Les cahiers de l'Islam
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Thérèse Benjelloun Touimi
Thérèse Benjelloun Touimi est titulaire d'une maîtrise en philosophie ( Université de Lille, 1965),... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 7 Août 2020

L’amour et la poésie sur les chemins de transhumance. Leurs migrations entre mondes musulman et chrétien au Moyen Âge. (1er partie)



    Par Thérèse Benjelloun

 
Passant par la maison, la maison de Laylâ,
Je baise ce mur-ci, cet autre, et celui-là.
A trop aimer les murs perdrais-tu la raison ?
Non pas les murs, mon cœur : les gens de la maison.
Majnûn [1]
 

« Je suis tout à elle, sans aucune réserve ; elle peut me vendre ou me donner (…) »
Guillaume d’Aquitaine [2]
 
Heureux celui qui devient sourd
Au chant s’il n’est de son amour
Aveugle au jour d’après son jour
Ses yeux sur toi seule fermés
Heureux celui qui meurt d’aimer
Louis Aragon [3]

Nous avons dans ces amoureux un exemple à imiter.
En effet, Dieu n’a rendu ces êtres épris et ne les a éprouvés
dans l’amour qu’ils portent à leurs semblables que pour qu’Il apprécie,
par leur exemple, les arguments de celui qui prétend L’aimer et qui (pourtant) n’est pas
épris comme ceux-là dont l’amour a aliéné la raison et les a éteints à eux-mêmes,
à cause des marques de témoignages que leurs bien-aimés laissent dans leur imagination.
Ibn ‘Arabî [4]

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement monsieur frère Soleil,
lequel est le jour et par lui tu nous illumines.
Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très-Haut, il porte la signification.
Saint François d’Assise [5]

Ton Amour – désormais mon destin, ma fortune –
Pour l’œil de mon cœur s’est révélé splendeur
Je n’ai d’autre que Toi, qui du désert fais fleur
Ô Fête en moi, fermement établie !
Râbi’a al-Adawiyya [6]

 

Questions de migrations

     
      Dans un article consacré à l’influence probablement exercée par la poésie arabe sur celle des troubadours, et à plus lointaine échéance sur le développement des langues et de la culture romanes, un poète souligne le rôle central de la poésie pour l’identité arabe [7]. Les joutes orales connues de la foire d’Okazh, célèbres dès le IIIe siècle, « affermissent, identifient et consolident une langue arabe unique ». S’y ajouteront celles de La Mecque, d’un haut niveau littéraire, avec leurs Mouallaqat [8], quand, avant l’apport décisif de la langue coranique, Imru’l Qays fixe les codes linguistiques et poétiques de la qasida.
« Dès l’origine de la constitution d’une première identité, nous avons comme éléments principaux la langue d’une part et la poésie de l’autre »
     écrit Eric Brogniet, qui justifie l’importance de la parole dans le patrimoine culturel arabe par le milieu géographique et la précarité de l’existence nomade.

      Si la parole poétique chante alors l’univers qui l’entoure, où pérégrine et fait halte le nomade pour un nouveau départ, comme elle s’attache à l’honneur de la tribu et aux exploits de ses guerriers, elle se distingue aussi par la place qu’elle accorde à la fragilité humaine soumise aux aléas de l’existence et à la disparition. Relation au monde, elle est aussi ontologie. L’amour, et la femme qui en est à la fois fin et vecteur y trouvent un espace de choix.

      Après sa chute devant les Abbassides au VIIIe siècle, la dynastie omeyyade se concentrera vers l’Espagne musulmane et y réalisera son autonomie. Elle y développera sa culture qui peu à peu s’unira aux cultures locales pour s’accomplir dans la poésie arabo-andalouse culminant en particulier au XIIe siècle à Cordoue dans le Collier de la colombe d’Ibn Hazm et les formes raffinées de zajal (en dialecte) et muwashshah (en arabe classique) qui célèbrent la nature, l’amour et mettent la femme à l’honneur.

     Avec la multiplication des croisades du monde chrétien au Moyen-Orient et en Espagne, le développement des échanges humains et commerciaux entre Est et Ouest, Sud et Nord, les arts et la culture arabo-islamique se répandent subrepticement dans un monde occidental soumis à la brutalité des guerres et aux lois strictes de l’Eglise. En effet
     « Les croisés apprennent en Orient qu’il y a d’autres plaisirs que piller, violer et se battre, et qu’il y a une morale du guerrier indépendante des vertus religieuses : l’amour profane inspire la pitié pour les vaincus et le respect de la faiblesse humaine » [9] rapporte E. Brogniet.

      Aussi la relation aux femmes, en général considérées comme objets de désir brut, mais aussi comme défaillantes, dépendantes, instigatrices au mal, poursuivies par la conception biblique du péché originel qu’Eve aurait inspiré à Adam, peut-elle insensiblement se colorer, au moins dans les classes favorisées, instruites, des règles de bienséance (adab) et devenir, avec ce qui sera nommé plus tard amour courtois, un idéal à atteindre.

      La poésie des troubadours, largement éveillée par la poésie arabe et andalouse, se répandant en langue d’oc à partir du XIe siècle depuis la Cour d’Aquitaine pour émigrer avec les trouvères de langue d’oïl vers les pays du Nord et gagner la culture de l’Europe en voie de constitution, n’y serait pas étrangère. Quelles furent ses voies depuis l’Espagne musulmane ? Peut-on considérer sans nuances que la fin’amor (l’amour parfait en occitan), ‘traduite’ par les termes : amour courtois des siècles plus tard [10], retrouve et retrace les élans de l’amour udhri, la tribu des Banu Udhri témoignant que l’amour mène inévitablement à la mort par sa puissance même, sans qu’interviennent forcément des obstacles extérieurs ? Mettre en correspondance les amours de Perceval et de Blanchefleur avec les couples du Collier de la colombe, Qays et Layla avec Tristan et Iseut ou l’histoire devenue légendaire d’Héloïse et Abélard ?

      La transhumance poétique et amoureuse ne s’arrête cependant pas aux aventures aussi belles soient-elles, ni aux mythes qui dépassent l’événementiel. L’amour, tel qu’il est vécu et chanté par les spirituels musulmans – les gens du tasawwuf ou Voie soufie –, s’élève par degrés et se transforme depuis le désir charnel jusqu’à l’amour de Dieu. Ibn ‘Arabî l’Arabo-andalou[11] distinguait, au-delà de l’amour naturel qui cherche sa satisfaction personnelle, l’amour spirituel tourné vers soi et vers l’aimé, et le degré de l’amour divin où Dieu s’aime Lui-même à travers le monde, qu’Il a manifesté afin d’être connu et adoré en retour. L’aimé apparaît alors comme lieu de l’amour, ou du désir d’une union où l’aimé, l’amant et l’amour ne font qu’un[12].

      Cette migration de la ‘matière’ vers l’esprit, tenant au sens de l’alchimie se manifeste en poésie dans les années qui suivent la Révélation, et se répandent dès le VIIIe siècle[13] dans l’empire musulman. Trouve-t-elle un écho, et dans quelle mesure – dans cette part de la société occidentale pénétrée des règles de chevalerie et de l’héritage de la poésie arabo-andalouse ? non seulement dans les prolongements de ses mythes amoureux, mais aussi dans les élans mystiques de ses saints tels François d’Assise (XIIIe siècle), Jean de la Croix ou Thérèse d’Avila (XVIe siècle) écrivant leurs émois dans des poèmes, des œuvres inspirées ou composées sur commande[14] ?

L’héritage arabo-andalou de la littérature occidentale


      Les historiens du Moyen Âge ont eu tendance à favoriser, dans la naissance de la littérature romane vers les XIe-XIIe siècles, l’influence sans doute réelle du monde gréco-latin et de l’Eglise de Rome, en occultant les contributions qui étaient étrangères à leurs connaissances et à leurs préjugés intellectuels, mis en question par certaines entreprises orientalistes depuis le XIXe siècle – ou du moins par un attrait pour la culture arabo-musulmane. Nous ne nous y attarderons pas.

      On constate donc tardivement aujourd’hui – des réticences persistant – que la culture romane est aussi un héritage du monde arabo-musulman. Les travaux de Lévy-Provençal, Henri Pérès ou Charles Sallefranque parmi bien d’autres en ont apporté des relations probantes.

      Henri Pérès note qu’une véritable littérature autochtone naît en Andalousie vers la fin du Xe siècle, alors que, jusque là, elle se contentait de rivaliser avec la poésie arabe d’Orient. ‘Umar Ibn Chuhhaïd et Ibn Hazm en sont les précurseurs. Diwans et anthologies vont alors se succéder jusqu'au début du XIe siècle[15] .

      Les poètes andalous reprennent la plupart des thèmes traités par leurs prédécesseurs orientaux – la nature, la peinture des jardins, les fleurs, l’eau, la nuit… – mais ils leur transmettent une tonalité locale. Ils chantent la fraîcheur des vergers plutôt que le désert, s’approprient les thèmes floraux, les accentuent, leur donnent souvent place d’introduction au poème où s’épanouissent les métaphores, la femme aimée y devenant indissociable de la rose.

      La femme et l’amour y occupent, comme dans la poésie arabe, une place prépondérante connue par les zajals et muwashshah. De même la mort inéluctable est évoquée par les refus de la bien-aimée, les affres de la séparation souvent inévitable. La présence même de l’aimée fait craindre sa perte. Ainsi Abou Hafç Ibn Burd dit-il à celle qu’il va quitter :
     « Permets à mes yeux de trouver encore un viatique dans un regard sur ta beauté : Dieu sait si je te reverrai jamais plus ! » [16]

      C’est leur exploitation poétique qui distingue ces thèmes du lyrisme des Arabes d’Orient, l’intérêt porté sur un être ou l’accent mis sur tel ou tel aspect du monde. Or, on retrouvera les mêmes thèmes dans la poésie en occitan des troubadours qui naîtra quelques décennies plus tard alors que, en dehors des cantiques latins, il n’avait émergé tardivement en langage vernaculaire que des poèmes épiques, les chansons de geste retraçant les combats de héros relevant plutôt de l’historiographie. Il n’y est pas encore question des valeurs chevaleresques, qui apparaîtront plus tard, curieusement quand se répand l’épopée de ‘Antar[17].

      Si les zajals, répandus en Andalûs au XIIe siècle par Ibn Guzman en particulier s’inspirent des thèmes traités par la poésie des Arabes, ils en retiennent également la forme, tout en s’adaptant à la langue vernaculaire, comme le fera plus tard la poésie des troubadours. On la retrouve dans les poèmes de Guillaume IX d’Aquitaine, comte de Poitiers, ‘le premier troubadour’, comme dans les ballades courtoises qui vont leur succéder. De même, la forme poétique sinon la langue du muwashshah se glissera dans les tournures poétiques provençales[18].

      On se situe à cette époque en effet à un tournant linguistique et littéraire en Europe. Avec Guillaume de Poitiers – qui règne de 1086 jusqu’à sa mort en 1126 – apparaît, affirme Henri Pérès, « une poésie lyrique, entièrement nouvelle par sa forme et toute fondée sur l’amour et le respect de la femme, quand la société d’alors semble n’avoir pour ressorts essentiels que la force et la guerre »[19].

      Si les premières chansons – les poèmes étant alors chantés, soit par leurs auteurs soit par les jongleurs et ménestrels assurant un spectacle – de Guillaume IX sont monorimes, comme l’immense majorité des qasidas, une plus grande variété se fait jour au début du XIIe siècle, correspondant à des rimes entrecroisées avec rime isolée en fin de strophe formant refrain, répandues par les poèmes andalous. On identifie cette forme dans la dernière chanson connue du premier troubadour.

      Le déroulement des Croisades ne sera pas étranger à cette transformation qui va confirmer le passage en littérature des langues vernaculaires, langues d’oc puis d’oïl, aboutissant avec la domination plus tardive de celle-ci, pour des motifs essentiellement politiques, au roman qui donnera son nom à une forme littéraire d’ailleurs encore versifiée dans ses premières manifestations : les romans de Chrétien de Troyes. Les Seigneurs ramènent souvent de leurs expéditions des prisonniers et des captives, musiciennes et danseuses, et le voyage vers l’Orient ne se fait pas sans de longues escales ni sans s’accompagner de parties de plaisir. Au point que l’échec de certaines expéditions fut mis au compte du manque de sérieux des princes et seigneurs qui les entreprenaient, souvent pour obéir au Pape – il possédait encore une puissance incontestable en politique – et se racheter de fautes commises envers l’Eglise[10].

      Mais bien des échanges s’accomplissent plus tôt avec l’Espagne musulmane, les premières Croisades n’ayant lieu que tout à la fin du XIe siècle. Des voyageurs, artisans, commerçants, intellectuels, circulent de ville en ville, de cour royale en cour royale. Les poètes colportent eux-mêmes leurs poèmes afin d’en être rétribués. Ils sont même souvent chargés de mission diplomatique. Chanteuses-musiciennes sont invitées à rehausser les fêtes des nobles et des riches chrétiens. Des mariages se concluent entre chrétiens et musulmanes en Espagne et de chaque côté des Pyrénées, par inclination comme pour des raisons politiques : les cultures pérégrinent et se mélangent avec les déplacements des femmes et des hommes.

      Les guerres contribuent à ce mouvement. Guillaume IX participa à la première Croisade en Orient, mais aussi à des épisodes de la Reconquista. Son père avait déjà commandé la croisade de Barbastro pour répondre à l’appel du pape à combattre les musulmans en Espagne et ‘libérer’ la ville (1063), ce qui eut à l’époque un grand retentissement non seulement militaire mais également politique, économique et socioculturel. Plus tard Guillaume IX se maria avec la veuve du roi d’Aragon. Aussi les vicissitudes des guerres jouent-elles un rôle non négligeable sur le plan culturel, la domination des armes entraînant les ‘prises de guerre’ humaines et tout ce qu’elles portent de leur culture, les rattachant à leur racines comme aux caprices de leurs maîtres qui se révèlent en cela mécènes.

      Cette constante relation entre pays arabes d’Espagne et pays de troubadours n’anime pas que les régions limitrophes. Petite-fille de Guillaume IX, Aliénor d’Aquitaine entretient à Poitiers une Cour raffinée où elle aurait favorisé l’expression poétique des troubadours. Elle épouse successivement le roi de France Louis VII dont elle divorce, puis le futur roi d’Angleterre Henri II. Si elle eut un rôle politique mitigé, elle reste célèbre pour son tempérament décidé : c’est elle qui impose pratiquement à Louis VII de la répudier, chose impensable à l’époque, afin d’épouser Henri Plantagenet ; elle ne cesse d’intervenir dans les luttes entre ses enfants, dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre ; elle voyage à travers l’Europe jusqu’à un âge avancé, bien qu’elle ait passé quinze années prisonnière sous le règne de son second époux. Surtout elle apporte avec elle le faste et une culture jusque là inconnue : c’est vraisemblablement par son intermédiaire et celui de ses filles, en particulier Marie de Champagne, que la poésie occitane se transmet aux trouvères de langue d’oïl et migre vers le Nord et vers l’Est de l’Europe.

      La littérature en langue latine était née assez tôt en Grande-Bretagne, les récits en dialectes locaux se répandant par l’intermédiaire des bardes. Mais des apports continentaux se font nettement sentir à partir du XIIe siècle grâce aux trouvères qui suivent les déplacements royaux.

      En Allemagne on peut considérer qu’une littérature apparait en allemand vers le Xe siècle avec le Chant de Hildebrand. On retient deux siècles plus tard la Chanson des Niebelungen, avant de voir fleurir au XIIIe siècle une littérature de Cour sur le modèle de celle existant en France, répandant avec les légendes du roi Arthur les cycles des Chevaliers de la Table ronde, les mythes amoureux celtiques – Tristan et Iseut, peut-être traduit en français par un trouvère au XIIe siècle – et les exploits de Perceval et Lancelot. Les textes de Maître Eckhart seront écrits quelques décennies plus tard.

      En Italie la littérature en diverses langues régionales, parmi lesquelles le toscan va dominer, se développe également aux alentours de la même période. Elle s’enrichit d’apports romans et intègre les légendes nordiques. On situe en 1220 le Cantique des créatures de François d’Assise. Au cours du XIIIe siècle une poésie lyrique de haut niveau se développe en Sicile autour de l’amour courtois à la Cour de Frédéric II Hohenstauffen, qui s’entourait d’artistes arabes et de troubadours . Cherchant à assurer la domination de l’Empire allemand sur l’Italie il entre en lutte ouverte contre Rome et la Papauté. De ces hostilités émergera la langue italienne (le dialecte toscan, dit langue du si), et dès le XIVe siècle la poésie de Dante, Boccace et Pétrarque.

      On se tromperait en pensant que ces migrations s’opèrent sous influence, voire brusquement. Les idées rayonnent, rencontrent un terrain propice ; l’art et la poésie circulent, se répandent, d’autant plus vite et mieux que troubadours et trouvères pérégrinent, colportant leurs chansons, qu’ils nourrissent d’histoires circulant dans les campagnes et les châteaux, comme des événements vécus ou racontés. Ainsi se forgent peu à peu des langues littéraires et leurs œuvres, issues de sources multiples et largement liées à la poésie arabe d’Orient transhumant par l’Andalûs.

      Elles n’exprimeront plus alors la relation au monde née en Arabie, ni sa philosophie de l’être, mais une recherche esthétique réservée le plus souvent à une élite, et enracinant formes et thèmes venus d’ailleurs dans la culture de leur terroir.


Références

_____________________

[1] Le Fou de Layla. Le Diwân de Majnûn, traduit intégralement de l’arabe, présenté et annoté par André Miquel

[2] Les chansons de Guillaume IX d’Aquitaine, p. 130, v. 12

[3] Le fou d’Elsa, Gallimard NRF, 1963, « Le vrai zadjal d’en mourir », p. 422. Louis Aragon retourne aux sources arabes et andalouses de la poésie amoureuse.

[4] L’interprète des désirs, Albin Michel, Présentation et traduction de Maurice Gloton, 1996, p. 126

[5] « Cantique des créatures »

[6] Stétié, Salah, Râbi’a de feu et de larmes, Albin Michel, 2015, p. 49-50

[7] Brogniet, Eric, « L’influence des poètes arabes préislamiques sur la naissance de l’amour courtois chez les troubadours de langue d’oc », (en ligne), Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 2017. Disponible sur : www.arllfb.be

[8] Textes poétiques primés lors des concours et des joutes oratoires à La Mecque entre tribus et affichés aux parois de la Kaaba.

[9] Brogniet, Eric, idem. Il cite René Nelli, L'Érotique des troubadours, Toulouse, Privat, 1963 (réédité dans la collection 10/18, 2 tomes, 1974).

[10] L’expression amour courtois, qui a finalement été retenue, a été forgée en 1883 par Gaston Paris, qui s’appuyait d’une part sur les règles inhérentes à cet art de vivre, d’autre part sur deux vers attribués à Chrétien de Troyes (XIIe siècle) :
« Nul s’il n’est courtois ni sage
Ne peut d’amour rien apprendre. » .

[11] Ibn ‘Arabî est né à Murcie en 1165 et mort à Damas en 1240. Il est connu comme ‘le plus grand maître’ – Sheikh al-akbar – dans la Voie soufie. Il fut à la fois théosophe, juriste, poète, théologien, métaphysicien ...

[12] Ibn ‘Arabî, Traité de l’amour, introduction, traduction et notes de Maurice Gloton, Albin Michel, 1986.

[13] Les œuvres sont nombreuses. Parmi les premières on notera les poèmes de la Sainte de Bassora, Rabi’a al-Adawiyya (VIIIe siècle)

[14] Nous connaissons ces œuvres le plus souvent dans la mesure où elles ont été autorisées voire commandées par des autorités religieuses, ou répandues dans un souci pédagogique. On peut citer Le château intérieur ou Livre des demeures de Thérèse d’Avila, rédigé par obéissance ; le Cantique spirituel de Saint Jean de la Croix avec « explication des strophes qui traitent de l'exercice de l'amour entre l'âme et le Christ son époux : on y expose et on y explique quelques points et quelques effets de l'oraison à la demande de la Mère Anne de Jésus Prieure des Carmélites déchaussées du monastère de Saint-Joseph de Grenade. 1584 ».

[15] Henri Pérès, « La poésie arabe d’Andalousie et ses relations possibles avec la poésie des troubadours », L’Islam et l’Occident, ouvrage collectif, Cahiers du Sud, 1947 p. 107 à 130

[16] Cité par Henri Pérès, op. cit. p. 116

[17] ‘Antar est un poète préislamique, né d’un père libre et d’une mère esclave africaine – donc esclave lui-même. Il obtient son affranchissement par sa valeur au combat, mais échoue dans un premier temps à obtenir la main de sa cousine Abla qui l’aime et dont il est amoureux, en raison de son origine sociale et de sa couleur de peau. Il s’obstinera pourtant et ses exploits guerriers lui permettront d’avoir finalement gain de cause.

[18] Brogniet, Eric, op. cit.

[19] Henri Pérès, op. cit. p. 120. Cette rusticité des mœurs est encore bien visible chez Guillaume d’Aquitaine dans ses rapports aux femmes et dans les premiers romans, ceux de Chrétien de Troyes.

[20] Ce fut par exemple le cas de Louis VII et de son épouse Aliénor qui durent se racheter de fautes personnelles et politiques, mais n’arrivèrent peut-être même pas ensemble jusqu’en Asie en raison de leurs escapades familiales et ‘touristiques’ et de leurs conflits conjugaux.


 


Bayâd chante en s’accompagnant du ‘oûd. Histoire de bayâd et riyâd al andalus wa al maghreb. Histoire d’amour arabe
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