Les cahiers de l'Islam
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Vendredi 24 Octobre 2014

[Communiqué de presse] - M. Meziti : du statut de "professeur" à intégriste d'apparence



Communiqué suite à la conférence de Presse  organisée par le MRAP - Mouvement contre le racisme et pour l'Amitié entre les peuples- et  la LDH -  Ligue des Droits de l'Homme (Mercredi 22 octobre 2014 à Paris).

M. MEZITI, enseignant contractuel depuis 2000 au sein de l’Académie de Nantes, titulaire d’une maîtrise  « Mention Très Bien »  ainsi que d’un doctorat de l’université Paris Sorbonne, il a toujours confirmé ses compétences dans la discipline et la fonction pédagogique qu’il exerce. Comme l’attestent ses états de service et ses notations administratives, c’est un enseignant qui a donné  entière satisfaction depuis son arrivée au sein de l’Education Nationale.
 
Ayant été au concours réservé du CAPES en 2013,  il est devenu professeur certifié stagiaire. Comme les années précédentes, durant l’année scolaire 2013/2014, M. MEZITI a apporté entière satisfaction dans ses fonctions, comme en atteste le rapport du chef d’établissement et du tuteur qui ont préconisé sa titularisation.
 
En l’espèce, lors du déroulement de son stage, M. MEZITI a  fait l’objet d’un traitement discriminatoire, au titre de sa vie privée et de ses convictions religieuses, de la part d’un membre du corps d’inspection de l’Académie de Nantes.
En effet, le 16 octobre 2013, M. MEZITI a fait l’objet d’un entretien avec l’inspectrice de l’Académie de Nantes, qui a procédé à un véritable réquisitoire ne relevant pas de l’évaluation de ses aptitudes professionnelles. Les questions portaient en effet sur la vie privée de M. MEZITI, de la scolarisation de ses enfants, le lieu exacte de leurs établissements respectifs …. Cette inspectrice a indiqué avoir fait des recherches  sur les implications intellectuelles de M.MEZITI.
L’inspectrice l’a, en outre, interrogé sur sa conception de la laïcité et a mis en cause les convictions de ce dernier.
Informée des engagements personnels et de l’appartenance de M. MEZITI à la communauté musulmane, l’inspectrice s’est apparemment contentée d’orienter son évaluation professionnelle autour de la religion de M. MEZITI, violant ainsi l’article L. 1132-1 du Code du travail.
 
Monsieur MEZITI a contesté les agissements discriminatoires de l’inspectrice auprès de l’Académie de Nantes, sollicitant un nouvel entretien avec ladite inspectrice. Non seulement sa hiérarchie n’a rien fait pour faire cesser cette dérive discriminatoire mais elle a protégé la dite inspectrice qui a procédé
elle-même à la désignation d’un autre inspecteur qui a rédigé le rapport final préconisant sa non titularisation
Pour avoir signalé à sa hiérarchie ces faits de discrimination, Monsieur MEZITI a subi des inspections  répétées.
 Le 16 octobre 2013, le 31 mars 2014 et le 26 mai 2014, M. MEZITI a fait l’objet de visites répétées au cours de ses horaires d’enseignement, alors même que son stage avait donné entière satisfaction à son tuteur et au chef d’établissement.
Le  7 juillet 2014, il s’est vu refuser son admission au certificat d'aptitude au professorat du second degré par le Recteur sans respecter la réglementation en vigueur écartant l’avis du chef d’établissement et du professeur tuteur préconisant la titularisation de M.MEZITI.
Monsieur Kamel MEZITI a publié le 12 septembre 2013 un ouvrage intitulé « Dictionnaire de l’islamophobie »,  qui semble être au cours du traitement subi par M. MEZITI de la part de cette inspectrice qui a mené une enquête sur les implications intellectuelles de l’initiative.
Le Recteur, les deux Ministres de l’Education Nationale ainsi que le Président de la  République alertés n’ont guère été sensibles à cette discrimination liée à l’engagement et  l’appartenance confessionnelle de Monsieur MEZITI. La mesure discriminatoire prise à son encontre doit cesser conformément au droit et eu égard  à la qualité de travail qu'il a fourni pendant plus de 13 ans auprès du Ministère de l'éducation.

Cette discrimination institutionnelle est inacceptable et nous apprenons en date du 21 octobre 2014 le rejet du recours gracieux par le recteur de l’académie de Nantes. De plus  Le ministère de l’éducation nationale fait une proposition d’une quatrième inspection « neutre » par un inspecteur général,  Suggérant que les 3 inspections répétées ne l’étaient pas ! 
Nous demandons que le droit soit rétabli et que sa titularisation lui soit accordée
 

Lors de la conférence du MRAP et de la LDH
Lors de la conférence du MRAP et de la LDH
Voilà comment je suis passé de statut  de "professeur" à  intégriste d'apparence.
 
Enseignant depuis 2000, tout allait bien jusqu’à la publication de mon dictionnaire de l’islamophobie ….une bombe à retardement.
Alors que je suis en classe avec mes élèves et que tout se passe bien une inspectrice de l’Education Nationale vient me rendre visite  d’une façon peu professionnelle (quelques jours après la sortie de mon livre).
Après la classe elle procède  à un véritable réquisitoire à mon encontre …

L’inspectrice : « Avez-vous des enfants ? »
Moi : Oui
L’inspectrice : (les enfants) «  Sont –ils scolarisés ? »
Moi (avec étonnement) : oui pourquoi ?
L’inspectrice  avec insistance « Quels  sont leurs établissements » (le nom, le lieu…)
Moi : Pourquoi ces questions  sur ma vie privée ? Vous procédez ainsi avec tous les enseignants ?
L’inspectrice : J'ai fait des recherches sur vous ; vous savez Kamel MEZITI, il y en a des choses sur vous, il suffit d'aller sur Internet. "  
Elle continue son réquisitoire et me demande « Mais vous pensez quoi de la laïcité ? »
Moi, abasourdi  je lui réponds.
 
L’inspectrice « Ouf me voilà rassurée ! Car  il faut être vigilant,  j'ai déjà dû virer un professeur pédophile" !
 
Ne pouvant accepter cette comparaison humiliante, ses suspicions  et ses amalgames, je signale aussitôt la dérive de cette inspectrice à ma hiérarchie et depuis c’est le début de l’inimaginable ………

​Appel de soutien

La laïcité bafouée
Discrimination fondée sur l’appartenance religieuse d'un professeur
 
Le 16 octobre 2013, Monsieur MEZITI enseignant depuis 2000 a reçu la visite d’une inspectrice qui s’est livrée à un véritable réquisitoire sur sa vie privée et ses convictions
religieuses qui relèvent de la sphère intime.  


Elle a explicitement indiqué  avoir fait des recherches sur ses implications.
De plus, Madame L’inspectrice a émis des suspicions quant à sa compatibilité avec la laïcité  en s’exclamant après ses réponses  « Ouf me voilà rassurée !».
Comment un entretien qui se devait d’être un entretien professionnel a-t-il pu dériver de la sorte ?
 
Le manque d'objectivité et de professionnalisme dont a fait preuve l'inspectrice de l'Académie de Nantes est tout bonnement inadmissible. Cette personne est sortie de ses prérogatives professionnelles. C’est une violation manifeste de la laïcité et de la  loi.
 
Pour avoir signalé à sa hiérarchie cette dérive, Monsieur MEZITI a subi des inspections répétées  et  le 7 juillet 2014, il s’est vu refuser son admission au certificat d'aptitude au professorat du second degré par le Recteur.
 
Cette mesure, complètement dénuée de bon sens et de motivations objectives, va à l'encontre des dispositions de l'article L 1131-1 du code du travail qui prohibe notamment toute mesure instituant une discrimination directe ou indirecte à l'encontre d'un salarié.
 
Comme l’attestent ses états de service et ses notations administratives,  c’est  un enseignant ayant donné entière satisfaction depuis son arrivée au sein de l’Education Nationale.
 
Il apparaît manifestement qu’après la publication de son dernier ouvrage le « Dictionnaire de l’islamophobie » en septembre 2013,  il  paye le prix de son engagement intellectuel et citoyen.
 
N'est-ce pas là une entorse aux principes républicains et au respect des libertés fondamentales de chaque citoyen ?
La discrimination,  dont il a été victime, ne peut être passée sous silence et constitue une violation manifeste des valeurs républicaines.
 
Notre République engagée dans le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut tolérer de tels agissements. L'inspectrice de Nantes ainsi que ses collègues en tant que représentants de l'Etat français, se doivent de respecter les valeurs de la France et d'être à l'image de ce que prône notre pays.
Le Recteur, les deux Ministres de l’Education Nationale  ainsi que le Président de la République alertés n’ont guère été sensibles à cette discrimination liée à l’engagement et l’appartenance confessionnelle de Monsieur MEZITI.
 
La mesure discriminatoire prise à son encontre doit cesser conformément au droit et eu égard à la qualité de travail qu'il a fourni pendant plus de 13 ans auprès du Ministère de l'éducation nationale. Nous demandons que le droit soit rétabli et que  sa titularisation lui soit accordée. 

​Premiers Signataires

Rokhaya DIALLO, Militante associative, journaliste,
Raphaël LIOGIER, Sociologue et philosophe, Professeur des universités, Sciences Po Aix, Collège international de philosophie (Paris),
Pascal BONIFACE, Géopolitique
François BURGAT, Politologue
Jean BAUBEROT, Professeur émérite (chaire de sociologie et histoire de la laïcité) 
Bariza KHIARI, Sénatrice,
Virginie MARTIN, Politologue,
Alain GRESH, Journaliste,
Nadia BEY,  Présidente  de l’association des « Sans Voix »,
Pierre MAIRAT, Avocat,
Siham SOUID, Chargée de mission au Ministère de la Justice, chroniqueuse au Point
Samuel GRZYBOWSKI, Président de COEXISTER,
Jean-Marc GUERECHEAU, Secrétaire Général FO Lycées Collèges72,
Ralph BENAROSH, Avocat retraité,
Nihat SARIER, Président de la Plateforme de Paris,
Fayçal MEGHERBI, Avocat,
Abdallah ZEKRI,  Président de l’Observatoire National Contre l’islamophobie Membre du bureau  exécutif du CFCM,
Mohamed MECHMACHE, Président de l’Association ACLEFEU
COJEP INTERNATIONAL, ONG à statut consultatif auprès du Conseil de l’Europe, de l’ONU et de l’UNESCO,
Humeyra  FILIZ,  Représentante de l'EMISCO  auprès du Conseil de l'Europe,
Samy DEBAH, Président du CCIF,
Alice DULA, Enseignante retraitée, militante CFPE (Collectif Féministe pour l’Egalité)
Marwan MOHAMMED, Chargé de recherche au CNRS,
Said BRANINE, Journaliste, Rédacteur en chef  d’Oumma.com,
Abdellali HAJJAT, Maître de conférences en sciences politiques (ISP),
Eliane BENAROSH, Consultante,
Maurice BUTTIN, Avocat Honoraire à la cour,
DEMIR, Directeur de La Rédaction de ZAMAN France,
Alima BOUMEDIENNE, Avocate, ancienne parlementaire,
Huê TRINH NGUYEN, Journaliste Rédactrice en Chef SalamNews,
Madjid Si HOCINE, Médecin, coordinateur de l’Egalité d’Abord,
Anissa MEZITI, Jeune Ambassadrice de l’UNICEF, Présidente de l’Association Agir Contre le Racisme (ACR),
Kamel KABTANE, Recteur de la Mosquée de Lyon,     
Djelloul SEDDIKI, Docteur en sociologie, Directeur de l'Institut de Théologie El Ghazali de la Grande Mosquée de Paris,
Sophie GUERECHEAU, Professeur certifié,
Patrick LOUKIANOFF, Professeur certifié,
Marie-France AMAND, Professeure certifiée,
Patrice DROCHON, Cadre Support Technique et Développement Electronique,
Sophie VENARD,  Professeur documentaliste,
Stéphane BOUCHER, Informaticien  





1.Posté par Fadeau Lamartine le 07/11/2014 11:38
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