Les cahiers de l'Islam
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Sami BENKHERFALLAH
Doctorant en Histoire au Centre d'Etudes Supérieurs de Civilisation Médiévale (CESCM) de Poitiers,... En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 22 Avril 2018

Le Caire et les sultans mamlûks : « La station des faibles et des puissants »



Mosquée Hassan – XIVe siècle Au pied de la citadelle
Mosquée Hassan – XIVe siècle Au pied de la citadelle

Le Caire et les sultans mamlûks : « La station des faibles et des puissants » (1)
    
  « Il est peu de castre militaire dans l'histoire de l’islam, qui furent liées de façon aussi étroite avec leur capitale et qui s'identifièrent à celle-ci comme ce fut le cas pour les Mamelouks au Caire entre les années 1250 et 1517, qui allèrent jusqu'à négliger totalement les autres villes d'Égypte. » (2)

Rappel historique
 
Le Caire fut autrefois nommé Fustât, lorsque les Arabes venus d'Arabie conquirent la région dans une volonté expansionniste et de transmission du message divin (3). C'est Amr Ibn al-'As (4) qui en fut le conquérant. Il voulut à l'origine fonder une ville-camps (641) et en faire une base arrière pour conquérir l'Afrique du Nord (5). Cette conquête s'achève sans difficulté en raison de la lourde taxation et des persécutions religieuses imposées par Byzance sur les populations locales (6). La région devint une partie intégrante du califat orthodoxe (7), omeyyade puis abbasside. Fustât tenait le rôle de capitale régionale (8). Lorsqu'en 750, la dynastie abbasside renversa la dynastie omeyyade, la capitale régionale d'Égypte fut déplacée légèrement vers le Nord en 752. Elle portait dorénavant le nom d'al-Askar (9). Ahmed Ibn Tulûn (10) à l'origine de la dynastie tulunide, acquit une autonomie économique et politique vis-à-vis du pouvoir califal en 868 (11). L'Égypte devint à cette époque une région autonome avec pour capitale al-Qatâ-i, une ville nouvelle au nord de l'ancienne Fustât (12). Ce n’est qu’en 970 que Le Caire (13) fut fondé sous le règne des Fatimides (14) pour abriter la cour du calife, son gouvernement, son administration et son armée. Fustât demeure la ville dans laquelle se concentrent les activités économiques et les nombreuses habitations. Ce fut une période d'épanouissement artistique et architecturale avec notamment la construction de la mosquée al-Azhâr (15). C'est durant une phase de long déclin et de décadence politico-militaire que Sâlah al-Dîn al-Ayyûbî à l'origine de la dynastie ayyoubide prit le pouvoir au Caire dans l'optique d'en finir avec les Fatimides et la menace des croisés (16). Pour faire face aux nombreuses menaces, les Ayyoubides constituèrent une grande armée d'esclaves (mamâlik) (17). Tellement puissante que leurs généraux finirent par écarter le dernier souverain ayyoubide pour y prendre le pouvoir (18). Cet épisode laissa place à la dynastie mamelouke, phase d'innovation architecturale, artistique et urbanistique. C'est ainsi qu'André Raymond, dans son ouvrage « Le Caire », analyse les transformations de la ville, de la fondation d'al-Fustât à nos jours.
 

Intérieur de la mosquée madrassa Sultan Hassan. Pascal Coste - XIXe
Intérieur de la mosquée madrassa Sultan Hassan. Pascal Coste - XIXe
Le Caire a fasciné de tous temps les voyageurs et ceux qui l’ont côtoyé, prenant toutefois une tournure bien diférente à l’époque mamlouke pour devenir le centre du monde islamique, et l’une des plus grandes villes du monde. Les nombreux vestiges du passé témoignent de la magnificence de cette ville et nous permettent sans prétention d’affirmer que l’époque mamelouke permit au Caire d’être une capitale à la hauteur de son rang. La ville connut un véritable apogée durant les premiers temps du sultanat, et a dû faire face à une multitude de crises qui finit par l’affaiblir considérablement.

De ce statut singulier, Le Caire est ouvert sur l’ensemble du monde grâce aux réseaux commerciaux (19) et économiques (20) . Cette ouverture est rendue possible par les nombreuses routes terrestres et maritimes, comme le port d’Alexandrie ou d‘Aydhâb (21). La ville apparaît également comme un carrefour culturel et religieux important, faisant de cette ville un endroit prisé des voyageurs, des pèlerins et des étudiants de l’ensemble du monde islamique, du Maghreb à l’Indus (22) .

Hors les murs du Caire, les Mamelouks se répartissaient entre diverses régions plus ou moins urbanisées, et le plus souvent dans les chefs-lieux du sultanat (23). Être expulsé du Caire était considéré comme une véritable humiliation. Ainsi lorsque le sultan voyait en certains émirs ou mamelouks un aspect dérangeant de leur pratique du pouvoir, il s’en débarrassait en les éloignant au maximum de la ville (24).

Le pouvoir politique en place accorde une grande importance à l’organisation de l’espace et à l’embellissement de la ville en particulier grâce aux donations pieuses et aux constructions monumentales.

A - Magnificence de la ville (1250-1348)

Complexe du sultan Muayyad. Pascal Coste - XIXe
Complexe du sultan Muayyad. Pascal Coste - XIXe
Cette époque a connu trois grands souverains : Baybars, Qalâwûn (25) et son fils Muhammad al-Nâsir. Une période qui correspond à la prise du pouvoir par les Mamelouks, successeurs des Ayyoubides, et s’achève avec l’apparition de la peste (26). La victoire sur les Mongols permet aux Mamelouks de s’imposer et de faire du Caire leur nouvelle attraction (27). La pacification de la région s’accompagne d’un développement économique. L’Égypte s’est imposée comme région stratégique du commerce africain et transméditerranéen, ce qui a permis un développement sans précédent de la nouvelle capitale califale, et l’afflux de nombreux étrangers, à en croire le témoignage de l’un d’entre euxIbn Battûta :

         « Maîtresse de régions étendues et de pays riches, atteignant les dernières limites du possible par la multitude de sa population et s’enorgueillissant de sa beauté et de son éclat. C’est le rendez-vous des voyageurs, la station des faibles et des puissants. On dit qu’il y a au Caire douze mille porteurs d’eau et trente mille loueurs de bêtes à charge ; que l’on y voit sur le Nil trente-six mille embarcations appartenant au Sultan et à ses sujets, lesquelles ne font qu’aller et venir, remontant le fleuve vers le Sa’îd ou le descendant vers Alexandrie et Damiette, avec toutes sortes de marchandises » (28). 

Ce récit témoigne de la magnificence du paysage et de la grandeur de la ville. Le sultan et ses émirs en étaient les principaux protagonistes. Ils tenaient une place de choix dans les manifestations urbaines, et investissaient l’espace de manière durable (29). Le Caire disposait d’infrastructures efficaces faisant de cette ville l’une des plus modernes de son temps. Les quelques éléments suivants y contribuèrent largement (30) :

-Les marchés (sûq)
-Les caravansérails (khân, fundûq, qaysâriyya, wakâla)
-Les immeubles collectifs (rab’)
-Les boutiques : commerces et artisans
-Les différents quartiers (par confessions, ethnies, corporations de métiers etc.)
-Les habitations plurielles
-Les faubourgs
-Les infrastructures publiques (canaux, hippodromes etc.)
-Les « services publics » ou monuments : mosquées (jâmi’- masjid) - fontaine (sabîl) - bains publics (hammam) - écoles (madrassa) - hôpitaux.

Face à une population affluant de l’extérieur, Le Caire s’est développé hors de ses frontières historiques pour s’étendre au-delà vers le nord (31). De fait, les construction de bâtisses, d’infrastructures et de monuments parles sultans est un indice de l’urbanisation extérieure (32). C’est ainsi que le quartier de Hussayniyya (voir Planche 1) prit de l’ampleur (33). Il en est de même de l’expansion du côté extérieur ouest du Caire, une expansion qui se matérialise par l’installation d’infrastructures liées à l’irrigation (canaux, roues à eau etc.) (34).

La capitale s’organise géographiquement autour de quatre espaces :
 
-« Hussayniyya » : périphérie située au nord du Caire fatimide.
-« al-Qâhira » : la ville fatimide à l’intérieur des murs et du khalîj.
-« région sud » : du sud d’al-Qâhira jusqu’à la colline de kabch et de la Citadelle.
-« région ouest » : espace à l’ouest du Khalîj.
 
Le Caire étant à proximité de la Citadelle, et celle ciétant le cœur du sultanat, les quartiers sud ne pouvaient donc pas passer au travers des projets d’urbanisation. On pouvait y observer d’importants marchés, la réhabilitation d’anciens monuments comme la mosquée d’Ibn Tûlûn ou la construction d’infrastructures telles que des hippodromes (35). Certains logements étaient même le lieu de résidence de l’entourage du sultan (famille, calife, dignitaires et ambassadeurs) (36) ce qui conduisit le secteur à s’embourgeoiser.
 

Planche 01 (37) Carte du Caire au début de l'époque mamelouke (XIII ème siècle)
Planche 01 (37) Carte du Caire au début de l'époque mamelouke (XIII ème siècle)

B - La décadence d'un régime et ses répercussions sur la ville (1348-1412)

Nombreux obstacles ont ralenti des projets monumentaux et urbains, sans les stopper toutefois. La folie des grandeurs était insatiable et n’a cessé sur tout le long de la période mamelouke. De multiples facteurs ont fait sombrer l’Égypte chaque jour un peu plus après une brillante période marquée par le règne d’al-Nâsir.
 
Six facteurs peuvent expliquer ce déclin :
 
- La peste noire de 1348 (38).
- Les intrigues de palais (39).
- Les difficultés extérieures (40) .
- Les difficultés économiques (41)
- La guerre civile (42) .
-Des souverains moins charismatiques et ambitieux que leurs prédécesseurs (43) .

De ce constat chaotique, se distinguent deux sultans, Cha’bân et Hassan. Quant aux autres sultans, leurs politiques ont été plutôt le fait des grands émirs qui marquèrent davantage cette période à l’image de Bârquq qui prit le pouvoir et sera à la tête d’une nouvelle dynastie, celle des Circassiens (44) . Ce contexte faiblit sensiblement le Caire et les fastes de sa cour.

Du XIVe au XVe siècle, la population du Caire se situait entre 450 000 (45) et 600 000 habitants (46) . Mais d’autres historiens plus raisonnables l’estimaient entre 200 000 et 250 000 habitants. La peste expliquerait entre autres, la stagnation de l’évolution démographique sur le long de la période (47). Ces estimations ne prennent pas en compte les secteurs environnants tels que Fustât, ou ceux périphériques. Par sa superficie et sa population, elle est considérée comme la seule mégalopole à l’échelle méditerranéenne et du monde musulman avec Baghdâd (48). Son statut, elle le doit à la diversité des infrastructures et des services proposés, comme le ravitaillement en eau par le Nil, la multitude des points commerciaux et les marchés dont elle dispose (49). La ville jouissait d'un nombre considérable de fonctionnaires tels que les cadis, les muhtasibs et les préfets. L’ensemble des fondations pieuses mettait à disposition des Cairotes une multitude de services, tels que des écoles, des fontaines, des lieux de culte, des hôpitaux ou des cimetières. Le Caire a connu une nouvelle phase de reconstruction au temps du sultan Qaytbay (50). La ville s’était déjà largement développée au cours du XIIIe et XIVème siècles, elle connut par la suite une très grave crise économique et démographique qui n’a pas été sans conséquences (51). La capitale perd une partie de sa population, certains des sites urbains sont abandonnés (52), et les difficultés économiques pèsent sur son développement.
 
 

Planche 02 : Carte du Caire au XIVe siècle (53)
Planche 02 : Carte du Caire au XIVe siècle (53)

C - Redressement dans un semblant de passé glorieux (1412-1517)

Le complexe de Qalawun - Pascal Coste -  XIX siècle
Le complexe de Qalawun - Pascal Coste - XIX siècle
En cette période de redressement étatique, urbain et économique, le règne d’al-Faraj ne fut pas brillant. Il incarnait plutôt la fin d’une épopée urbaine, marquée par une instabilité politique, et la succession au pouvoir d’une multitude de sultans (54). Les intrigues de palais furent fréquentes. Barsbây, Qâytbây et al-Ghawrî sont les trois sultans phares de cette période de redressement. Leurs initiatives permirent au sultanat de survivre grâce à la construction d’infrastructures et à l’aménagement d’espaces urbains qui profitaient à l’épanouissement de la ville. Même si les rentes financières ne sont pas celles du passé, elles sont supérieures à celle de la crise. L’achat d’esclaves, et les expéditions sont des coûts supplémentaires qui creusent davantage le budget du sultanat. A cela s’ajoute la nécessité de moderniser l’armée pour faire face aux puissances environnantes (55). La peste continua de ravager l’Égypte (56). Le Caire garde son statut de capitale islamique, certains voyageurs la décrivent toujours comme étant « la plus grande ville du monde » (57) à l’image de Mexico, Yukatan, Pékin ou Hang Tcheou. La ville comptabilise plus de maisons habitées que Paris et Venise réunis (58). On observe une véritable volonté des autorités d’améliorer les conditions de la vie des citadins (59),  en accordant une grande importance à l’hygiène, la sécurité, l’éclairage et l’aménagement des voies (60).

Le plus grand défi des autorités était de combler les lacunes du temps de la crise, et notamment le déficit démographique. Cela ne pouvait être rendu possible que grâce à la contribution des différents acteurs urbains (61) :

-Le sultan et ses émirs comme autorité suprême
-Le « vice-sultan » en l’absence du sultan
-Les juges (cadis) : pouvoir judiciaire et gestion des litiges entre individus
-Les préfets de police (walî) : sécurité
-Prévôt des marchés (muhtasib (62))  : gère les mœurs et le sens moral du commerce
 
 L’activité monumentale reprit son cours, et l’aménagement d’infrastructures d’intérêts publics se sont manifestés massivement (hammams, khans, sabils). Cette époque est aussi marquée par la reprise de la politique d’investissement de l’espace par les sultans, et les émirs en direction du Nord et du Sud. Ainsi parmi les dernières descriptions dont nous disposons du Caire, les voyageurs n'évoquent pas une ville sur le déclin mais une cité qui continue de les fasciner (63). Les nombreuses entreprises architecturales à l’initiative du sultan al-Ghawrî en sont de bons exemples.

Une fois la crise passée, elle offrait maintes opportunités de réinvestissement pour le sultan, qui ne manqua pas d’en profiter (64). Il avait à son service une multitude de fonctionnaires gérant les biens fonciers, la Maison du sultan (65), les biens privés (66) et les affaires urbaines. Si certains espaces du Caire ont été abandonnés pendant la crise, d’autres ont vu le jour. Le règne de Qaitbay est le symbole de ce redressement urbain. La ville continue donc de se développer au Nord, et au Centre, ou du moins tente de maintenir les espaces d’attraction existants tels qu’al-Qâhira et les alentours de la Citadelle.

La cour se composait essentiellement de circassiens et de caucasiens formant l’élite politique. Quant à l’élite civile, elle était représentée par la population locale arabophone. Certains pouvaient se voir intégrés à l’élite marchande ou au corps diplomatique (67). La population cairote se composait de communautés plurielles :
  • La communauté égyptienne (Cairotes /Ruraux issus de l’exode, Musulmans/Juifs/Chrétiens.) (68)
  • Eléments extérieurs (« Arabes », Nubiens, Éthiopiens, Soudanais, Berbères, Perses, Turcs, Kurdes, Arméniens, Slaves, Siciliens, Grecs, Mongols, Andalous, Juifs orientaux/occidentaux, syriens, irakiens.) (69)
  • Les étrangers de passage (les présences diplomatiques et les commerçants)
  • Mamelouks (issus des régions chrétiennes du Caucase ou de Circacie. (70))
  • Esclaves et prisonniers (provenant du monde connu : Asie, Europe et Afrique.) (71)
  • Étudiants (venus de l’ensemble du monde musulman pour étudier les sciences islamiques et profanes (72))
 
Le Caire médiéval connut la plus grosse évolution de son histoire. Celle que l’on appelle Umm al-Dunya (= la Mère du Monde) fut longuement à l’épreuve des crises et des aléas économiques qui ont remis plus d’une fois en cause son statut de capitale du monde islamique. 

Elle fut définitivement reléguée au second plan de l’échiquier politique en devenant le simple chef-lieu d’une région du Califat ottoman, laissant sa place à la nouvelle capitale de l’ensemble islamique, Istanbûl (73).
 

Planche 03 Carte du Caire à la fin de la période du sultanat mamelouk (début du XVIe) (74)
Planche 03 Carte du Caire à la fin de la période du sultanat mamelouk (début du XVIe) (74)

Mots-clefs : Histoire urbaine – Mamelouks Mamlûks Mamlouks Esclaves – Le Caire – Islam Médiévale – Égypte – Sultan

 

[1] IBN BATTUTA, Voyages de l’Afrique du Nord à La Mecque, Tome I, Traduction de l’arabe de C. Defremery et B.R. Sanguinetti (1858), Librairie François Maspero, 1982, Paris, p. 67-69.
[2] AYALON David, Le phénomène mamelouk dans l'Orient islamique, trad. Gorges Weill, Presse universitaire de France, Paris, 1996, p. 96.
[3] JOMIER J., « Al-Kâhira », Encyclopédie de l'islam, Tome IV, Paris, 1978, p. 442.
[4] Compagnon du prophète, général de l'armée et gouverneur d'Égypte au VIIe siècle. (WENSINCK A-J, « 'Amr b. al-'As », Encyclopédie de l'islam, Tome I , Paris, 1960, p. 464.)
[5] CHRISTIDES V., « 'Uqkba b. Nafi' », Encyclopédie de l'islam, Tome X , Paris, 2002, p. 851-852.
[6] RAYMOND André, Le Caire, Fayard, Paris, 1993, p. 17-18.
[7] Correspond au règne des quatre premiers califes, Abû Bakr, 'Umâr, 'Uthmân et 'Alî. (HOLT P-M, « Khalîfa », Encyclopédie de l’Islam, Tome IV, Paris, 1978, p. 970.)
[8] Collectif Musée Sans Frontière, L'art mamelouk: splendeurs et magies des sultans, Edisud, 2001, p. 37.
[9] RAYMOND, Le Caire, p. 30-31.
[10] Gouverneur d'Égypte au IXe siècle, il prit son indépendance pour y fonder sa propre dynastie. (ZAKY HASSAN M., « Ahmad b. Tûlûn », Encyclopédie de l'islam, Tome 1, Paris, 1960, p.287.)
[11] RAYMOND, Le Caire, p. 32-33.
[12] Collectif, op. cit., p. 37.
[13] = Le Caire = La victorieuse. (Collectif, op. cit., p. 38. )
[14] CANARD M., « Fâtimides », Encyclopédie de l'islam, Tome II , Paris, 1965, p. 872-873.
[15] MARCAIS S., « Fâtimides », Encyclopédie de l'islam, Tome I, Paris, 1965, p. 883.
[16] CAHEN Cl., « Ayyûbides », Encyclopédie de l'islam, Tome I , Paris, 1960, p. 821.
[17]CLOT André, L'Égypte des mamelouks: L'empire des esclaves, Perrin, Paris, 2009 (1996), p .23-24.
[18] Qantara, Les Mamelouks (1250-1516): Le pouvoir et la diplomatie, URL : http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=868
[19] BEHRENS-ABOUSEIF Doris et al, « Le Caire » dans Grandes villes méditerranéennes du monde musulman médiéval, collection de l'école française de Rome, Rome, 2000, p. 198.
[20] Ibid., p. 198.
[21] Se référer à l’article sur la place du port d’Aydhâb d’après un témoignage de Léon l’Africain (GARCIN J-C, « Jean-Léon l’Africain et ‘Aydhâb », Annales Islamologiques XI, Le Caire, 1972, p. 189-209.)
[22] Le Caire a fasciné les voyageurs et cela bien avant la période décrite, depuis que les Fatimides ont fait du Caire une capitale califale. On peut distinguer parmi eux: al-Ya’qûbi (IXe siècle), Ibn Rusteh (IXe siècle), al-Mas’ûdi (Xe siècle), l’irakien Ibn Hawqal (Xe siècle) ou le palestinien al-Muqaddasi (Xe siècle). (BLACHERE Régis, « L’Agglomération du Caire vue par quatre voyageurs arabes du Moyen-âge », Annales Islamologiques, 1969, p. 1-26.)
[23] LOISEAU Julien, « Une aristocratie de migrants. Les Mamelouks et leur intégration dans les villes d’Egypte et de Syrie aux XIV et XVe siècle » dans QUERTIER Cédirc, CHILA Roxane et PLUCHOT Nicolas, Arriver en ville. Les migrants en milieu urbain au Moyen Âge, Publication de la Sorbonne, Paris, 2013, p. 121.
[24] Comme à Qûs ou à La Mecque (Ibid., p. 121.)
[25] C’est avec Qalâ’wûn que les entreprises sultaniennes prennent un sens nouveau. (RAYMOND, Le Caire, p. 126.)
[26] Ibid., p. 122.
[27] Ibid., p. 122.
[28] IBN BATTUTA, op. cit., p. 67-69.
[29] Nombreux témoins archéologiques le prouvent, ainsi qu’une multitude d’extraits de chroniques. A titre d’exemple, al-Maqrîzî rapporte cela : « L’émir construisit un funduq d‘une superficie immense qu’il entoura de magasins. Il stipula qu’un locataire de chaque magasin ne devait payer plus de cinq dirhams… J’ai visité cette wakâla ; son aspect extérieur et intérieur a de quoi émerveiller à cause de l’abondance et de la diversité des marchandises entreposées, de l’affluence du public, des cris des porteurs qui transportent les marchandises et les livrent aux chalands… Les étages supérieurs comprenaient trois cent soixante appartements que j’ai connus tous occupés : on pouvait évaluer le nombre des locataires à environ quatre mille personnes, hommes et femmes, enfants et adultes ». Ce témoignage communique des sommes énormes témoignant de la puissance des émirs et de l’étendue de leurs richesses (AL-MAQRIZI, Kitâb al-Sulûk fi ma’ifati al-duwal wa l-muluk, Ed. Muhammad Mustafâ Ziyâda, Le Caire, 1934-1958, p. 70.).
[30] RAYMOND, Le Caire, p. 160.
[31] Ibid., p. 129.
[32] Ibid., p. 129.
[33] Ibid., p. 129.
[34] Ibid., p. 130-131.
[35] Ibid., p. 138.
[36] Sur la colline du Kabch .
[37] L’urbanisation se concentre dans le sud-est de la ville, autour du quartier d’al-Fustât, mais également dans le quartier d’al-Qâhira, révélateur des intérêts des souverains qui les ont précédé.
[38] A ce sujet al-Maqrîzî narre des paroles fortes : « Une épidémie de peste comme on n’en avait encore jamais vu depuis l’Islam (l’avènement) ». Il s’agit bien évidemment de l’aspect le plus important de cette crise, les victimes s’élèveraient à plusieurs centaines de milliers de têtes (Ibid., p. 143-144.)
[39] Assassinat d’un sultan, et succession de sultans d’une même lignée, celle de Qalawûn, seulement peu habilité à gouverner. (Ibid., p. 146.)
[40] Invasion de Tamerlan, danger mongol, difficultés aux frontières.
[41] Notamment dues à la faible crue du Nil sur une période. (Ibid., p. 150.), à cela s’ajoute la famine (CLOT André,op. cit., p. 303.)
[42] Lorsque Barqûq fut détrôné, une guerre entre des émirs se déclarait avec des partisans parmi la population.
[43] A l’image du sultan al-Faraj.
[44] RAYMOND, Le Caire, p. 146.
[45] Selon les évaluations de M. DOLS (BEHRENS, op. cit., p. 179.)
[46] Selon M. CLERGET et J. ABU-LUGHOD (Ibid., p. 179.)
[47] Ibid., p. 182.
[48] Ibid., p. 185.
[49] Le marché principal au niveau de la Qasaba répondait aux exigences de la cour, elle s’y approvisionnait quotidiennement (Ibid., p.191.). Les marchés s’organisaient en corporations de métiers.
[50]  LOISEAU Julien, « Ruine et rénovation urbaine à l’heure des expériences italiennes : Le Caire et Istanbul au XVe siècle » dans BOUCHERON Patrick et FOLIN Marco, I grandi cantieri del rinnovamento urbano. Esperienzze italiane ed europee a confronto (secoli XIV-XVI), Collection de l’école française de Rome- 455, 2011, p. 57.
[51] Ibid., p. 58.
[52] A titre d’exemple, parmi les 144 mosquées destinées à la prière du vendredi, 40 sont abandonnées pour disparaitre définitivement. Certains quartiers sont désertés (Ibid., p. 69.)
[53] L'évolution de l’urbanisation est conséquente, elle stagne sur les espaces évoqués précédemment, et se développe autour de la Citadelle et d’al-Qâhira, révélateur des politiques urbaines et stratégiques du sultan, des émirs et des puissants. On y voit l’expansion remarquable de la ville dans son ensemble, à la hauteur de son rang de capitale sultanienne, centre palatial, noyau du cérémonial et centre islamique.
[54] RAYMOND, Le Caire, p. 169.
[55] Ibid., p. 170-171.
[56] Peste de 1416, 1430, 1437, 1448, 1459, 1469, 1477, 1492, 1498, 1505, et 1513 (Ibid., p. 171.)
[57] Joos Van Ghistele « C’est certainement la plus grande ville du monde que l’on connaisse. Elle est si grande qu’on pourrait à peine en faire le tour à cheval en douze heures.» (Ibid., p. 175.)
[58] Ibid., p. 269.
[59] Ibid., p. 175.
[60] A ce sujet nous est parvenu du Caire à cette époque un manuscrit du nom de « Livre sur l’exposition des règles concernant les rues du Caire » (Ibid., p. 177.)
[61] Ibid., p. 157-158.
[62] ABD AL RAZIQ Ahmed, «La hisba et le muhatasib en Egypte au temps des mamluks », Annales Islamologiques, IFAO, Le Caire, 1977, p. 115-178.
[63] CLOT, op. cit., p. 307.
[64] LOISEAU, Ruine, p.  70.
[65] =Al-Ustadar .
[66] =Nazir al-khas.
[67] Exemple d’Ibn Khaldûn.
[68] BEHRENS, op. cit., p. 183.
[69] Ibid., p. 184.
[70] Ibid., p. 184.
[71] Ibid., p. 184
[72] Ibid., p. 184.
[73] Ibid., p. 58.
[74] L’urbanisation à cette époque est marquée par les douleurs du passé, et de nombreux espaces furent affectés par la crise et délaissés. Ainsi, Fustât, al-Qâhira et les alentours demeurent des centres urbains, mais la densité urbaine diminua ou stagna dans son ensemble, à noter que l’axe entre la Citadelle et le cartier d’al-Qâhira demeure un axe stratégique malgré tout.




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