularité première du "Sahîh al-Bukhârî", ce qu’il conditionne, tout en le compulsant, que tous les transmetteurs [18] du hadîth (ruwât al-hadîth) devraient être contemporains aux récepteurs, de plus qu’ils devraient avoir un contact direct entre eux, autrement dit, sans intermédiaire [19].
En effet, ces deux recueils étaient représentés comme référence dans toutes les grandes villes et objet de commentaires et d’annotations par des nombreux savants, néanmoins "l’Authentique d’al-Bukhârî" bénéficiait de plus de commentaires que son homologue.
Sachant qu’au tout début, "le Recueil de Muslim" occupait la première place en Orient et en Occident, jusqu’à la période moderne, mais subitement "le Sahîh d’al-Bukhârî" s’est prévalu et a su comment s’imposer jusqu’à attribuer à son auteur l’appellation du "Chef des croyants en matière du hadîth (traditions) [20] ".
Ainsi, al-Qastalânî a justifié la primauté du "Sahîh al-Bukhârî" sur les autres recueils en avançant qu’«il a dévoilé les trésors de ses majestueuses casuistiques (désignant ici la Sunna prophétique) [tel que] l’or pur de la rhétorique. Il a exposé et remporté la palme dans le domaine de virtuosité. Il était exclusif en matière du hadîth authentique et du droit islamique (…), c’est pourquoi hormis le Saint Livre, il s’est prévalu, à l’exclusion des autres, par privilège spécial (…)» [21].

De même, le "Muwatta’ de Mâlik Ibn Anas [22] " a tenu une grande place dans la vie des Maghrébins. Il était jugé comme un chef-d’œuvre et une référence dans la matière, et pourtant il a été éclipsé par "Sahîh al-Bukhârî [23] ".
Dans son livre, l’auteur Cherif al-Zahhâr a mentionné l’attention scrupuleuse portée par les habitants d’Alger à entretenir "l’Authentique d’al-Bukhârî", ainsi il a dit : «c’est ainsi qu’ils veillent sur l’invocation de clôture du "Sahîh al-Bukhârî" {qu’Allâh lui accorde Sa satisfaction}. Par contre, "Sahîh Muslim" bénéficie d’une unique clôture puisque la transmission d’al-Bukhârî était, chez nous, plus proclamée et plus répandue. Quoique les six recueils en pareil cas, les habitants d’Alger optaient pour la version d’al-Bukhârî. Ainsi, les grands savants étaient davantage portés, dans leur récitation, vers la connaissance (dirâya) [24]».
Al-Bukhârî était fortement glorifié et révéré par les savants algériens, ce qu’a engagé al-Bûnî (mort en 1726) à dire : «Maître al-Bukhârî est l’imâm de mémorisation et d’illustration». Ainsi, la sainteté de son Recueil justifie par le fait que la prestation du serment sur le "Sahîh" est considéré d’égale valeur à celle du "Saint Qur’ân", au moins aux yeux de la majorité des pays arabes, dont le Maghreb central [25]. Par ailleurs, Ibn Mubârak al-Qusantînî a mentionné que pendant que les Tunisiens assiégeaient la ville de Constantine en 1710, les Algériens se sont réfugiés à un lieu appelé "Jawâma‘ el-Eulma [26]". Là-bas, ils se sont armés du Recueil d’al-Bukhârî, du livre de la Guérison[27] et du Recueil du Saint Qur’ân, et ils se sont promis par serment, en décidant, fermement, qu’ils s’engageaient à rester soudés et absolument fidèles, même si, à la fin, ne resterait qu’une seule personne [28].
De même, le maître Ahmad al-Tîjânî, qui s’indignait contre les turcs d’Alger, a imposé, en 1827, à certains participants dans l’assassinat du Bey d’Oran et de son khalîfa, à prêter serment sur le "Sahîh d’al-Bukhârî", pour s’assurer de la véracité de leur témoignage [29]. Cette accoutumance au serment s’est poursuivie même dans la période coloniale.
Dans son livre, par exemple, Joseph Desparmet nous a précisé que si une personne prêtait serment sur le Recueil d’al-Bukhârî, est, comme si, elle a juré sur le Saint Qur’ân, de telle sorte que la formule de la prestation de serment par le juré est ainsi : «Par le droit de cette bénédiction et de cette protection qu’il s’agit de tel et tel», ce qui laisse entendre que si cette personne, après avoir prêté serment, se parjure, «recevra, avec la bénédiction du Livre Saint et de la Sunna, une sanction divine exemplaire, en lui infligeant une maladie atroce et en lui faisant subir un malheur et une perte massive en vies humaines dans sa famille et en biens matériels [30] ».
Souvent, "Sahîh al-Bukhârî" est relié aux Saints et à la bénédiction. Sur cette perspective, ‘Abd al-‘Azîz al-Dabbâgh a écrit : «Il est rapporté que celui qui va se recueillir sur la tombe d’un Saint en escortant un tome de notre seigneur al-Bukhârî et l’ouvre tout en implorant de ses transmetteurs et au nom d’Allâh {le Très Haut}, ses vœux seraient comblés et surtout s’il se servait du dernier tome[31] »
Il est important de signaler ici qu’au Maghreb central, l’imploration des disciples d’al-Bukhârî est rattachée surtout à la visite des Saints. Ainsi, en effectuant son pèlerinage, al-Husayn al-Wirthîlânî a écrit : «Ainsi nous avons rendu visite à notre Saint et Pôle de luminosité notre seigneur ‘Abd al-Salâm al-Asmar, de ci de là, qu’Allâh nous émane de Sa bénédiction et nous nous considère parmi Ses élus au nom de dignité de Son Prophète {que la prière et le salut d’Allâh soit sur Lui} et de Sa famille et la famille d’al-Bukhârî et ses partisans [32] ».
Le but premier de l’apprentissage du "Sahîh al-Bukhârî" est de réussir à se faire accorder la bénédiction, comme déjà mentionné, et comme nous le confirmait Cheikh al-Harrâr al-Jazâ’irî [33] : «Comme de coutumes chez nos devanciers savants ainsi que chez leurs successeurs, est de débuter leur travail par citer les chaines de transmissions continues du "Sahîh al-Bukhârî" (…), pour atteindre la bénédiction et la grâce divine (…)».
Les savants algériens ont manifesté du zèle de l’enseignement du "Sahîh al-Bukhârî" dans les mosquées et les zaouïas [34]. Leur empressement au service de ce Recueil se manifestait par l’engouement pour son apprentissage, en mémorisant parfaitement son contenu et en le psalmodiant dans les cérémonies.

‘Abd al-Karîm al-Fakûn [35] nous a mentionné que son grand-père, Cheikh Yahya al-Fakûn, était assassiné, en 1535, dans la mosquée de la Zeitouna [36] à Tunis, par des troupes chrétiennes espagnoles alors qu’il était en cours d’enseigner "Sahîh al-Bukhârî".
De même, le maître ‘Omar al-Wazzân (mort en 1553) s’est préoccupé du soufisme jusqu’au jour où s’est présenté à lui un homme à la bibliothèque de la grande mosquée de Constantine et lui recommandait de s’intéresser aux hadîth prophétiques. C’est ce qui s’est passé puisque l’information s’est répandue que ce dernier est mort alors qu’il mémorisait la totalité du Recueil d’al-Bukhârî : contenu et chaînes de transmission [37].
Encore, al-‘Ayyâchî, lors de son voyage, à Biskra, en 1661, nous a informé que un de ses ulémas, qui s’appelait Sîdî ‘Abd al-Wâhid al-Rummânî, a lu devant lui le début du "Sahîh al-Bukhâr [38] ".
Cet emballement et cette exaltation du "Sahîh al-Bukhârî" a incité certains savants algériens à y introduire dans leurs recueils de poésies, tel que le cas du Cheikh Sa’îd Qaddûr (mort en 1656), qui a écrit [39] :
"Si on considère le nombre pur des hadîth d’al-Bukhârî /
Sans répétition et sans réitération, ils sont au nombre de deux mille et demi/
Ajoute dix succédés par un trois/
Et additionne-les, tu soustrairais à des divergences graves".
Il faut savoir qu’à cette époque, aucune mosquée au Maghreb Central n’a été dépourvu d’une copie du Recueil d’al-Bukhârî et de son Abrégé, rédigé par Ibn Abû Jamra [40].
Le marocain Abû al-‘Abbâs al-Hilâlî al-Sijlamâsî (mort en 1175), a précisé, lors de son passage par le village de "Aïn Madhî [41]" en 1137, la grande importance accordée par ses habitants à l’Abrégé d’Ibn Abû Jamra [42].
Encore, al-Wirthîlânî a remarqué, lors de sa visite à "Khangat Sîdî Nâjî" dans le sud de Constantine en 1765, que ses habitants prêtaient attention à la grammaire, à la jurisprudence et à la science du hadîth, et surtout à l’Abrégé d’al-Bukhârî rédigé par Ibn Abû Jamra [43].
Puis il a été frappé par l’étonnement devant l’absence des Biskris qui ne mémorisent pas le "Sahîh al-Bukhârî". Ainsi, il a considéré cela comme cause suffisante entraînant la ruine de la ville. C’est ainsi qu’il a écrit : «Certains de nos camarades m’ont informé qu’il n’a trouvé qu’un seul homme qui psalmodiait tout seul le Recueil d’al Bukhârî, il s’est arrêté à son niveau en lui disant : Vas-y Hajj, puis il en a trouvé un autre. Par ma vie, c’est la cause première et directe vers la ruine» [44].
Parlons maintenant de la liturgie rendue au "Sahîh al-Bukhârî" pour célébrer sa clôture.
Surtout, il faut préciser que ce rituel de clôture est une coutume reconnue par certains centres culturels islamiques pendant des générations, à l’occasion d’une fin d’enseignement d’une science quelconque. De ce fait, le centre organise une cérémonie solennelle désignée par "le Jour de Clôture [45] ".
Ainsi, al-Charîf al-Zahhâr a écrit [46] : « (…) Et aussi leur préoccupation envers "Sahîh al-Bukhârî" {qu’Allâh l’agrée} (…), les grands savants étaient davantage portés, dans leur lecteur, vers la connaissance (dirâya). Ils commencèrent par le début jusqu’à la fin pendant trois mois, dès le premier jour du mois de Rajab [47] et l’ont clôturé à la fin du mois de Ramadan».
Après la clôture de "Sahîh al-Bukhârî", le 26 du mois de Ramadan, les intéressés poursuivaient leur rituel à multiplier la prière sur le Messager d’Allâh Mohammad, comme suit [47] : «Ô Allâh ! Prie sur le plus honorable de Tes créations, notre Seigneur Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons et accorde leur la paix en abondance, autant de fois que le monde de Tes connaissances, l’encre nécessaire pour transcrire Tes paroles, à chaque fois que Ton Nom et le sien sont mentionnés par les invocateurs et qu’ils sont omis par les insouciants». Par la suite, le serviteur éclaboussait les assistants par l’eau de rose [49].
Les habitants d’Alger accordaient à cette soirée une organisation très spéciale. La célébration commençait après la prière de "‘Asr [50] ". Par la suite, ils se précipitaient à ramasser des bougies pour parcourir les rues de la ville, dont certains participants se chargeaient de chanter pour cette action de grâce, alors que le reste reprenait en chœur la prière et la paix sur le Prophète. Puis ils entraient dans la mosquée, ils posaient les bougies et les allumaient, c’est ainsi qu’ils consacraient toute la nuit jusqu’à l’aube à lire "les fawâtih [51]", ensuite ils accomplissaient la prière de "fajr [52] ". Quand ils finissaient le "Te Deum [53] ", ils enchaînaient la lecture de "Hizb [54] ". Vers la fin de récitation, celui qui était chargé d’allumer la lampe à l’huile en apportait une parmi les bougies allumées auparavant et s’en servait pour ouvrir son livre et lire jusqu’à la clôture puis il finissait par exalter Allâh, cent fois, comme suit : «Gloire et louange à Allâh, Gloire à Allâh Le Corpulent».
C’est ainsi qu’ils achevaient cette cérémonie par le rituel de vaporisation avec l’eau de rose, puis l’imâm introduisait ses invocations et lisait certaine "fawâtih" pour finir tous à la tombe de Sîdî Abd al-Rahmân al-Tha‘âlbî [55] en se servant de "Sahîh al-Bukhârî", ce qui indique la fin de cette cérémonie et l’apprêt pour la fête de l’Aïd [56].
Pendant la période ottomane, comme il est répondu, il existait au Maghreb central un poste initié pour enseigner le "Sahîh d’al-Bukhârî", un autre qui se chargeait de la fonction de l’assistance et un troisième pour réciter al-Bukhârî. Or, celui qui était chargé de l’enseignement était désigné par l’Etat, et notamment nommé par «les gens de l’assistance».
Vers la fin du 16ème siècle, ceux qui étaient chargés de la lecture d’al-Bukhârî dans les mosquées ou de son Abrégé d’Ibn Abî Jamra, recevaient un salaire fixe de trente dinars [57].
Encore [58], le Bey d’Oran, Mohammad Ibn Othman a fixé, chaque année, quatre soltani [59] pour les étudiants assistant à la conférence du "Sahîh al-Bukhârî", et quarante riyal pour l’enseignant chargé du "Sahîh al-Bukhârî".
Vu son importance et son prestige, nombreux sont ceux qui se sont concurrencés pour obtenir ce poste. Ainsi, parmi ceux qui ont été élus vers 1157 de l’hégire, nous citons ‘Abd al-Razzâq Ibn Hamâdûch al-Jazâ’irî, qui a assisté le 9 du mois de Cha‘bân, à la réunion de la récitation du "Sahîh al-Bukhârî", mais il n’a pas pu profiter du début de la récitation puisque la cérémonie commençait début du mois du Rajab et jusqu’à sa clôture, c’est-à-dire la nuit du 27 du mois de Ramadan. Ainsi, il a souligné : «Le 9ème jour du mois du Cha‘bân, il m’a été autorisé de reprendre ma fonction parmi l’assistance d’al-Bukhârî» [60].
Ainsi, Ibn Hamâdûch a précisé que la récitation devait être lue par un lecteur éloquent. Il a souligné que le samedi, 12 du mois du Rajab, le lecteur Sîdî Mohammad Ibn Sîdî al-Hâdî a récité les vertus des Compagnons jusqu’au chapitre portant sur le mariage du Prophète avec Khadija [61], poursuivit par la récitation de Sîdî Ahmad al-‘Ammâlî, qui a lu de la bataille de Khaibar [62] jusqu’au siège de Tâ’if [63]. C’est ainsi que les lecteurs enchainaient les récitations, suivies à chaque fois par un nouveau thème [64].
Il faut signaler qu’une parfaite harmonie administrait la position des autorités politiques au Maghreb central et celle des ulémas ainsi que le reste des classes sociales. Or, les Beys [65] ainsi que les deys [66]  ont accordés énormément d’importance au "Sahîh al-Bukhârî", jusqu’à effectuer des donations à son faveur de nature waqf [67].
La pratique des donations waqf a commencé à se répandre dans la région et s’est progressivement généralisée puisque les autorités auraient encouragé leurs employés à effectuer des donations de cette nature pour gagner la confiance et le respect de la communauté. Ainsi, ils ont constaté que le fait d’effectuer des donations en faveur du "Sahîh al-Bukhârî", était un choix prestigieux mais, en même temps, espiègle, vu son degré de valeur et d’importance, par son rôle, son intérêt et son influence dans les centres d’apprentissage.

Le "Sahîh al-Bukhârî" existait dans toutes les bibliothèques scientifiques puisqu’il représentait une source de "Baraka". C’est ainsi que la progression de l’usage du "Sahîh" a incité les dirigeants à imprimer davantage des copies. D’ailleurs, il était remarquable que certaines autorités turques au Maghreb central se servaient du "Sahîh al-Bukhârî" pendant les guerres, puisqu’il était considéré comme source de bénédiction, voire de victoire. Par exemple, le Bey d’Oran Mohammad al-Kabîr s’est servi de ce Recueil pour conquérir la ville d’Oran, qui lui-même s’est emparé de sa possession en compagnie de certains ulémas et des hommes pieux. Le témoignage de Muslim Ibn ‘Abd al-Qâdir nous confirme cette délivrance : «l’histoire de cette conquête est très répondue dans des écrits qui lui sont dédiée (…). En effet, il était devancé par des ulémas et des hommes pieux, en tenant à leurs mains [le Sahîh] de l’imâm al-Bukhârî, pour s’attirer des bonnes grâces et tirer un bon augure, ainsi Allâh a exhaussé ses implorations et réfréner ses ennemis» [68].
Certaines sources rapportent [69] que lorsque le Bey a conquis la ville d’Oran, il a ordonné à ses soldats d’installer une bibliothèque et d’y classer seulement les écrits sacrés, dont le "Sahîh al-Bukhârî".
Parmi les marques de sainteté du "Sahîh al-Bukhârî" pendant les guerres, certaines tribus ont recouru à ce Recueil, en l’arborant, pour confronter les attaques turques et demander de "l’Amân [70] ", tel que le cas de la réaction des ulémas et des dirigeants de Laghouat lorsqu’ils étaient attaqués par le Bey d’Oran sur l’ordre du Dey d’Alger, qui a mené une expédition punitive, en 1785, contre Laghouat [71].
A travers cette révision historique, nous avons voulu récapituler, en premier temps, le degré de valeur et d’intérêt d’un écrit qui ne cesse d’attirer l’attention des savants et des hommes religieux. Un écrit qui a pu maintenir, pendant la période ottomane, sa place et sa valeur malgré l’importance et l’influence des autres recueils.
Mais aussi c’est une tentative pour, peut-être, essayer de comprendre les critiques, dont ce Recueil faisait, récemment, l’objet. Autrement, essayer de comprendre le degré de valeur et d’utilité, après ce soudain discrédit et conclure ainsi la place qu’il mériterait.

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[1] Le savant musulman Mohammad al-Bukhârî (810-870), était originaire de Bukhâra. Il a beaucoup voyagé à travers l’empire abbasside pendant 16 ans en collectant les traditions qu’il estimait dignes de confiance. Il est dit qu’al-Bukhâri a recueilli plus de 300000 hadîth et qu’il n’en a transmis qu’un peu plus de 7000 qui étaient authentiques pour écrire son Sahîh, publiés au cours de sa vie. Site Wikipédia, «Sahih al-Bukhari».
 
[2] Les Sunnites : ce sont les partisans de la doctrine sunnite, fidèles aux avis du Prophète Mohammad. Notons qu’une formule d’eulogie doit être prononcée par le Musulman après le nom du Prophète Mohammad : «Que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui», en s’appuyant sur le signe coranique 56 de la sourate 33 : «Allâh et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez priez sur lui, formulez sur lui un salut plénier».
 
[3] Les types de transmission des hadîth sont définis, par la majorité des spécialistes musulmans, à partir de la chaîne de transmission dite : isnâd. Grâce à cette chaîne, ils peuvent qualifier le hadîth d’authentique ou d’apocryphe (non authentique). Les hadîth étaient divisés en sahîh (sain), hasan (bon), qawî (fort), dha‘îf (faible), saqîm (malade), et mawdhû‘ (forgé). Par conséquent, les spécialistes reconnaissent deux voies de transmission (riwâya). La première est dite : mutawâtira, constituée de récits dont la chaîne de transmission (sanad ou isnâd) comprend des personnes notoirement connues pour leur fiabilité de transmettre les actes et les propos du Prophète, et dont les récits sont transmis de génération en génération sans interruption, et remontant jusqu’au Prophète. Elle est considérée avérée. Le tawâtur nécessite la quantité (‘adad al-ruwât) et la qualité des transmetteurs, c’est-à-dire que chaque maillon de la chaîne de transmission doit regrouper un grand nombre de transmetteurs, et que chaque transmetteur doit être crédible et fiable. (Juynboll (G. H. A.), «TAWÂTUR», EI(2), X, p. 409, a.). La deuxième est dite : khabar al-wâhid ou khabar al-âhâd, est une tradition ou un récit remontant à une autorité unique. D’après la définition généralement admise, khabar al-wâhid ne peut être qualifié de mutawâtir, car il n’a qu’un ou que peu de transmetteurs (râwî) dans chaque génération (tabaqa) de sa chaîne de transmission (isnâd). (Juynboll (G. H. A.), «KHABAR AL-WÂHID», EI(2), IV, p. 928, b.). Il faut savoir que c’est le résultat de cette étude qui permet de décider de l’acceptation ou du rejet du hadîth et par ailleurs, de son rapporteur, tout en tenant compte de plusieurs facteurs et critères.
 
[4] Telle que la récente étude de R. Aylân critiquant la sacralisation des ulémas et surtout maghrébins du «Sahîh al-Bukharî», le considérant comme du fétichisme. Rachid Aylân, «Sahîh al-Bukhârî : Nihâyat oustûra (Sahîh al-Bukhârî : la fin d’une mythe (texte arabe)», Marrakech, dâr al-watan, 2016.
 
[5] Désignant aujourd’hui l’Algérie.
 
[6] ‘Abd al-Rahmân al-Chahrazûrî Ibn Salâh, Muqaddimat Ibn Salâh (Introduction à la science de hadîth (texte arabe)), dâr al-ma‘ârif, pp. 160-9. Ou Sirâj al-Dîn Ibn al-Mulqin, «al-Tawdhîh li-charh al-Jâmi‘ al-Sahîh (texte arabe)», éd. dâr al-nawâdir, t. 1, p. 77, (rapporté par le Site Wikipédia, «Sahih al-Bukhari»).
 
[7] Ibn Hajar al-‘Asqalânî, "Kitâb al-Nukat" (texte arabe), édité par Rabî‘ Ibn Hâdî al-Madkhilî, ‘imâdat al-bahth al-‘ilmî, Royaume d’Arabie Saoudite, 1984.
 
[8] Ibn Salâh, Muqaddimat Ibn Salâh, t. 1, p. 77 (rapporté par le Site Wikipédia, «Sahih al-Bukhari»).
 
[9] Khâtib al-Baghdâdî, Kitâb Târîkh Baghdâd (l’Histoire de Bagdad, texte arabe), édité par Bachir Awâd Ma‘rouf, Bagdad, 2001.
 
[10] Id.
 
[11] Il est considéré comme le plus important écrit d’Ibn Hajar. Sa rédaction a duré environs 20 ans et il compte 15 tomes. D’ailleurs, l’auteur a organisé une cérémonie lors de son achèvement, et ceci prouve bien évidemment le degré d’importance du "Sahîh al-Bukhârî". Site Wikipédia, art. «Ibn Hajar al-Asqalanî».
 
[12] C’est l’un des ouvrages clés des Sunnites, puisque le «Sahîh», constitue la seconde source la plus fiable, après le Coran, au niveau de son authenticité, selon les règles de la science du hadîth. Il existe une vingtaine d’exégèses de Sahîh al-Bukhârî (autre nom du al-Jâmi‘ al-Sahîh), dont «Fathu al-Bârî» est le plus apprécié. L’ouvrage qui lui dispute cette place chez les Hanafîtes, est «‘Umdat al-qârî» de Badriddine ‘Ayni (mort en 1444). Étant chafi‘îte, Ibn Hajar al-‘Asqalânî, fait en effet quelques commentaires au sujet des rites hanafîtes qui contreviennent à certains du hadîth qu’il rapporte. B. ‘Ayni répond avec virulence, de même qu’il suit de près Ibn Hajar dans le travail sur le même ouvrage. Les débats entre les deux savants sont restés célèbres de par la profondeur des sujets, la force des argumentations et le respect mutuel existant entre les deux érudits. Site Wikipédia, art. «fath’ul Bâri».
 
[13] Abû Mûsâ Ibn Hayyân al-Sadafî, savant éminent et traditionaliste égyptien, était un des compagnons de l’Imam al-Châf‘î, selon le Site «L’Egypte Eternelle».
 
[14] Mohammad al-Mannûnî, Sahîh al-Bukhârî fî-l-dirâsât al-maghribiyya (L’Authentique du Bukhârî dans les études maghrébines (texte arabe)), Revue de l’académie de la langue arabe, Damas, 1974, t. 49, p. 69.
 
[15] Mohammad ‘Abd al-Hayy al-Kattânî, Al-Tanwîh wa-l-ichâda bi maqâm riwayat Ibn Sa‘âda li Sahîh al-Bukhârî (texte arabe), annoté par ‘Abd al-Majîd Khayyalî, le Caire, dâr najîbawayh li-l-tibâ‘a, éd. 1, 2008, p. 47.
 
[16] E. Lévi-Provençal, La Recension maghrébine du Sahih d’al-Bokhari, in Journal asiatique, 1923, pp. 209-10.
 
[17] Muslim (mort en 875) est l’auteur du second des deux recueils du hadîth les plus sûrs de l’Islam sunnite, selon les savants sunnites. Ce Recueil est appelé : «La collection authentique de Muslim», fréquemment appelé «Sahîh Muslim». Site Wikipédia, art. «Muslim Ibn al-Hajjaj».
 
[18] Le transmetteur est le pilier de la chaîne de transmission, voilà pourquoi, il bénéficie d’une étude que les spécialistes nomment aujourd’hui "dirâsat al-hâla" ; Étude du statut. Cette étude examine l’identité du transmetteur (huwiyyat al-râwî) : nom, date et lieu de naissance, date et lieu de disparition, etc., sa capacité (ahliyya), ses relations avec ses maîtres de référence etc. Elle fait partie de la science d’al-jarh wa-l-ta‘dîl, puisqu’elle met à disposition des informations sur l’état du transmetteur et étudie son identité. Robson (J.), «AL-DJARH WA-L-TA‘DÎL», EI(2), II, pp. 473-4, b.
 
[19] Le Sahîh d’Al-Bokhari, traduit par Ahmad Harkat, vol. 1, al Maktaba al asriyyah, Beyrouth-Saida, éd. 3, 2003, pp. 6-7.
 
[20] E. Lévi-Provençal, Ibid.
 
[21] Al-Qastalânî ; «Irchâd al-sârî ilâ charh Sahîh al-Bukhârî (texte arabe)», Egypte, al-matba‘a al-amîriyya, 1905, p. 2.
 
[22] De son auteur Mâlik Ibn Anas (mort en 179H/795), considéré comme l’ouvrage de base du mâlikisme.
 
[23] Mohammad Ben Cheneb, «De la transmission du Recueil de Boukhary aux habitants d’Alger», in recueil de mémoires et de texte publiés en l’honneur de XIVème congrès des orientalistes, Alger, imprimerie orientale Pierre Fontana, 1905, p. 99.
 
[24] Ahmad al-Cherif al-Zahhâr, «Mudhakkarât naqîb achrâf al-Jazâ’ir (texte arabe)», annoté par Ahmad Tawfîq al Madanî, Alger, al-charika al-wataniyya li-l-nachr wa-l-tawzî‘, 1974, pp. 181-2.
 
[25] Dr Perron, «Balance de la Loi musulmane ou esprit de la législation islamique et divergences de ses quatre rites jurisprudentielles», in R. A. n° 81, 1870, p. 112.
 
[26] El Eulma est une commune de la wilaya de Sétif, située à 26 km à l’est de Sétif et à 97 km à l’ouest de Constantine. Elle est la deuxième agglomération de la wilaya de Sétif par sa superficie et son nombre d’habitants. Site Wikipédia, art. «El Eulma».
 
[27] Al-Qâdî ‘Iyâd, «Livre de la Guérison à travers la connaissance du rang et de la dignité de l’Elu Mohammad (Al-Chifâ)», traduit par Hassan Boutaleb, Dar albouraq, 2015. Classique de la littérature Hagiographique, ce livre nous décrit le Prophète sous tous les angles, physiquement mais surtout dans son éthique, ses caractères vertueux et ses comportements exemplaires. Il est tellement connu qu’il fut traduit en toutes les langues du monde musulman voire en certaines langues occidentales. Il sert régulièrement de support de méditation et de lecture commune. Effectuer ce travail fut comme le dit son auteur, comme la traversée d’immenses déserts où les oiseaux s’égarent, où les pas trébuchent et où les raisons chancèlent. "Chifâ" signifiant remède, désigne le Prophète qui selon un hadîth est la miséricorde universelle et le remède apaisant des cures (note du livre).
 
[28] Joseph Dournon, «Livre de Târîkh Qosantîna», trad. Ahmad Ben Ahmad el-Mobarak al-Qosantiny, in Revue africaine n° 289, Alger, 1913, p. 44.
 
[29] Corneille Trumelet, Etudes sur les régions sahariennes : Histoire de l’insurrection dans le sud de la province d’Alger en 1864, in Revue Africaine n° 21, n° 21, Alger, 1877, pp. 252-3.
[30] Joseph Desparmet, «Livre al-Fawâ’id fî al-‘awâ’id wa-l-qawâ‘id wa-al-‘aqâ’id» (texte arabe : ce livre récolte plusieurs coutumes et habitudes des musulmans algériens), Blida Algérie, 1905, p. 193.
 
[31] Ahmad Ibn al-Mubârak al-Sejlamâsî, «al-Dhahab al-ibrîz fî manâqib al-cheikh ‘Abd al-‘Azîz» (texte arabe : l’Or pur des vertus du Cheikh Abdel Aziz), manuscrit de l’Université du Roi Saoud, N° 6691, pp. 203-4.
 
[32] Al-Husayn Ibn Mohammad al-Wirthîlânî, «Nuzhat al-andhâr fî fadhl ‘ilm al-târîkh al-machhûra bi al-rihtal al-wirthilâniyya», édité par Mohammad Ibn Chanab, Alger, Fontana, 1908, p. 185.
 
[33] Mustapha Ibn al-Amîne al-Harrâr al-Jazâ’irî, «Sanad al-Bukhârî», annoté par ‘Abd al-Rahmân Duwîb, Msîla (Algérie), dâr al-tawfîqiyya, 2012, 1ère éd., p. 21.
 
[34] Etablissement religieux, sous l’autorité d’une confrérie musulmane, affecté précisément à l’enseignement.
 
[35] ‘Abd al-Karîm al-Fakûn, «Manchûr al-Hidâya fî kachf hâl man idda‘â al-‘ilm wa-l-wilâya (texte arabe)», annoté par Abû Sa’d Allâh, Beyrouth, dâr al-gharb al-islâmî, 1987, p. 43.
 
[36] La Zeitouna, institut fondé en 734 à Tunis, et réputé dans tout le monde musulman pour son enseignement islamique. Selon le site «Ez-Zeitouna».
 
[37] ‘Abd al-Karîm al-Fakûn, Ibid, p. 36.
 
[38] Abû Sâlim al-‘Ayyâchî, «al-Rihla al-‘ayyâchiyya (texte arabe)», annoté par Sa‘îd al-Fâdhulî et Sulaymân al-Qirchî, Abu Dhabi, dâr al-suwaydî, 2006, éd. 1, t. 1, p. 540.
 
[39] ‘Abd al-Qâdir Noureddine, «Safahât min târîkh madinat al-Jazâ‘ir (texte arabe)», Alger, dâr al-hadhâra, 2006, p. 197.
 
[40] bn Abî Jamra al-andalusî al-Azdî, célèbre juriste et traditionaliste. Il est mort en 1299. Site Wikipédia arabe, art. «Ibn Abî Jumra».
[41] "Aïn Madhi", est une commune algérienne et un ancien château fortifié de la wilaya de Laghouat, située au sud-ouest. Elle est le siège du califat de la confrérie tijâniyya. Site Wikipédia, art. «Aïn Madhi».
 
[42] Abû al-‘Abbâs al-Hilâlî al-Sijlamâsî, «al-Tawwajuh li bayt Allâh al-harâm wa ziyart qabrihi ‘alayhi al-salât wa al-salâm (texte arabe)», annoté par Mohammad Buziyân Ben Ali, dâr al-jusûr, le maroc, éd. 1, 2012, p. 141.
 
 [43] Al-Wirthîlânî, Ibid, p. 117.
 
[44] Id.
 
[45] Yousouf al-Kattânî, «Khatamât Sahîh al-Bukhârî» (texte arabe), majallat da‘wat al-haqq, 1984, p. 162.
 
[46]Al-Charîf al-Zahhâr, Ibid, pp. 181-2.
 
[47] Selon les spécialistes, le mois de Rajab (7ème mois du calendrier lunaire) ainsi que les mois de Cha‘bân (8ème mois du calendrier lunaire) et le mois de Ramadan (9ème mois du calendrier lunaire), forment les mois les plus honorés en Islam. Le Prophète Mohammad a dit : «Le mois de Rajab est le mois béni d’Allâh. Aucun mois ne l’égale. Sachez que ce mois est le mois d’Allâh, celui de Cha‘bân est mon mois, et celui de Ramadan est le mois de ma umma (communauté). Sachez aussi que celui qui jeûne un jour de Rajab aura obligatoirement l’agrément d’Allâh, écartera de lui la colère d’Allâh ainsi que l’une des portes de l’enfer lui sera fermée». Ce hadîth est considéré comme mawdhû‘, c’est-à-dire, fabriqué, parce que, et selon certains spécialistes, parmi les transmetteurs, il y a Abû Bakr Ibn al-Hassan al-Naqqâch, qui est accusé de mensonge mais aussi al-Kassâ’î, qui n’est pas connu.
 
[48] Désignée par «la prière châfi‘îte», utilisée pour la première fois, par al-Châfi‘î et ses partisans, pour clôturer toute cérémonie religieuse.
 
[49] ‘Abd al-Razzâq Ibn Hamâdûch, «al-Rihla al-musamât lisân al-maqâl fî al-naba’ ‘an al-nasab wa-l-hasab wa-l-hâl» (texte arabe), annoté par Abû Qâsim Sa‘d Allâh, al-charika al-wataniyya li al-nachr wa-l-tawzî‘, 1983, pp. 122-7.
 
[50] La prière de "‘Asr" se situe entre la prière du "Dhuhr" et celle "d’al-Maghrib", autrement de la fin du temps de "Dhuhr" jusqu’avant le coucher du soleil. Selon Abû Mûsâ al-Ach‘arî, le Prophète Mohammad a dit : «Celui qui accomplit les deux prières de la fraîcheur entrera au Paradis» (Sahîh al-Bukhârî, hadîth n° 574). L’imâm al-Nawawî a ajouté dans son Livre «Charh Riyâdh al-Sâlihîn» : «Les prières de la fraîcheur sont celles de l’aube (Subh) et de l’après-midi (‘Asr)».
 
[51] Il s’agit de la sourate "Fâtiha", (qui peut être traduite par "l’entrée", "le prologue", "la liminaire" ou encore "l’ouverture". Le Prophète la nomme la mère du Qur’ân) ainsi que la sourate de "Fath", qui est le nom traditionnellement donné à la 48ème sourate du Qur’ân. Bien que ne faisant pas partie de la proclamation, la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate La Victoire Eclatante, en référence au premier verset : «En vérité Nous t’avons accordé une victoires éclatante». Site Wikipédia, art. "Fâtiha" et "Fath".
 
[52] La prière de "fajr" commence du lever et se termine jusqu’au lever du soleil. On peut désigner la prière obligatoire du matin, soit par : "al-fajr" ou "al-subh", c’est la même chose, en s’appuyant sur les hadîth du Prophète, qui utilisait tantôt le mot "fajr" pour désigner la prière obligatoire du matin, tantôt le mot "subh".
 
[53] On veut dire par là, la doxologie ou la glorification d’Allâh. Le Te Deum, qui un mot d’origine latine, désigne un hymne chanté à l’occasion de services solennels d’action grâce (victoires, fêtes nationales, naissances princières, saluts, processions etc.) et dans toutes les circonstances où l’on veut remercier Dieu de quelque chose. Il a ainsi fait l’objet de très nombreuses créations musicales. Site Wikipédia, art. «Te Deum».
 
[54] C’est la soixantième partie du Coran. "Ahzâb" (sing. Hizb) sont les divisons dans le Saint Qur’ân.
 
[55] De son vrai nom Abû Zeïd ‘Abd al-Rahmân Ben Makhlûf al-Tha‘âlibî, né en 1384 dans le village Tha‘âlba, en Kabylie. C’est un penseur et théologien musulman d’Afrique du Nord, Saint patron de la ville d’Alger. Il a côtoyé les plus grands docteurs de son temps durant ses nombreux voyages d’études en Orient avant de revenir s’installer en 1414 à Alger, où on lui confia la magistrature (Cadi) suprême de la ville. Site Wikipédia, art. «Sidi Abderrahman et-Thaâlibi».
 
[56] ‘Abd al-Razzâq Ibn Hamâdûch, «al-Rihla», p. 126.
 
[57] Albert Devoulx, Les Edifices religieux de l’ancien Alger, Revue africaine, 1869, p. 24.
 
[58] Ch. Leclerc, Inscriptions arabes de Mascara, Revue africaine, 1860, pp. 44-5.
 
[59] Monnaie de la fin de la période Ottomane en Algérie.
 
[60] ‘Abd al-Razzâq Ibn Hamâdûch, «al-Rihla», p. 126.
 
[61] Première épouse du Prophète Mohammad.
 
[62] La Bataille de Khaibar a opposé, lors de la septième année de l’Hégire, le Prophète Mohammad et ses fidèles aux juifs vivant dans l’oasis de Khaybar, située à 150 Kilomètre de Médine. Site Wikipédia, art. «Bataille de Khaybar».
 
[63] Le siège de Tâ’if se déroula en 630, lorsque les musulmans assiégèrent la ville de "Tâ’if" après leur victoire à la bataille de Hunayn et à celle d’Autas. Site Wikipédia, art. «Siège de Ta’if».
 
[64] ‘Abd al-Razzâq Ibn Hamâdûch, «al-Rihla», p. 122.
 
[65] Le Bey est un titre turc désignant à l’origine un «chef de clan». Historiquement, de nombreux chefs ottomans (tunisiens, turcs ou perses) furent appelés bey. Le beylicat désigne à la fois le pouvoir et le territoire (beylik) sur lequel s’exerce le pouvoir du bey. Il s’agit du même mot désignant un chef, qui apparaît aussi dans les titres militaires. Sous L’Empire Ottoman les beys étaient des sortes de préfets de l’Empire dans les provinces éloignées, appelées beyliks. Avant 1383, les dirigeants étaient aussi appelés "bey", contrairement à leurs successeurs qui s’étaient attribués le titre de "sultan". Site Wikipédia, art. «Bey (titre)».
 
[66] Le "dey" est le titre des souverains de la régence d’Alger sous la domination de l’Empire Ottoman, de 1671 à 1830. Site Wikipédia, art. «Dey d’Alger».
 
[67] Le "waqf", pl. "awqâf", est, dans le droit islamique, une donation faite à perpétuité par un particulier à une œuvre d’utilité publique, pieuse ou charitable, ou à un ou plusieurs individus. Au Maghreb le "waqf" est appelé "habis", pl. "habûs". Si la "zakât" (l’aumône) est un acte obligatoire pour tout musulman majeur et responsable devant la Loi islamique, le "waqf", dont la possibilité n’est évidemment offerte qu’aux seuls possédants, est facultatif. Site Wikipédia, art. «Waqf».
 
[68] Muslim Ibn ‘Abd al-Qâdir al-Wahrânî, «Anîs al-gharîb wa-l-musâfir» (texte arabe), annoté par Rabah Bounâr, al-charika al-wataniyya li-l-nachr wa-l-tawzî‘, Alger, 1974, p. 65.
 
[69] Monnereau, Les Inscriptions d’Oran et de Mers el-Kebir par le général de Sandoval, in Revue africaine, 1872, p. 354.
 
[70] C’est un terme arabe, utilisé au Moyen Âge, pour désigner la garantie donnée à un adversaire qui se soumet d’avoir la vie sauve. Site Wikipédia, art. «Aman».
 
[71] Parce que Laghouat insistait à refuser de payer l’impôt annuel. Ibn Hatâl al-Tlimsânî, «Rihlat Mohammad Bey al-Kabîr ilâ al-janûb al-jazâ’irî», annoté par Mohammad Ben ‘Abd al-Karîm, le Caire, ‘âlam al-kutub, 1969, p. 53.
 




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