Ce livre n’est pas une simple chronique d’événements ou un récit aride de diplomatie. C’est une invitation à voyager aux côtés d’artisans de paix, de diplomates, d’universitaires et de citoyens ordinaires qui ont choisi le dialogue comme voie à suivre, malgré les obstacles. Leurs histoires sont des lueurs d’espoir, nous rappelant que même face à l’adversité, l’esprit humain peut surmonter les divisions, construire des ponts et semer les graines d’un avenir meilleur.Nicolas Badaoui
Broché: 214 pages
Editeur : Editions L'Harmattan (5 février 2024)
Langue : Français
ISBN-13: 978-2336425122
Editeur : Editions L'Harmattan (5 février 2024)
Langue : Français
ISBN-13: 978-2336425122
Quatrième de couverture
L’importance de la diplomatie culturelle et religieuse dans la politique mondiale, réside surtout dans son rôle dans le processus de paix et de dialogue au Moyen-Orient. Cette diplomatie a prouvé qu’elle est efficace et essentielle dans les relations internationales et joue un rôle crucial dans la résolution des conflits, la promotion de la paix, la négociation des accords. Elle favorise la coopération entre les nations et la gestion des relations entre les nations. Une approche cruciale pour la résolution des problèmes mondiaux, c’est avoir recourt à cette diplomatie de soft power, plutôt que d’utiliser la force militaire. Ce livre vise donc à couvrir ses différents aspects, par des auteurs experts issus de diverses cultures et communautés.
Nicolas Badaoui est docteur en relations internationales. Formé en France à l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et au Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques à Paris, il est professeur à l’Institut des Sciences Politiques à l’Université Saint Joseph de Beyrouth et professeur invité auprès des universités françaises. Enseignant invité de la Fulbright à l’Université de Texas UT-Austin aux États-Unis, il est également chercheur associé au CREC Saint Cyr France.
Contributeurs : Ghassan Abdul Rahman Al HOUSSAMI, Paul ASSAF, Nicolas BADAOUI, Ridha CHKOUNDALI, Mohamad El-RUMEIHI, Olivier HANNE, Renée HATTAR, Basile KHOURY, Christian LOCHON, Jean-Maroun MAGHAMES, Hussain SHABAN.
Nicolas Badaoui est docteur en relations internationales. Formé en France à l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et au Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques à Paris, il est professeur à l’Institut des Sciences Politiques à l’Université Saint Joseph de Beyrouth et professeur invité auprès des universités françaises. Enseignant invité de la Fulbright à l’Université de Texas UT-Austin aux États-Unis, il est également chercheur associé au CREC Saint Cyr France.
Contributeurs : Ghassan Abdul Rahman Al HOUSSAMI, Paul ASSAF, Nicolas BADAOUI, Ridha CHKOUNDALI, Mohamad El-RUMEIHI, Olivier HANNE, Renée HATTAR, Basile KHOURY, Christian LOCHON, Jean-Maroun MAGHAMES, Hussain SHABAN.
Extrait du texte prononcé par Nicolas BADAOUI au sujet de son ouvrage lors d'une conférence donnée au "Jeudi de La Pérouse" le 27 février 2024.
[...].
Nos recherches ont démontré que ce sujet présente des pièces manquantes qui n’ont pas été pleinement exploitées au Moyen-Orient. Pour combler cette lacune existante dans la littérature, notre livre vise à couvrir les différents aspects de la diplomatie culturelle et religieuse, d’un point de vue culturel, religieux, interreligieux, diplomatique et politique, dans un environnement en constante évolution. Le sujet est approfondi par des auteurs experts issus de diverses cultures et communautés.
D’un point de vue académique, ce livre explore, en détail, la diplomatie culturel et religieuse pour établir les avantages et les inconvénients de l’utilisation et de la non-utilisation de cette approche.
Nous présentons la théorie de la diplomatie culturelle et religieuse indépendamment, deux formes de diplomatie étroitement liées qui exploitent des éléments culturels et religieux pour construire des ponts entre les nations, promouvoir la compréhension mutuelle et relever les défis mondiaux.
Pratiquement parlant, les diplomaties culturelle et religieuse se complètent souvent pour créer une approche plus globale visant à établir des relations, à promouvoir la paix et à relever les défis mondiaux. Les deux formes de diplomatie reconnaissent l’importance de la culture et des systèmes de croyance pour façonner les sociétés et influencer les relations internationales.
Le Moyen-Orient étant le berceau des cultures et des civilisations depuis des siècles, les diplomaties culturelle et religieuse y ont toujours eu un impact important dans la résolution des conflits, la paix et le dialogue. Par conséquent, il est crucial de reconnaître et d’examiner l’implication des diplomates à travers le monde dans ces deux genres de diplomatie qui prêchent la paix et le dialogue.
Dans une région où les échos de l’Histoire sont aussi puissants que les murmures de la foi, le Moyen Orient se présente comme un creuset de cultures diverses, de croyances profondément enracinées et de divisions apparemment insurmontables. C’est un lieu où l’ancien rencontre le moderne, où la tradition et l’innovation coexistent et où la profonde influence de la religion s’entremêle à la tapisserie complexe de la société. Pendant des décennies, cette région a souvent été synonyme de conflits, de troubles et de discorde.
Cependant, dans ce paysage complexe et conflictuel, il existe un récit inédit, qui parle d’espoir, de compréhension et d’un extraordinaire potentiel de paix. C’est une histoire de diplomatie culturelle et religieuse – une force puissante qui a, contre toute attente, tissé des fils de dialogue et d’harmonie au cœur même des tensions.
Construire des ponts de dialogues : la diplomatie culturelle et religieuse pour la paix au Moyen Orient est un voyage au cœur de notre présentation aujourd’hui. Il s’agit d’une exploration des individus, communautés et organisations remarquables qui ont choisi la voie du dialogue et de la compréhension pour ouvrir la voie à un Moyen-Orient plus pacifique et plus uni.
Tout au long des pages que nous avons écrites, vous traverserez les domaines de l’histoire, de la culture et de la spiritualité, découvrant les liens profonds qui unissent les habitants de cette région diversifiée. Vous rencontrerez des diplomates, des universitaires, des chefs religieux et des individus ordinaires infatigables qui ont adopté le pouvoir du dialogue et de la diplomatie pour transcender les frontières politiques, les conflits sectaires et les animosités de longue date.
Le Moyen-Orient a toujours été un berceau de civilisation, un point de rencontre pour d’innombrables cultures et un sanctuaire pour trois grandes religions monothéistes. Le Moyen-Orient est un pont entre l’Orient et l’Occident ; mais c’est aussi un lieu où les malentendus et les conflits jettent une ombre sur l’immense potentiel de coexistence et de coopération. Alors que nous entreprenons ce voyage, nous plongerons dans les défis et les triomphes de la diplomatie culturelle et religieuse, célébrant les efforts qui ont cultivé le respect mutuel, forgé des liens et ouvert la voie vers une paix durable.
Ce livre témoigne de la capacité de l’esprit humain à surmonter des barrières apparemment infranchissables. Il vous invite à explorer les dimensions multiformes de la diplomatie culturelle et religieuse et à considérer les leçons qu’elles contiennent pour le monde dans son ensemble. À une époque où le dialogue est plus crucial que jamais et où la paix au Moyen-Orient reste une aspiration mondiale, « construire des ponts de dialogue » offre une lueur d’espoir et un modèle pour un avenir où la compréhension transcende les divisions et où la paix prévaut sur les conflits.
Dans une région où les anciens empires ont connu leur essor et leur chute, où le berceau de la civilisation a rencontré le carrefour de la foi et où les échos de l’Histoire se répercutent à travers les sables du temps, le Moyen-Orient se présente comme un lieu d’une importance perpétuelle. C’est une région qui est depuis longtemps au centre de l’attention mondiale, une région connue pour sa diversité de cultures, de langues et de traditions, mais également pour ses conflits prolongés et ses tensions non résolues.
Malgré les défis persistants qui ont entaché le paysage, il reste une lueur d’espoir, une lueur de possibilité. C’est la promesse de paix et de dialogue, un témoignage de l’esprit indomptable des individus, des communautés et des nations qui s’efforcent de transcender la discorde et les troubles qui marquent le Moyen-Orient depuis bien trop longtemps.
L’harmonie au milieu de la discorde : un voyage vers la paix et le dialogue au Moyen-Orient se lance dans une exploration approfondie de ce récit. Dans ces pages, nous plongeons dans les histoires extraordinaires de ceux qui se sont consacrés à la recherche de la paix, de la coopération et de la compréhension. Leurs efforts, souvent négligés au milieu de conflits politiques, ont donné vie au potentiel de réconciliation et d’harmonie dans cette région complexe, diversifiée et historiquement importante.
Ce livre n’est pas une simple chronique d’événements ou un récit aride de diplomatie. C’est une invitation à voyager aux côtés d’artisans de paix, de diplomates, d’universitaires et de citoyens ordinaires qui ont choisi le dialogue comme voie à suivre, malgré les obstacles. Leurs histoires sont des lueurs d’espoir, nous rappelant que même face à l’adversité, l’esprit humain peut surmonter les divisions, construire des ponts et semer les graines d’un avenir meilleur.
Notre exploration s’étend au-delà des frontières, dans la riche tapisserie de l’histoire, de la culture et de la foi du Moyen-Orient. Il met en lumière les liens profonds entre les individus et les communautés, le patrimoine commun qui transcende les conflits et la résilience qui a permis à cette région de prospérer à travers les âges.
Ce livre est une célébration de ceux qui refusent de se laisser définir uniquement par les conflits qui les entourent, qui croient au pouvoir transformateur du dialogue et qui portent le flambeau de l’espoir d’un Moyen-Orient où prospèrent la paix et la coopération. Alors que nous entreprenons ce voyage ensemble, nous cherchons à comprendre les défis, les triomphes et les leçons qui ont émergé de la recherche de l’harmonie au milieu de la discorde.
Des études ont mis en évidence des lacunes dans la documentation concernant ce sujet au Moyen Orient, révélant des aspects sous-développés qui n’ont pas été suffisamment examinés. Afin de combler ces manques dans la littérature, il est impératif d’explorer plus en profondeur ces pièces négligées. Le livre cherche à couvrir les différents aspects de la diplomatie culturelle et religieuse : diplomatie ecclésiastique, interreligieuse, culturelle, sociale, politique et mondiale.
Ce livre explique comment la diplomatie culturelle est perçue, au Moyen-Orient, comme un processus de communication et d’échanges entre les différentes communautés et les différents régimes. Il détaille également comment les religions du Moyen-Orient interagissent et utilisent la diplomatie religieuse différemment des autres cultures. Il démontre ainsi comment cette différence significative implique un dialogue des cultures – les cultures du Moyen-Orient –, prenant en compte les relations islamo-chrétiennes. De plus, le livre aborde le recours au dialogue au Moyen-Orient, car il est devenu un outil essentiel sur lequel la politique peut compter pour atteindre une paix presque totale de manière efficace et efficiente. [...]
Nicolas BADAOUI, Docteur en relations internationales, Jeudi de La Pérouse, 27 février 2024.
Nos recherches ont démontré que ce sujet présente des pièces manquantes qui n’ont pas été pleinement exploitées au Moyen-Orient. Pour combler cette lacune existante dans la littérature, notre livre vise à couvrir les différents aspects de la diplomatie culturelle et religieuse, d’un point de vue culturel, religieux, interreligieux, diplomatique et politique, dans un environnement en constante évolution. Le sujet est approfondi par des auteurs experts issus de diverses cultures et communautés.
D’un point de vue académique, ce livre explore, en détail, la diplomatie culturel et religieuse pour établir les avantages et les inconvénients de l’utilisation et de la non-utilisation de cette approche.
Nous présentons la théorie de la diplomatie culturelle et religieuse indépendamment, deux formes de diplomatie étroitement liées qui exploitent des éléments culturels et religieux pour construire des ponts entre les nations, promouvoir la compréhension mutuelle et relever les défis mondiaux.
Pratiquement parlant, les diplomaties culturelle et religieuse se complètent souvent pour créer une approche plus globale visant à établir des relations, à promouvoir la paix et à relever les défis mondiaux. Les deux formes de diplomatie reconnaissent l’importance de la culture et des systèmes de croyance pour façonner les sociétés et influencer les relations internationales.
Le Moyen-Orient étant le berceau des cultures et des civilisations depuis des siècles, les diplomaties culturelle et religieuse y ont toujours eu un impact important dans la résolution des conflits, la paix et le dialogue. Par conséquent, il est crucial de reconnaître et d’examiner l’implication des diplomates à travers le monde dans ces deux genres de diplomatie qui prêchent la paix et le dialogue.
Dans une région où les échos de l’Histoire sont aussi puissants que les murmures de la foi, le Moyen Orient se présente comme un creuset de cultures diverses, de croyances profondément enracinées et de divisions apparemment insurmontables. C’est un lieu où l’ancien rencontre le moderne, où la tradition et l’innovation coexistent et où la profonde influence de la religion s’entremêle à la tapisserie complexe de la société. Pendant des décennies, cette région a souvent été synonyme de conflits, de troubles et de discorde.
Cependant, dans ce paysage complexe et conflictuel, il existe un récit inédit, qui parle d’espoir, de compréhension et d’un extraordinaire potentiel de paix. C’est une histoire de diplomatie culturelle et religieuse – une force puissante qui a, contre toute attente, tissé des fils de dialogue et d’harmonie au cœur même des tensions.
Construire des ponts de dialogues : la diplomatie culturelle et religieuse pour la paix au Moyen Orient est un voyage au cœur de notre présentation aujourd’hui. Il s’agit d’une exploration des individus, communautés et organisations remarquables qui ont choisi la voie du dialogue et de la compréhension pour ouvrir la voie à un Moyen-Orient plus pacifique et plus uni.
Tout au long des pages que nous avons écrites, vous traverserez les domaines de l’histoire, de la culture et de la spiritualité, découvrant les liens profonds qui unissent les habitants de cette région diversifiée. Vous rencontrerez des diplomates, des universitaires, des chefs religieux et des individus ordinaires infatigables qui ont adopté le pouvoir du dialogue et de la diplomatie pour transcender les frontières politiques, les conflits sectaires et les animosités de longue date.
Le Moyen-Orient a toujours été un berceau de civilisation, un point de rencontre pour d’innombrables cultures et un sanctuaire pour trois grandes religions monothéistes. Le Moyen-Orient est un pont entre l’Orient et l’Occident ; mais c’est aussi un lieu où les malentendus et les conflits jettent une ombre sur l’immense potentiel de coexistence et de coopération. Alors que nous entreprenons ce voyage, nous plongerons dans les défis et les triomphes de la diplomatie culturelle et religieuse, célébrant les efforts qui ont cultivé le respect mutuel, forgé des liens et ouvert la voie vers une paix durable.
Ce livre témoigne de la capacité de l’esprit humain à surmonter des barrières apparemment infranchissables. Il vous invite à explorer les dimensions multiformes de la diplomatie culturelle et religieuse et à considérer les leçons qu’elles contiennent pour le monde dans son ensemble. À une époque où le dialogue est plus crucial que jamais et où la paix au Moyen-Orient reste une aspiration mondiale, « construire des ponts de dialogue » offre une lueur d’espoir et un modèle pour un avenir où la compréhension transcende les divisions et où la paix prévaut sur les conflits.
Dans une région où les anciens empires ont connu leur essor et leur chute, où le berceau de la civilisation a rencontré le carrefour de la foi et où les échos de l’Histoire se répercutent à travers les sables du temps, le Moyen-Orient se présente comme un lieu d’une importance perpétuelle. C’est une région qui est depuis longtemps au centre de l’attention mondiale, une région connue pour sa diversité de cultures, de langues et de traditions, mais également pour ses conflits prolongés et ses tensions non résolues.
Malgré les défis persistants qui ont entaché le paysage, il reste une lueur d’espoir, une lueur de possibilité. C’est la promesse de paix et de dialogue, un témoignage de l’esprit indomptable des individus, des communautés et des nations qui s’efforcent de transcender la discorde et les troubles qui marquent le Moyen-Orient depuis bien trop longtemps.
L’harmonie au milieu de la discorde : un voyage vers la paix et le dialogue au Moyen-Orient se lance dans une exploration approfondie de ce récit. Dans ces pages, nous plongeons dans les histoires extraordinaires de ceux qui se sont consacrés à la recherche de la paix, de la coopération et de la compréhension. Leurs efforts, souvent négligés au milieu de conflits politiques, ont donné vie au potentiel de réconciliation et d’harmonie dans cette région complexe, diversifiée et historiquement importante.
Ce livre n’est pas une simple chronique d’événements ou un récit aride de diplomatie. C’est une invitation à voyager aux côtés d’artisans de paix, de diplomates, d’universitaires et de citoyens ordinaires qui ont choisi le dialogue comme voie à suivre, malgré les obstacles. Leurs histoires sont des lueurs d’espoir, nous rappelant que même face à l’adversité, l’esprit humain peut surmonter les divisions, construire des ponts et semer les graines d’un avenir meilleur.
Notre exploration s’étend au-delà des frontières, dans la riche tapisserie de l’histoire, de la culture et de la foi du Moyen-Orient. Il met en lumière les liens profonds entre les individus et les communautés, le patrimoine commun qui transcende les conflits et la résilience qui a permis à cette région de prospérer à travers les âges.
Ce livre est une célébration de ceux qui refusent de se laisser définir uniquement par les conflits qui les entourent, qui croient au pouvoir transformateur du dialogue et qui portent le flambeau de l’espoir d’un Moyen-Orient où prospèrent la paix et la coopération. Alors que nous entreprenons ce voyage ensemble, nous cherchons à comprendre les défis, les triomphes et les leçons qui ont émergé de la recherche de l’harmonie au milieu de la discorde.
Des études ont mis en évidence des lacunes dans la documentation concernant ce sujet au Moyen Orient, révélant des aspects sous-développés qui n’ont pas été suffisamment examinés. Afin de combler ces manques dans la littérature, il est impératif d’explorer plus en profondeur ces pièces négligées. Le livre cherche à couvrir les différents aspects de la diplomatie culturelle et religieuse : diplomatie ecclésiastique, interreligieuse, culturelle, sociale, politique et mondiale.
Ce livre explique comment la diplomatie culturelle est perçue, au Moyen-Orient, comme un processus de communication et d’échanges entre les différentes communautés et les différents régimes. Il détaille également comment les religions du Moyen-Orient interagissent et utilisent la diplomatie religieuse différemment des autres cultures. Il démontre ainsi comment cette différence significative implique un dialogue des cultures – les cultures du Moyen-Orient –, prenant en compte les relations islamo-chrétiennes. De plus, le livre aborde le recours au dialogue au Moyen-Orient, car il est devenu un outil essentiel sur lequel la politique peut compter pour atteindre une paix presque totale de manière efficace et efficiente. [...]
Nicolas BADAOUI, Docteur en relations internationales, Jeudi de La Pérouse, 27 février 2024.
Recension
Par Christian Lochon
Le Pr Salim Daccache, recteur de l’université Saint-Joseph de Beyrouth, reconnaît dans sa préface que l’espace religieux, longtemps considéré comme un composant du culturel, est devenu un élément diplomatique à part. Ainsi au Liban, un programme académique est élaboré par la France pour accueillir des représentants du clergé (p. 6). Une nouvelle diplomatie doit impliquer une meilleure connaissance des réalités religieuses afin de trouver des espaces communs d’entente (p. 7). Dans cet esprit, le Pr Badaoui a choisi des auteurs issus de différentes cultures et religions - cinq Libanais, deux Français, une Jordanienne, un Irakien, un Koweitien, un Tunisien (p. 217) - pour explorer les dimensions multiformes de la diplomatie culturelle et religieuse (p. 10). L’implication religieuse dans les processus de paix est apparue avec les accords d’Abraham (p. 17). Les aspects clés de la diplomatie religieuse sont les dialogues religieux et interreligieux, la liberté religieuse, la résolution des conflits, l’aide humanitaire (p. 18), la préservation du patrimoine (p. 20).
Trois instruments de dialogue sont retenus. R. Chkoundali assure, en prenant les exemples des pays européens (p. 104), que le dialogue social est un mécanisme fondamental pour atténuer les crises, car il inclut la participation de la société civile dans la prise de décision (p. 97). Il nécessite des institutions robustes, une culture de collaboration, un engagement sincère de toutes les parties (p. 99) et la réforme de la fonction publique (p. 102). Pour Renee Hattar, l’usage de la musique a été promu par l’Unesco et la Fondation Anna Lindh dans le cadre de la diplomatie culturelle, parce qu’elle promeut les valeurs de la paix à travers les paroles de chansons (p. 138). Le Moyen-Orient a une riche histoire de musique religieuse, traditionnelle, soufie ou populaire, et la langue arabe unifie des peuples de différentes origines et religions (p. 140). Chrétiens et musulmans partagent des chants traditionnels communs qui facilitent l’intercompréhension (p. 142). De son côté, Basile Khoury analyse les relations islamo-chrétiennes depuis les « millet » de l’Empire ottoman, communautés non musulmanes disposant d’une certaine liberté de s’organiser en payant des impôts spécifiques (p. 183). Les tensions et les massacres de non-musulmans n’apparurent qu’à partir du XIXe siècle (p. 184). À la chute de l’Empire ottoman, le nationalisme arabe acquit un idéal supraconfessionnel (p. 187).
Les institutions religieuses sont décrites, en ce qui concerne le Vatican par Nicolas Badaoui et Jean-Maroun Maghames qui évoquent les papes orientaux ayant dirigé l’Église catholique, au IIe siècle, Anishisius « de Phénicie », au VIIe siècle, Jean V d’Antioche et Sergius Premier de « Phénicie », au VIIIe siècle, Jean VII de Tyr et Grégoire III de « Phénicie » (p. 171). Le Vatican dispose d’une diplomatie de premier plan, observateur permanent à l’Onu, engageant le dialogue avec les responsables des autres religions, soutenant des actions caritatives et la défense des droits de l’Homme (p. 173). N. Badaoui met également en lumière la diplomatie religieuse des Églises orthodoxes ; celle du patriarche de Constantinople Bartholomée qui est intervenu récemment dans le conflit russo-ukrainien en soutenant l’autonomie de l’Église orthodoxe ukrainienne (p. 178) ; son prédécesseur Athénagoras avait rencontré à Jérusalem le pape Paul après dix siècles de schisme, et annulé les sentences d’excommunication remontant à 1054 (p. 104). N. Badaoui et Paul Assaf analysent la diplomatie religieuse du patriarcat de Moscou (p. 153). Cette Église, qui a le plus grand nombre de fidèles (p. 166), est présente sur tous les continents grâce à la diaspora russe et maintient dans ses traditions un fort nationalisme (p. 155) qui l’a transformée en religion officielle (p. 156) ayant des liens étroits avec l’armée russe (p. 157). Au Moyen-Orient, elle est un vecteur de soft power, soutenant les chrétiens et bâtissant des églises (p. 159). De son côté, l’Église orthodoxe grecque joue également un rôle dans la diplomatie de la Grèce, participant à l’assistance humanitaire et sociale ; elle entretient des liens solides avec la Russie, Chypre, les États balkaniques (p. 162) ; néanmoins, comme la Grèce est une démocratie parlementaire laïque, la séparation entre l’Église et l’État est inscrite dans la Constitution (p. 167). Cependant, la polyarchie des pouvoirs demeure la faiblesse de l’orthodoxie. C’est pourquoi, à Paris s’est créé le Rassemblement des Évêques orthodoxes pour uniformiser la date de Noël, 25 décembre ou 7 janvier (p. 154). Pour Mohamad El Rumeihi, la religion islamique est instrumentalisée politiquement. Certains mouvements islamistes présentent une version simplifiée à la jeunesse, évoquant un âge d’or des débuts de l’islam.
L’idéologie des Frères musulmans a conduit à la violence comme Al-Qaida ou Daech, qui ont déformé l’islam en utilisant des textes hors contexte (p. 82). Pour lutter contre cela, l’éducation doit rappeler les valeurs islamiques de justice et d’éthique, qui ne sont pas au programme de la plupart des gouvernements moyen-orientaux (p. 84). Olivier Hanne - dont nous avions recensé son Mahomet le lecteur divin (Belin, 2013) - rappelle les étapes de la découverte de l’islam en Europe. Au Moyen Âge, l’identité religieuse des musulmans importe moins que le danger qu’ils représentent (p. 121). Au XVIe siècle, la piraterie barbaresque fait peser la menace de l’esclavage blanc (p. 125), tandis que François Ier inaugure l’alliance avec le Grand Turc contre Charles Quint (p. 126). Au XVIIIe, les philosophes des Lumières se penchent sur l’islam avec intérêt (p. 127). Au XIXe, l’orientalisme apparaît comme la face intellectuelle de la colonisation européenne (p. 129). La complexité du rapport entre l’islam et l’Occident pose la question de l’identité et de la culture européennes (p. 133).
Au Grand Moyen-Orient, les diplomaties culturelles et religieuses ont toujours eu un impact important sur la résolution des conflits (p. 9). Pour Mohamad El Rumeihi, trois sortes de conflits agitent la région, soit entre deux États - comme le Maroc et l’Algérie -, soit à l’intérieur d’un État - comme en Israël-Palestine ou en Syrie -, soit des conflits latents - comme entre l’Iran et les États du Golfe. Le refus de négociations directes a conduit ces États à adopter des alliances contre nature, comme l’ont fait la Syrie avec la Russie et l’Iran ou les États du Golfe avec Israël en réponse à la pression iranienne (p. 73). L’Iran, de son côté, exporte sa révolution et développe son hostilité envers l’Occident (p. 74). À la manière de l’Édit de Nantes de 1685 expulsant de France les protestants, l’Égypte, en 1952, expulsa les Grecs, les Italiens et d’autres. On peut accepter la différence d’intérêts si elle est modérée par un mécanisme de dialogue et de consensus, évitant le fanatisme et le nettoyage ethnique (p. 76). Il faut recourir à une éducation moderne humaniste pour éviter le rejet de l’autre (p. 78). Le monde est divisé entre démocraties et régimes totalitaires ; les pays arabes cherchent à maintenir des relations avec les deux groupes (p. 80). Hussain Shaban compare les conflits religieux en Europe du XVIe siècle et au Moyen-Orient contemporain en rappelant les traités de Westphalie de 1648 qui mirent fin à la guerre de Trente Ans entre États protestants et catholiques (p. 51). En ce sens, la signature à Abu Dhabi en 2019 entre le cheik d’Al-Azhar Ahmed el-Tayeb et le pape François d’un accord intitulé « La fraternité humaine pour la paix du monde et le vivre ensemble »va dans le sens des principes de tolérance et de fraternité, de même que la décision par l’Onu en 2020 de considérer le 4 février comme la Journée internationale de la Fraternité humaine à la demande des Émirats, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de Bahreïn (p. 57).
Pour N. Badaoui le royaume saoudien a utilisé sa position religieuse pour promouvoir sa vision de l’islam, le wahhabisme. Gestionnaire des Lieux Saints, il a une grande influence sur les musulmans du monde entier. Il s’implique également dans les conflits régionaux en soutenant des groupes islamistes en Syrie et au Yémen (p. 194) et en s’opposant à l’influence iranienne. Hussain Shaban décrit son pays, l’Iraq, déchiré par la lutte entre sunnites et chiites qui devraient se considérer comme membres d’une communauté unie ; citoyens kurdes et arabes devraient en faire autant (p. 63) à l’exemple du roi du Maroc qui a encouragé le dialogue Amazighs-Arabes (p. 62). Pour cela, il faut adopter une législation antimarginalisation, promouvoir l’éducation, les principes de justice, la liberté des médias et donner sa place à la société civile (p. 68). N. Badaoui souligne la diplomatie religieuse chiite utilisant les « marjaa » ou Grands Référents religieux qui encadrent dans l’expatriation leurs fidèles (p. 197). Les relations étrangères sont souvent influencées par des décisions confessionnelles et la rivalité chiito-sunnite (p. 198). N. Badaoui rappelle que le roi de Jordanieest reconnu comme Gardien des Lieux Saints musulmans à Jérusalem. La Jordanie, qui abrite des sites religieux comme le Mont Nébo, d’où Moïse aurait vu la Terre sainte, ou le lieu du baptême de Jésus, est reconnue pour son engagement en faveur du dialogue interreligieux et de la coexistence pacifique (p. 199). L’auteur de cette recension décrit leLiban comme une société civile à base religieuse, où les chrétiens ont joué un rôle important dans l’évolution du nationalisme arabe. Comme dans le reste du Proche-Orient, les établissements scolaires chrétiens très recherchés accueillent parfois une majorité d’élèves musulmans (p. 27). Une résistance à la confessionnalisation et un combat féministe pourraient faire entrevoir la formation d’une citoyenneté (p. 34) comme l’avancement au mérite (p. 37). Le caractère répressif des régimes arabes dévoile leur fragilité et entraîne la lutte entre des peuples désirant un changement démocratique et des régimes qui veulent maintenir le statu quo (p.45). Ghassan Al Houssami, secrétaire de l’Association des Commerçants de Tripoli, créée en 1939, montre comment la société civile de sa ville, constituée par toutes les communautés, a développé le vivre-ensemble loin du sectarisme religieux (p. 93) ; lui-même avait étudié dans un collège protestant (p. 94). Ridha Chkoundali analyse le dialogue social tendu et la crise économique libanaise, amplifiés par le conflit syrien, le climat social bloquant les négociations avec le FMI, le mauvais fonctionnement des services publics (p. 106). B. Khoury parle de la réticence des hommes de religion, musulmans et chrétiens, en faveur du mariage civil, pour des raisons financières, sociétales et politiques. De ce fait, on s’éloigne de la pureté initiale de la religion (p. 192).
Promouvant l’islam modéré, comme le souligne N. Badaoui, le Maroc pratique la diplomatie religieuse comme soft power en Afrique (p. 195), agissant en médiateur dans certains pays, investissant dans la construction de mosquées et des centres culturels islamiques. Le Maroc accueille et intègre des migrants africains, tout en encourageant la diaspora marocaine dans le continent (p. 196). R. Chkoundali regrette l’échec du dialogue social enTunisie. Les résultats du programme du « Pacte de Carthage » lancé en 2016 par le président de la République avec le patronat, les syndicats, des partis politiques et la société civile, ont été catastrophiques. Après des mois de blocage politique, le président Saïed s’est arrogé les pleins pouvoirs en 2021 et a imposé une nouvelle Constitution en 2022 (p. 112). Cette situation montre l’importance de la pérennité du dialogue social pour le développement économique et la stabilité politique (p. 114).
N. Badaoui conclut que comme les échanges culturels peuvent ouvrir la voie à des partenariats économiques, scientifiques, éducatifs et politiques plus étroits (p. 205), la diplomatie religieuse favorise le dialogue et la compréhension entre différentes religions, promouvant ainsi la tolérance et la coexistence pacifique.
La religion, à condition qu’elle soit respectueuse des autres croyances, peut être un moyen de coopération entre les nations (p. 204).
Trois instruments de dialogue sont retenus. R. Chkoundali assure, en prenant les exemples des pays européens (p. 104), que le dialogue social est un mécanisme fondamental pour atténuer les crises, car il inclut la participation de la société civile dans la prise de décision (p. 97). Il nécessite des institutions robustes, une culture de collaboration, un engagement sincère de toutes les parties (p. 99) et la réforme de la fonction publique (p. 102). Pour Renee Hattar, l’usage de la musique a été promu par l’Unesco et la Fondation Anna Lindh dans le cadre de la diplomatie culturelle, parce qu’elle promeut les valeurs de la paix à travers les paroles de chansons (p. 138). Le Moyen-Orient a une riche histoire de musique religieuse, traditionnelle, soufie ou populaire, et la langue arabe unifie des peuples de différentes origines et religions (p. 140). Chrétiens et musulmans partagent des chants traditionnels communs qui facilitent l’intercompréhension (p. 142). De son côté, Basile Khoury analyse les relations islamo-chrétiennes depuis les « millet » de l’Empire ottoman, communautés non musulmanes disposant d’une certaine liberté de s’organiser en payant des impôts spécifiques (p. 183). Les tensions et les massacres de non-musulmans n’apparurent qu’à partir du XIXe siècle (p. 184). À la chute de l’Empire ottoman, le nationalisme arabe acquit un idéal supraconfessionnel (p. 187).
Les institutions religieuses sont décrites, en ce qui concerne le Vatican par Nicolas Badaoui et Jean-Maroun Maghames qui évoquent les papes orientaux ayant dirigé l’Église catholique, au IIe siècle, Anishisius « de Phénicie », au VIIe siècle, Jean V d’Antioche et Sergius Premier de « Phénicie », au VIIIe siècle, Jean VII de Tyr et Grégoire III de « Phénicie » (p. 171). Le Vatican dispose d’une diplomatie de premier plan, observateur permanent à l’Onu, engageant le dialogue avec les responsables des autres religions, soutenant des actions caritatives et la défense des droits de l’Homme (p. 173). N. Badaoui met également en lumière la diplomatie religieuse des Églises orthodoxes ; celle du patriarche de Constantinople Bartholomée qui est intervenu récemment dans le conflit russo-ukrainien en soutenant l’autonomie de l’Église orthodoxe ukrainienne (p. 178) ; son prédécesseur Athénagoras avait rencontré à Jérusalem le pape Paul après dix siècles de schisme, et annulé les sentences d’excommunication remontant à 1054 (p. 104). N. Badaoui et Paul Assaf analysent la diplomatie religieuse du patriarcat de Moscou (p. 153). Cette Église, qui a le plus grand nombre de fidèles (p. 166), est présente sur tous les continents grâce à la diaspora russe et maintient dans ses traditions un fort nationalisme (p. 155) qui l’a transformée en religion officielle (p. 156) ayant des liens étroits avec l’armée russe (p. 157). Au Moyen-Orient, elle est un vecteur de soft power, soutenant les chrétiens et bâtissant des églises (p. 159). De son côté, l’Église orthodoxe grecque joue également un rôle dans la diplomatie de la Grèce, participant à l’assistance humanitaire et sociale ; elle entretient des liens solides avec la Russie, Chypre, les États balkaniques (p. 162) ; néanmoins, comme la Grèce est une démocratie parlementaire laïque, la séparation entre l’Église et l’État est inscrite dans la Constitution (p. 167). Cependant, la polyarchie des pouvoirs demeure la faiblesse de l’orthodoxie. C’est pourquoi, à Paris s’est créé le Rassemblement des Évêques orthodoxes pour uniformiser la date de Noël, 25 décembre ou 7 janvier (p. 154). Pour Mohamad El Rumeihi, la religion islamique est instrumentalisée politiquement. Certains mouvements islamistes présentent une version simplifiée à la jeunesse, évoquant un âge d’or des débuts de l’islam.
L’idéologie des Frères musulmans a conduit à la violence comme Al-Qaida ou Daech, qui ont déformé l’islam en utilisant des textes hors contexte (p. 82). Pour lutter contre cela, l’éducation doit rappeler les valeurs islamiques de justice et d’éthique, qui ne sont pas au programme de la plupart des gouvernements moyen-orientaux (p. 84). Olivier Hanne - dont nous avions recensé son Mahomet le lecteur divin (Belin, 2013) - rappelle les étapes de la découverte de l’islam en Europe. Au Moyen Âge, l’identité religieuse des musulmans importe moins que le danger qu’ils représentent (p. 121). Au XVIe siècle, la piraterie barbaresque fait peser la menace de l’esclavage blanc (p. 125), tandis que François Ier inaugure l’alliance avec le Grand Turc contre Charles Quint (p. 126). Au XVIIIe, les philosophes des Lumières se penchent sur l’islam avec intérêt (p. 127). Au XIXe, l’orientalisme apparaît comme la face intellectuelle de la colonisation européenne (p. 129). La complexité du rapport entre l’islam et l’Occident pose la question de l’identité et de la culture européennes (p. 133).
Au Grand Moyen-Orient, les diplomaties culturelles et religieuses ont toujours eu un impact important sur la résolution des conflits (p. 9). Pour Mohamad El Rumeihi, trois sortes de conflits agitent la région, soit entre deux États - comme le Maroc et l’Algérie -, soit à l’intérieur d’un État - comme en Israël-Palestine ou en Syrie -, soit des conflits latents - comme entre l’Iran et les États du Golfe. Le refus de négociations directes a conduit ces États à adopter des alliances contre nature, comme l’ont fait la Syrie avec la Russie et l’Iran ou les États du Golfe avec Israël en réponse à la pression iranienne (p. 73). L’Iran, de son côté, exporte sa révolution et développe son hostilité envers l’Occident (p. 74). À la manière de l’Édit de Nantes de 1685 expulsant de France les protestants, l’Égypte, en 1952, expulsa les Grecs, les Italiens et d’autres. On peut accepter la différence d’intérêts si elle est modérée par un mécanisme de dialogue et de consensus, évitant le fanatisme et le nettoyage ethnique (p. 76). Il faut recourir à une éducation moderne humaniste pour éviter le rejet de l’autre (p. 78). Le monde est divisé entre démocraties et régimes totalitaires ; les pays arabes cherchent à maintenir des relations avec les deux groupes (p. 80). Hussain Shaban compare les conflits religieux en Europe du XVIe siècle et au Moyen-Orient contemporain en rappelant les traités de Westphalie de 1648 qui mirent fin à la guerre de Trente Ans entre États protestants et catholiques (p. 51). En ce sens, la signature à Abu Dhabi en 2019 entre le cheik d’Al-Azhar Ahmed el-Tayeb et le pape François d’un accord intitulé « La fraternité humaine pour la paix du monde et le vivre ensemble »va dans le sens des principes de tolérance et de fraternité, de même que la décision par l’Onu en 2020 de considérer le 4 février comme la Journée internationale de la Fraternité humaine à la demande des Émirats, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de Bahreïn (p. 57).
Pour N. Badaoui le royaume saoudien a utilisé sa position religieuse pour promouvoir sa vision de l’islam, le wahhabisme. Gestionnaire des Lieux Saints, il a une grande influence sur les musulmans du monde entier. Il s’implique également dans les conflits régionaux en soutenant des groupes islamistes en Syrie et au Yémen (p. 194) et en s’opposant à l’influence iranienne. Hussain Shaban décrit son pays, l’Iraq, déchiré par la lutte entre sunnites et chiites qui devraient se considérer comme membres d’une communauté unie ; citoyens kurdes et arabes devraient en faire autant (p. 63) à l’exemple du roi du Maroc qui a encouragé le dialogue Amazighs-Arabes (p. 62). Pour cela, il faut adopter une législation antimarginalisation, promouvoir l’éducation, les principes de justice, la liberté des médias et donner sa place à la société civile (p. 68). N. Badaoui souligne la diplomatie religieuse chiite utilisant les « marjaa » ou Grands Référents religieux qui encadrent dans l’expatriation leurs fidèles (p. 197). Les relations étrangères sont souvent influencées par des décisions confessionnelles et la rivalité chiito-sunnite (p. 198). N. Badaoui rappelle que le roi de Jordanieest reconnu comme Gardien des Lieux Saints musulmans à Jérusalem. La Jordanie, qui abrite des sites religieux comme le Mont Nébo, d’où Moïse aurait vu la Terre sainte, ou le lieu du baptême de Jésus, est reconnue pour son engagement en faveur du dialogue interreligieux et de la coexistence pacifique (p. 199). L’auteur de cette recension décrit leLiban comme une société civile à base religieuse, où les chrétiens ont joué un rôle important dans l’évolution du nationalisme arabe. Comme dans le reste du Proche-Orient, les établissements scolaires chrétiens très recherchés accueillent parfois une majorité d’élèves musulmans (p. 27). Une résistance à la confessionnalisation et un combat féministe pourraient faire entrevoir la formation d’une citoyenneté (p. 34) comme l’avancement au mérite (p. 37). Le caractère répressif des régimes arabes dévoile leur fragilité et entraîne la lutte entre des peuples désirant un changement démocratique et des régimes qui veulent maintenir le statu quo (p.45). Ghassan Al Houssami, secrétaire de l’Association des Commerçants de Tripoli, créée en 1939, montre comment la société civile de sa ville, constituée par toutes les communautés, a développé le vivre-ensemble loin du sectarisme religieux (p. 93) ; lui-même avait étudié dans un collège protestant (p. 94). Ridha Chkoundali analyse le dialogue social tendu et la crise économique libanaise, amplifiés par le conflit syrien, le climat social bloquant les négociations avec le FMI, le mauvais fonctionnement des services publics (p. 106). B. Khoury parle de la réticence des hommes de religion, musulmans et chrétiens, en faveur du mariage civil, pour des raisons financières, sociétales et politiques. De ce fait, on s’éloigne de la pureté initiale de la religion (p. 192).
Promouvant l’islam modéré, comme le souligne N. Badaoui, le Maroc pratique la diplomatie religieuse comme soft power en Afrique (p. 195), agissant en médiateur dans certains pays, investissant dans la construction de mosquées et des centres culturels islamiques. Le Maroc accueille et intègre des migrants africains, tout en encourageant la diaspora marocaine dans le continent (p. 196). R. Chkoundali regrette l’échec du dialogue social enTunisie. Les résultats du programme du « Pacte de Carthage » lancé en 2016 par le président de la République avec le patronat, les syndicats, des partis politiques et la société civile, ont été catastrophiques. Après des mois de blocage politique, le président Saïed s’est arrogé les pleins pouvoirs en 2021 et a imposé une nouvelle Constitution en 2022 (p. 112). Cette situation montre l’importance de la pérennité du dialogue social pour le développement économique et la stabilité politique (p. 114).
N. Badaoui conclut que comme les échanges culturels peuvent ouvrir la voie à des partenariats économiques, scientifiques, éducatifs et politiques plus étroits (p. 205), la diplomatie religieuse favorise le dialogue et la compréhension entre différentes religions, promouvant ainsi la tolérance et la coexistence pacifique.
La religion, à condition qu’elle soit respectueuse des autres croyances, peut être un moyen de coopération entre les nations (p. 204).






























