Les cahiers de l'Islam
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Samedi 18 Janvier 2014

La question des « minorités » dans le monde arabo-musulman : le cas des discriminations raciales

Par Mahmoud Husein, militant associatif



La thématique des minorités ethno-raciales loin d’être périphérique dans les défis qui se posent aujourd’hui au monde arabo-musulman, peut permettre de mesure la distance entre les discours vagues, parfois purement rhétorico-opportunistes sur les droits et le respect de la dignité humaine en climat islamique. Combien de fois sur les chaines satellitaires il est possible d’entendre tel prédicateur louer la place élevée qu’accorde, par exemple, la révélation coranique au respect de la dignité humaine, ou encore d’écouter tel leader politique nier l’existence même de stéréotypes essentialistes à l’égard d’une « minorité » donnée dans le monde arabo-musulman. Entre ces deux types de discours et la réalité des faits - les faits sont têtus, disait Lénine- il y a le combat et l’action de certaines organisations pour amener à une réelle prise de conscience, dans les sociétés arabo-musulmanes.
Nous recensons ci-dessous plusieurs articles en lien avec cette thématique. Ces articles montrent que les mêmes questions se posent aux sociétés occidentales et arabo-musulmanes sur le rapport aux minorités, sur la lutte contre les discriminations, etc.

Mais la notion de « minorité » étant problématique en soi, on consultera avec intérêt Pierre Guillaume, Minorités et états (PU Bordeaux, 1995) pour en saisir ses nuances.
La question des « minorités » dans le monde arabo-musulman : le cas des discriminations raciales

Arabie saoudite : “Les Noirs volent et pillent”


Dans la presse saoudienne, les propos racistes contre les immigrés abondent.

“Dans les villes et campagnes saoudiennes, le crime, les vols, les pillages et la drogue se répandent. Le ministère de la Santé n’arrive plus à lutter contre les épidémies. Sans compter l’explosion du chômage. En outre, la frontière avec le Yémen devient une passoire permettant l’invasion d’Africains fuyant la misère. Car il s’agirait d’une immigration organisée, soutenue par des chefs religieux qui croient que les Noirs établiront à la fin des temps un Etat dans la péninsule Arabique, afin d’en extraire les richesses. Ces dirigeants religieux, qui se trouvent dans la Corne de l’Afrique, pensent que les Arabes se diviseront et s’entre-tueront, du Yémen jusqu’en Syrie. Le camp qui aura le dessus fera appel aux Noirs, puis l’autre camp fera de même, jusqu’à ce que les Noirs se soient imposés comme éléments incontournables afin de pouvoir soumettre les Arabes et de déclarer un Etat noir. Ils croient qu’ensuite il se mettra à pleuvoir et que le désert se transformera en jardin paradisiaque.”

Lire la suite sur Courrier International.

Pays du Golfe

PAYS DU GOLFE - L'arabité visée par un complot occidental :
Tôt ou tard, les travailleurs immigrés asiatiques, qui représentent l'écrasante majorité de la population dans les pays du Golfe, réclameront des droits politiques : cette idée est un excellent terreau pour les théories du complot occidental contre l'arabité de cette région.
Lire la suite sur Courrier International .

Qatar: l'ONU veut améliorer la condition des travailleurs immigrés :
"Beaucoup d'immigrants font face à des violations des droits de l'Homme sur leur lieu de travail: certains ne reçoivent pas leur salaire ou sont payés moins que le salaire convenu", a déclaré le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des migrants, François Crépeau, lors d'une conférence de presse au terme d'une mission d'enquête de huit jours.
"Je suis également préoccupé par le niveau des accidents sur les sites de construction et par les conditions de travail périlleuses menant à des accidents ou à la mort", a-t-il ajouté, sans pouvoir confirmer les chiffres de la presse sur la mort d'ouvriers népalais.
Lire la suite sur le Nouvel Observateur.

Tunisie

Le tabou du racisme anti-Noirs en Tunisie :
De temps en temps, un fait divers émerge. Une fois, on lit qu’un homme burkinabé a été malmené lors d'une escale à l’aéroport de Tunis-Carthage. Une autre fois, alors qu’un immeuble d’étudiants africains subsahariens à Tunis est pris à parti par des Tunisiens la police embarque... la victime plutôt que les assaillants. Au cours d’une émission de télévision, une élue de l’Assemblée constituante tunisienne qui, en réponse à l’activiste noire tunisienne Jamila Kahara exposant les injures raciales et les discriminations qu’elle a personnellement vécues, lui assène qu’elle « imagine » et qu’elle est « trop sensible ».
[...] Au niveau des organisations internationales, cela fait longtemps pourtant qu’on identifie le malaise ; à titre d’exemple, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU s’inquiète, dans son rapport de 2009, des discriminations en Tunisie et préconise de faire évoluer les cadres législatifs.
Lire la suite sur Rue89 .

 Le racisme anti-noir au maghreb : le cas de la Tunisie (vidéo : Café-Débat)


Maroc

« Le système éducatif marocain, consacre le ‘racisme’ » :
Selon l’écrivain et militant marocain, Ahmed Assid, dans les livres d’école marocains, « l’on apprend aux enfants que seul l’Islam est une religion avérée et juste, alors que les autres on les présente comme falsifiées et faussées : Nos écoles consacre le racisme et produisent des racistes de couleur et de religion ». Lire la suite sur Le quotidien maghrébin.

D'autres articles du même quotidien sur le même sujet : à lire par ici .

Algérie

Un panneau sur lequel il est écrit : “Je suis un chinois hmar (âne)”  (écrit la rédaction du site)
Un panneau sur lequel il est écrit : “Je suis un chinois hmar (âne)” (écrit la rédaction du site)
Concernant ce pays, le site Algérie-focus tente de faire le point sur le développement et l'expansion d'un racisme assumé :

« Trop, c’est trop ! Le racisme de certains algériens, ils sont malheureusement de plus en plus nombreux, dépasse les limites du supportable. Dans la réalité routinière, comme sur les réseaux sociaux, la toile et tout autre espace d’expression, qu’il soit virtuel ou réel, le racisme, les moqueries haineuses et xénophobes, s’invitent de la manière la plus normale. Le racisme de nos compatriotes a dépassé les frontières. Mieux encore, ils alimentent le buzz et défraie la chronique. A l’étranger, on s’étonne face à ce peuple qui crie au racisme à chaque fois qu’il est discriminé, mais qu’il n’hésite pas, lui-même, à verser dans ce fléau dévastateur dés qu’il a en face de lui des étrangers jugés “de moindre importance” que ces occidentaux face auxquels il développe un incroyable complexe d’infériorité. » Lire la suite sur Algérie-focus .

Le même sujet (concernant l'Algérie) est abordé par JeuneAfrique. Cet article faisait suite au climat ayant régné autour de la rencontre (football) entre l'Algérie et le Burkina Fasso. L'article de Jeune Afrique s'intitule : Algérie - Burkina : qui sont les primates? .

Une comparaison entre le "racisme" en France et Algérie est disponible sur le site Algérie-Focus (à la suite d'un article du The Washington Post ).

Maghreb (d'une manière générale)

Le site Algérie-focus pose la question de savoir si « Les noirs sont-ils devenus les Roms du Maghreb ? » :

Dans une tribune, Boubakar Seck accuse. Les migrants subsahariens seraient devenus les boucs émissaires de la société marocaine et les autorités s’enlisent dans leur mutisme. Sa tribune a fait le tour du web. Pour l’architecte Bouabakar Seck« les noirs sont devenus les Roms du Maghreb ». Depuis plusieurs semaines, les incidents et attaques contre les subsahariens se multiplient. Pourtant l’hypothèse du crime raciste reste niée. Les responsables sont-ils punis un jour ? Lire la suite sur Algérie-focus .

Sur SlateAfrique soulève la même question : Le Maghreb aussi a ses Roms, ce sont les noirs .

Égypte

De nombreux réfugiés syriens tentent de fuir l’Égypte par la mer :

Avant le renversement du président Mohamed Morsi le 3 juillet, l'Egypte était une terre d'accueil pour les Syriens. Ils étaient environ 300 000 à s'y être installés, ouvrant des restaurants, fréquentant les écoles et les universités du pays. Mais, depuis le retour des militaires au pouvoir, tout a changé. Accusés d'être du côté des pro-Morsi par certains médias, les Syriens sont devenus la cible d'attaques xénophobes.
A cette propagande se sont ajoutées des mesures coercitives. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, plus de 150 Syriens ont été arrêtés arbitrairement en juillet et août. Près de 1 000 autres ont été interpellés alors qu'ils fuyaient par la mer.
[...]
"ON A PAS D'AVENIR ICI"
 
Recroquevillés dans un canapé, Essam et Madeline écoutent en silence. Ce jeune couple est arrivé il y a trois semaines. Réfugiés palestiniens en Syrie, ils ont pu obtenir un visa touristique de six mois à l'aéroport du Caire. Ils fuient le camp de Yarmouk au sud de Damas, qui est, depuis plus d'un an, le théâtre d'affrontements entre le régime syrien et l'opposition.
 « Avant la guerre, tout allait bien. J'étais pharmacien, Madeline institutrice », raconte Essam, le visage creusé. « Mais c'est devenu impossible. On n'a plus de quoi se nourrir. Il n'y a plus de quoi soigner les gens. Ma femme a fait deux fausses couches. Et moi, je suis diabétique, j'ai besoin d'insuline ». La suite à lire sur Le-Monde .

Lire aussi : Le difficile sort des réfugiés syriens en Égypte .

Liban

Photo JeuneAfrique.com
Photo JeuneAfrique.com
Reportage | Racisme : au Liban, les préjugés ont la peau dure :

L’Afrique est une destination privilégiée de la diaspora libanaise depuis le XIXe siècle. Mais aujourd’hui, les enfants issus de mariages mixtes installés au pays du Cèdre subissent au quotidien un mélange de racisme et de préjugés sociaux. Reportage.

Amalgames
Beyrouth la cosmopolite n’échappe pas aux amalgames raciaux et socio-économiques. Au jeu du délit de faciès, la classe sociale présumée compte au moins autant que la couleur de peau. « La société libanaise fonctionne par catégories très cloisonnées », explique Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. « Entre religion, origine géographique et position socio-économique, les gens cherchent à se distinguer en permanence. À cela s’ajoute l’idée que les Libanais ont une certaine tête. Les métisses sont donc pris pour des migrants pauvres et illégaux. » Lire la suite sur JeuneAfrique .

Affiche à l'entrée d'une grande piscine de Beyrouth sur laquelle on peut lire : "Radios interdites, Appareils photo non autorisés, Accès interdit aux domestiques" (cliquez sur la photo)
Affiche à l'entrée d'une grande piscine de Beyrouth sur laquelle on peut lire : "Radios interdites, Appareils photo non autorisés, Accès interdit aux domestiques" (cliquez sur la photo)
« Les plages de l’apartheid » :

Majoritairement privées, la plupart des plages libanaises refusent le droit d’entrée aux domestiques étrangères. Et, lorsque ce droit leur est accordé, le plus souvent la piscine leur est interdite.
Dans le cadre d’une campagne de lutte contre le racisme, une ONG a diffusé une vidéo où une femme immigrée se voit refuser l’entrée d’un club de plage populaire de Beyrouth en raison d’une politique de sélection "raciste". Les images, publiées par IndyAct, montrent une militante noire qui accompagne trois autres militants souhaitant accéder au club. A la caisse on entend l’employé demander : "Qui est cette fille ?" L’un des militants répond que la femme est leur bonne, ce à quoi le caissier réplique qu’"elle n’a pas le droit d’entrer". Face aux protestations des trois clients, le caissier déclare que les bonnes ne sont pas les bienvenues dans ce club. Les militants demandent ensuite à l’employé : "Et si je vous dis que ce n’est pas une bonne ? C’est mon amie noire africaine qui veut aller à la plage avec moi." Le caissier maintient qu’elle ne peut toujours pas entrer. Lire sur Courrier International .

Pour aller plus loin, voire notre article : La question des minorités religieuses dans le monde musulman .




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Dimanche 12 Novembre 2017 - 14:10 La maison des Saoud- documentaire ARTE