Jeudi 15 Aout 2013

[Le Monde] - Egypte : l'armée a aussi écrasé la démocratie naissante

par Christophe Ayad ,



Les islamistes ne sont pas les seules victimes de l'assaut donné mercredi par les forces de sécurité contre les deux "sit-in" de militants pro-Morsi, au prix, semble-t-il, de plus de 230 morts selon des bilans encore provisoires à l'échelle nationale. Les libéraux ont été politiquement laminés par le choix du tout-sécuritaire qui a prévalu. Mohamed El-Baradei l'a bien compris, en donnant sa démission mercredi, en milieu d'après-midi.
Jusqu'au bout, le Prix Nobel de la paix 2005 a lutté pour arracher une solution pacifique au sein du gouvernement de transition installé après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi. Mais les "sécuritaires", dont la ligne est incarnée par le chef d'état-major et ministre de la défense, Abdel Fattah Al-Sissi, l'ont emporté.
sur la place Nahda au Caire

RETOUR EN ARRIÈRE

C'est un terrible retour en arrière, à commencer par la mise en place du pire symbole des années Moubarak : l'état d'urgence, en vigueur pendant les trente ans de règne de l'ex-raïs, qui a été réinstauré pour une durée d'un mois. Il donne le droit à l'armée d'arrêter et de juger des civils. C'est une négation de tous les acquis de la révolution de janvier 2011.

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