Samedi 12 Janvier 2013

Conclusions de la conférence internationale d'Oman sur les théories du Fiqh (avril 2012) Partie 1/2


Cette onzième édition organisée par le ministère Omanais des affaires religieuses avait pour titre «L'évolution des sciences juridiques ». Cette conférence avait pour objectif d'étudier les théories et systèmes du Fiqh sous différents aspects. Les discussions et les rapports écrits ont été divisés en plusieurs sessions. Chacune d'entre elles a examiné un certain aspect incluant, entre autres, les origines de la jurisprudence islamique et l’émergence des théories morales, l'histoire du Fiqh, les Usulis (méthodologie) et théorisation des écoles de Fiqh, les différentes théories du Fiqh...



Il y a quelques mois le ministère des habous (1) et des affaires religieuses d'Oman a conclu sa conférence annuelle des sciences de jurisprudence islamiques qui s'est tenue au mois d'avril 2012 dans la ville de Muscat. Quatre jours de discussions sur le thème «théories et systèmes de jurisprudence». Cet évènement a réunit plusieurs spécialistes émanant du monde entier avec des savants de renom tels que le Cheikh Ahmad Hamad ibn Al Khalili, le mufti d'Oman, le Dr 'Ali Jum'ah, le mufti d'Egypte, le Dr Wahba Az Zuhaili, un juriste réputé et chef de l'association des chercheurs d'Ash Sham, le Dr Nuru Din A-Khamidi, le ministre des affaires religieuses de Tunis, le Dr Hasan Ash-Shafi, un chef de l'Académie de la langue Arabe au Caire. 


La nécessité pour les chercheurs qualifiés

Dans son discours d'ouverture, le Mufti d'Oman, le Cheikh Al Khalili, a mis en exergue le besoin impérieux de former et de faciliter l'émergence de chercheurs qualifiés en Fiqh qui soient capables de comprendre la Shari'a (2) et être en mesure de fournir des solutions basées sur cette dernière.
 

Il a également affirmé l'importance de la maîtrise de la langue arabe dans le processus de création du Fiqh. Il a déclaré: «L'arabe était une langue locale jusqu'à ce que Allah l'ait choisit pour véhiculer sa parole (c'est à dire le Coran) faisant de celle-ci une langue universelle que tous les musulmans se doivent de chérir».

Il a poursuivi son discours en précisant qu'une compréhension correcte de la langue arabe était primordiale afin de saisir le Coran et la Sunna (3) qui sont les bases permettant d'établir les objectifs de la Shari'a.


La signification du Fiqh

Il est important de distinguer le «Fiqh» des «savants du Fiqh». Beaucoup de personnes peuvent confondre le sens et le rôle des sciences de la Shari'a qui sont interdépendantes. Cependant chaque science de la Shari'a a sa propre définition, son rôle et son objectif.
 

Le mufti égyptien, le Dr 'Ali 'Jum, a précisé : « L'un des sens du Fiqh est de comprendre des choses subtiles... Et nous avons besoin de comprendre les sources de la Shari'a, les opinions de Fiqh des illustres mujthahid (4) à travers les âges, mais également de comprendre la réalité actuelle qui varie en permanence, avec toutes ses facettes (évènements, choses, personnes, pensées et systèmes).»
 

Il a rappelé la nécessité de mettre en corrélation les sources de Fiqh avec notre environnement quotidien pour atteindre les objectifs de la Shar'ia et servir l'intérêt des gens.


Le Fiqh et le printemps arabe

Le Dr Wahbah Az-Zuhaili a évoqué, dans son discours d'introduction, les révolutions qui secouent le monde arabe depuis plus d'un an. Selon lui, les conclusions de cette conférence ainsi que celles des précédentes conférences doivent se traduire dans les faits sous forme de lois et ne doivent pas être conservées sur des étagères. Il a ajouté que tous les présidents arabes avaient fait la sourde oreille à ses conseils sur ce sujet, «comme si les règles islamiques appartenaient à l'histoire».

Le Dr Az Zuhaili a continué son discours en soulignant qu'au regard d'une civilisation raffinée, la modération et la protection des droits de l'Homme, quelque soit son affiliation ou sa religion, sont mieux atteints à travers l'islam qui garantit la justice pour tous.


Développement des théories de Fiqh

Le Fiqh a évolué à travers l'histoire pour faire face aux circonstances de temps et de lieu. Le Fiqh est passé par différentes phases successives comme la création et la compilation, puis celles de l'édition et de l'annotation, par la suite celles d'abréger et de catégoriser et enfin celles de la théorisation et la codification.
 
 

En vue de faire converger le Fiqh et le droit positif dans de nombreuses méthodes et études contemporaines, et afin de rendre facile l'étude du Fiqh au sein des études contemporaines, de  nombreux chercheurs se sont focalisés sur des formulations de théories générales incluant les principes régissant la production de règles "fiqhi" et les approches "fiqhi" liées à des questions émergentes.
 

Une théorie du Fiqh peut être définie comme «un thème fiqhi composé d'un certain nombre de sujets de fiqh et de questions représentés par des éléments tels que la décision, les conditions préalables et les composants de base qui partagent une relation thématique unificatrice».
 
 


Photo et traduction de l'article de Muhammad Fathi pour le site onislam.net  (avril 2012) :
http://www.onislam.net/english/shariah/contemporary-issues/interviews-reviews-and-events/456538-fiqh-theories-and-systems-in-oman-conference.html
 
 

(1) Habous : Domaine de la législation foncière (privée ou publique) dans le droit islamique.
 

(2) Shari'a : Loi islamique qui régit les aspects privés et public de la vie d'un musulman
 

(3) Sunna : Ensemble des paroles, approbations, condamnations et gestes du Prophète Muhammad. La Sunna est la deuxième source de Shari'a après le Coran
 

(4) Mujtahid : Savant qui pratique l'interprétation des textes de référence en Islam.




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