Les cahiers de l'Islam
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Samedi 12 Septembre 2015

Mohamed Talbi : Le Vrai islam, c'est la modernité, la liberté et la raison! (Jeune Afrique)



Mohamed Talbi : Le Vrai islam, c'est la modernité, la liberté et la raison! (Jeune Afrique)

Dans Jeune Afrique de du 20 au 27 juillet 2014, vous y trouverez une rencontre émouvante, sous forme de "testament", de Mohamed Talbi. Promoteur d'une lecture vectorielle du Coran et auteur de Ma religion, c'est la liberté, M. Talbi reste fidèle à lui-même, n'hésitant pas : à remettre en question les idées-reçues sur l'islam (chez les musulmans eux-mêmes), à affirmer la primauté du texte coranique sur tout autre texte dans la tradition islamique, à dénoncer (ce que Fazlur Rahman -m.1988- appelait) l’« idolâtrie du patrimoine islamique », etc. M. Talbi fait partie, avec M. Arkoun (m. 2010) et d'autres, de ceux qui se sont fixés pour tâche de questionner « l'impensé et l'impensable dans la pensée islamique » (Arkoun) et de poser les jalons pour un renouveau véritable de l'épistémè islamique.


                    «  Celui qui ne trouve pas ses repères en islam, qu’il en sorte ! »(M. Talbi)

Quelques réflexions extraites de l'interview

Etre musulman : M. Talbi pense qu'être musulman c'est « être conditionné ». Il s'agit, selon lui, d'une « vérité que l'on ne peut nier ». Mais ce n'est pas tout, il ajoute « on est condamné à être ce que l'on est. C'est une sorte [l'islam] de code génétique. Vous me direz, est-ce qu'on est libre dans ces conditions? Non. Est-ce qu'on devient libre? Oui, on le peut. Mais on ne le devient pas forcément. Pensez à tous ces automates commandés par leur naissance et qui ont des convictions en béton, au point de tuer [...] ».

Etre musulman sans pratiquer, est-ce possible? : Talbi répond par la négative. Pour lui, « l'islam est foi et pratique. Quitter la pratique, c'est quitter la foi »... Il faut distinguer, d'après lui, le fait de ne pas pratiquer par principe et renoncer à la pratique par faiblesse : « Si l'on ne pratique pas par omission ou par faiblesse, cela veut dire qu'on croit encore aux obligations. Cette désobéissance est censée être provisoire. Cependant, si l'on ne pratique pas par principe, il s'agit d'un rejet ». Mais, « une pratique réduite à un rituel sans spiritualité n'est pas l'islam.... ».

La liberté religieuse : Talbi rappelle, un point qui lui paraît essentiel, que « du temps du Prophète, il y avait des juifs et des chrétiens. Muhammad n'y voyait pas d'inconvénient. On ne l'a jamais vu courir dans les rues armé d'un gourdin, demandant « qui est chrétien ? » pour asséner des coups. C'est le conservatisme arabe qui a triomphé en la matière, et on a attribué cette dérive à l'islam ». En plus de cela, pour l'auteur « l'islam est né laïc ». Pour soutenir ce propos il convoque le verset coranique « Nulle contrainte en matière de religion » et souligne « le Coran est le seul livre sacré qui dise cette phrase, si claire, si laïque. Chacun pratique la religion qu'il veut. [...]  ».

Se référer au texte coranique :  ne signifie pas selon lui que l'on ne puisse pas « faire évoluer ses obligations ». Au contraire de cela, il rappelle que le Prophète lui-même avait modifié certaines dispositions durant les vingt premières années, en disant « celle-ci est bonne » ou bien « aujourd'hui, je vous donne une meilleure recommandation ». La lecture du Coran doit être vectorielle. D'ailleurs, le mot « charia » n’existait pas à l’époque. On utilisait le mot « hidaya », « orientation ». Et l’orientation est dynamique par définition. Il est dit : « Le Coran oriente vers ce qui est le plus droit. ». Dans la vie humaine est toujours à parfaire et il faut tenter d’aller vers le plus droit, selon son époque et son temps. ».

Critiquer le texte Coran : pour Talbi, s'il est possible de porter un jugement critique sur l'islam, « le regard qui prétend que le Coran n'est pas vrai, ou qu'il n'est pas authentique, n'est pas admissible. A partir du moment où l'on déclare l'irrecevabilité de la révélation, on cesse d'être musulman. Parce que l'islam commence avec cette phrase: « Ceci est le Livre qui ne souffre aucun doute ». Le musulman est celui qui ne doute pas du Livre. […] Vous pouvez être en désaccord, dire que ce texte est écrit, fait de fragments, a été forgé au cours de l’Histoire, etc. Vous êtes libre de quitter l’islam. Je recommande même à qui se sent mal à l’aise dans cette religion ou doute de la révélation de ne pas être musulman. Celui qui ne trouve pas ses repères en islam, qu’il en sorte ! ».

Etc. Les sujets traités au cours de cette rencontre sont nombreuses et la pense de M. Talbi donne à réfléchir sur l'islam, ses sources, son histoire, son actualité... A vos kiosques. Jeune Afrique, N° 2793, semaine du 20 au 27 juillet, pp.34-39.
 


Présentation de ce numéro par la rédaction de jeune Afrique

À 93 ans, le doyen de la pensée critique musulmane s'est livré à "Jeune Afrique" dans une grande interview où il dévoile la face avant-gardiste de l'islam et dénonce le jeu de tous ceux qui veulent l'instrumentaliser à des fins politiques. 

Saisissante, avant-gardiste... L'interview de l'islamologue tunisien Mohamed Talbi est un moment fort du prochain numéro de Jeune Afrique (N° 2793, du 20 au 27 juillet). L'auteur de "Ma religion, c'est la liberté" (Nirvana, 2011) n'en démord pas : le Coran est porteur de modernité et de rationalité, mais son message a été gravement altéré par les hadith et la charia.

En éternel ennemi du wahhabisme et du fondamentalisme, il dénonce l'intention des islamistes d'instaurer des dictatures théocratiques. "Le malheur des musulmans a commencé à partir du moment où ils ont élaboré une loi islamique au profit de despotes désireux avant tout de commander et de pouvoir tuer légalement. La charia n'est rien d'autre que cela", assène-t-il.

L'islam est né laïc. "Nulle contrainte en matière de religion. Le Coran est le seul livre sacré qui dise cette phrase, si claire, si laïque", poursuit-il. Chacun pratique la religion qu'il veut. L’État n'a pas à s'immiscer dans les affaires religieuses. Il a une seule fonction: créer une atmosphère de paix pour tous.

À propos du terroriste qui invoque des convictions musulmanes, Talbi estime qu'il n'agit que par agressivité et que toute agressivité est à condamner. "Il ne s'agit même pas de religion. Aucun Dieu ne dit de porter atteinte à la vie de l'autre. En l'occurrence, il s'agit simplement de défendre le droit à la vie. Ceux qui prétendent que l'islam est violent se trompent", dit-il.

Apostasie, laïcité, polygamie...d'autres questions sensibles ont été tirées au clair, arguments à l'appui, dans cette grande interview à lire absolument.





1.Posté par Mohamed redha le 11/02/2016 13:08
Chacun va à dieu par le chemin qu il lui semble bon

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