Les cahiers de l'Islam
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Mercredi 16 Juin 2021

"L’héritage de Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Sulamī À l’occasion du millénaire de sa mort

Appel à contributions : Colloque international : "L’héritage de Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Sulamī
À l’occasion du millénaire de sa mort"



Résumé

Durant près de quatre-vingt ans, les travaux d’édition ou de traductions mais aussi les monographies ou les études thématiques liées à l’œuvre de Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Sulamī se sont succédés à un rythme soutenu. Tour à tour historien, muḥaddith, exégète ou maître soufi, l’homme n’est pas facile à saisir, car il parle très rarement de lui-même. Mais son œuvre est une référence majeure pour l’étude et la compréhension du soufisme durant sa période fondatrice. Si son rôle à l’égard de celui-ci est de l’ordre de la synthèse, à certains égards son entreprise de collecte et de mise en ordre de l’enseignement des maîtres relève d’un travail de fondation, similaire à celui de Ṭabarī pour l’exégèse ou de Shāfi‘ī pour le droit. Ce colloque international, organisé à l’occasion du millième anniversaire de son décès, permettra de dresser un bilan de la recherche académique réalisée sur Sulamī,  son œuvre, sa postérité ou son influence sur le soufisme postérieur.

Argumentaire

Muḥammad b. Ḥusayn Abū ‘Abd al-Raḥmān al-Sulamī est décédé il y a exactement un millénaire cette année (3 novembre 1021). Pour tous ceux qui s’intéressent à la période fondatrice du soufisme, c’est une figure incontournable qui, à travers une œuvre abondante, a collecté, organisé et transmis les enseignements des premiers soufis. Héritier de l’une des familles savantes de Nishapour, à une époque où la métropole du Khurasan connaît une intense activité intellectuelle lui permettant de rivaliser avec Bagdad, ce personnage représente un maillon essentiel de l’histoire du soufisme primitif. Muḥaddith de formation et par tradition familiale, il apparaît comme un historien du soufisme rédigeant une histoire monumentale, Ta’rīkh al-ṣūfiyya, qui ne subsiste qu’à travers des citations d’auteurs postérieurs. Ses Ṭabaqāt al-ṣūfiyya constituent une histoire de la doctrine du soufisme à travers les enseignements de ses premiers maîtres, dans une tentative qui vise à unifier une spiritualité encore très largement dépendante des contextes locaux. L’ouvrage est complété par un opuscule exclusivement dédié aux femmes, qui pourrait être l’un des premiers du genre (Dhikr al-niswa al-muta‘abbidāt al-ṣūfiyyāt). Il compose par ailleurs un ensemble de textes liés aux pratiques des soufis, souvent cité sous le titre de Sunan al-ṣūfiyya, qui ne nous est pas parvenu. Certains des traités mineurs, en général organisés de manière thématique (samā‘, adab, rukhaṣ, etc.), pourraient représenter des fragments de cette ‘Somme’. Il est également exégète : ses Ḥaqā’iq al-tafsīr, complétées par les Ziyādāt, compilent l’une des premières exégèses composées exclusivement des paroles des soufis et couvrent la totalité du texte coranique, sans toutefois proposer des gloses pour l’ensemble de ses versets. Par ailleurs certains de ses ouvrages sont parmi les rares témoignages documentant des courants qui ont par la suite disparu ou ont connu des évolutions profondes, comme celui des Malāmatiyya ou la Futuwwa du Khurāsān. L’organisation de cette œuvre prolifique qui couvre l’ensemble des thèmes qui intéressent les soufis de son temps répond aux nécessités d’une époque dans laquelle les différentes sciences sont en voie de constitution, dressant la liste de leurs autorités, définissant leurs principes, affinant leur méthodologie et leurs finalités. Le soufisme entend bien occuper une place à part entière parmi les sciences de l’islam et cette œuvre contribue à préciser les contours de ce qui sera reconnu sous les appellations de taṣawwuf (pour désigner la science des soufis) et de ṣūfiyya (pour désigner les hommes qui la revendiquent ou s’y rattachent). Ces termes, à partir de l’époque de Sulamī, vont s’imposer pour désigner les diverses formes de spiritualité.

L‘œuvre est donc volumineuse et, fort heureusement pour nous, a bénéficié d’une large diffusion, si bien que la liste des titres qui nous sont parvenus avoisine la cinquantaine. Si elle est presqu’entièrement dédiée au soufisme, cette œuvre ne permet pas de percer facilement les liens de son auteur avec le soufisme. Sulamī fut-il lui-même un maître soufi? La question reste ouverte.

Abū ‘Alā’ al-‘Afīfī fut le premier à éditer un texte complet de Sulamī au Caire en 1945 avec la Risāla al-malāmatiyya. Texte dont R. Hartmann avait proposé une analyse dans un article pionnier (Der Islam 8, 1918). Les éditions suivantes de textes appartenant à son œuvre datent des années cinquante (M. J. Kister, F. Taeschner, N. Shurayba). Ce travail éditorial s’est poursuivi dans les décennies suivantes (J. Pedersen, P. Nwyia, E. Kohlberg, S. Ates, N. Zeidan)  Les travaux universitaires se sont accélérés à partir des années 90. La majorité des textes connus de Sulamī sont maintenant édités grâce en particulier aux efforts érudits de G. Böwering et de B. Orfali et à l’entreprise de publication des œuvres complètes de N. Pourjavadi (trois tomes édités et le quatrième sous presse) qui réunissent des textes édités, mais parfois peu accessibles, et d’autres édités pour la première fois. Des thèses ont été rédigées sur cet auteur (L. Berger, J.-J. Thibon, J. Welle, S. Z. Chowdhury et sans doute d’autres dans le monde arabe et iranien). Des articles nombreux ont abordé tel ou tel aspect de son œuvre (voir la bibliographie). Une importante activité de traduction a vu le jour, en français, en allemand, en anglais, en italien, en turc (R. Deladrière, R. E. Cornell, E. Biagi, F. Colby, K. L. Honerkamp, T. Bayrak, F. Langmayr, F. Skali, G. Sassi, G. Rizzo, D. Giordani, J.-J. Thibon). Cette liste n’est pas exhaustive mais permet d’apprécier le succès et le potentiel de recherches que constituent les œuvres de Sulamī et interroge également sur la contribution de ces textes à notre compréhension du soufisme en voie de formation.

Les contributions soumises aborderont les problématiques suivantes :
  1. Le contexte dans lequel cette œuvre est produite et la prise en compte des œuvres de ses prédécesseurs immédiats, Kālābādhī, Sarrāj, Muḥāsibī etc…
  2. Contributions à une meilleure connaissance de la vie de Sulamī et de son milieu
  3. L’œuvre de Sulamī marque-t-elle un tournant dans l’histoire du soufisme ?
  4. L’impact de son œuvre sur le soufisme ultérieur
  5. L’actualité de l’œuvre de Sulamī : Quel héritage ?
  6. Les questions de transmission : isnād-s, ijāzāt, samā‘āt
  7. Les pistes qui restent à explorer autour de l’œuvre de Sulamī 
 
 

Organisation du colloque

Ce colloque est organisé par le CERMOM et se tiendra dans les locaux de la Maison de la recherche de l’Inalco, 2 rue de Lille, 75007 Paris, les jeudi 9 et vendredi 10 décembre 2021.
 
Comité d’organisation : Jean-Jacques Thibon (Inalco (Paris)/CERMOM) ; Francesco Chiabotti (Inalco (Paris) /Cermom) ; Faezeh Bekhnaveh-Haller (doctorante/CERMOM) ; Nadir Boudjellal  (doctorant/CERMOM)
 
Comité scientifique : Leili Anvar (Inalco/CERMOM) ; Jean-Jacques Thibon (Inalco/CERMOM) ; Francesco Chiabotti (Inalco/CERMOM) ; Denis Gril (Amu/Iremam) ; Bilal Orfali (American University, Beyrouth); Nasrallah Pourjavadi (Université de Téhéran) ; Kenneth L. Honerkamp (University of Georgia) ; Jason Welle (Pisai, Rome)

Modalités de participation
Le CERMOM prend en charge les frais d’hébergement et de repas à Paris pendant la durée du colloque. Les frais de transport ne sont pas pris en charge par le colloque.
 
Les propositions de communication (titre et résumé, environ 1500 signes) accompagnées d’une courte présentation de l’auteur doivent être envoyées au plus tard le vendredi 25 juin 2021, à l’adresse suivante : nadir.boudjellal@inalco.fr
 
Une réponse sera donnée à la fin de ce même mois. Elles peuvent être rédigées en français, en anglais ou en arabe.
Une publication des actes est prévue

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