Samedi 9 Aout 2014

[Courrier international] Qui osera encore critiquer Tsahal ?


Des roquettes qui peuvent atteindre le nord d'Israël et des tunnels par dizaines : face à la puissance grandissante du Hamas, la société israélienne s'unit derrière son armée. Et gare aux voix dissidentes.



Dessin de Bertrams (Pays-Bas)
"Israël va remporter cette guerre, ça ne fait aucun doute. La vraie question, c'est de savoir quel genre de société israélienne va émerger de ce conflit." Ces paroles amères sont d'Etgar Keret, auteur israélien primé et reconnu, qui mesure à présent à quel point "ses paroles ont un coût", observe Bloomberg Businessweek . Depuis la parution, fin juillet,d'un texte dans le journal Yediot Aharonot et dans le magazine New Yorker , "il a été inondé de mails critiques et injurieux". "Certains lecteurs me disent que, même s'ils adorent mes livres depuis des années, ils les trouvent désormais répugnants", raconte-t-il au journaliste de  Bloomberg.

Dans cet article, Keret relève l'omniprésence en Israël du slogan "Que l'armée gagne". Autocollants, graffitis, réseaux sociaux, manifestations, il devient un "mantra". Au-delà de la cohésion, explique l'écrivain, ce slogan révèle la guerre à l'œuvre contre "l'ennemi intérieur – celui qui pense différemment" – et suppose que certains en Israël empêchent l'armée de gagner "en remettant en question l'objectif et le bien-fondé de cette guerre".

Une société unie par la peur

Les tensions au sein de la société israélienne ne datent pas d'hier. Mais la force de frappe du Hamas – la portée de ses roquettes et la multiplication de ses tunnels –  a grandi. Et, avec elle, la peur des Israéliens et la nécessité de s'unir derrière leur armée. D'après un sondage de l'université de Haïfa publié le 31 juillet, plus de 90 % des Israéliens juifs soutiennent l'opération terrestre à Gaza, relateBloomberg Businessweek . "Et la moitié des sondés se disent 'd'accord' ou 'complètement d'accord' avec l'idée que les manifestations civiles contre l'armée devraient être interdites en temps de guerre."

Pourtant, reprend Keret, "dans l'hypothèse où tous les combattants du Hamas seraient éliminés, qui peut réellement croire que l'aspiration du peuple palestinien à l'indépendance disparaîtrait avec eux ? [...] L'armée israélienne peut remporter des batailles, mais seul un compromis politique pourra garantir la paix et la tranquillité aux citoyens d'Israël. Mais ça, pour le pouvoir patriote qui régit cette guerre, nous ne sommes pas censés le dire, parce que c'est précisément ce qui empêche les Forces de défense d'Israël [FDI] de gagner la guerre."

Lire la suite de l'article sur le site de Courrier international.


Nous vous proposons ci-joint une revue de presse photographique sur la situation à Gaza.



A Palestinian man holds a girl injured during shelling at a U.N.-run school sheltering Palestinians, at a hospital in the northern Gaza Strip on July 24, 2014. Alessio Romenzi for TIME

Survivants palestiniens après des bombardements israéliens. Agoravox photo.

Credit: Siegfried Modola/Reuters. Israeli soldiers mourn during the funeral of their comrade Lt. Hadar Goldin in Kfar Saba, near Tel Aviv, on August 3, 2014. Goldin's death in Gaza is prompting some in Israel to question their military's controversial Hannibal Doctrine.

Mohammed Salem/Reuters

A Hamas rocket is fired into Israel. (Photo: AP)



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