Les cahiers de l'Islam
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Samedi 8 Juillet 2017

L’islam est-il responsable de la violence islamiste ? (LE DEVOIR)


Qu’y a-t-il dans le Coran et dans la Sunna prophétique qui autorise les djihadistes à se réclamer de l’islam, à scander le nom d’Allah chaque fois qu’ils commettent un attentat meurtrier ? Voilà une question légitime qui doit être posée et devant laquelle les communautés musulmanes ne peuvent se dérober.



Photo: Bandar Aldandani Agence France-Presse
Photo: Bandar Aldandani Agence France-Presse

«Les recherches montrent que les quiétistes qui basculent dans la violence sont rares, tant leur éthos idéologique rejette le terrorisme djihadiste», soulignent les auteurs.

LE DEVOIR
Le 8 juillet 2017


Khadiyatoulah Fall, Samir Amghar - respectivement de l'Université du Québec à Chicoutimi et de l'European Foundation for Democracy, à Bruxelles.


Qu’y a-t-il dans le Coran et dans la Sunna prophétique qui autorise les djihadistes à se réclamer de l’islam, à scander le nom d’Allah chaque fois qu’ils commettent un attentat meurtrier ? Voilà une question légitime qui doit être posée et devant laquelle les communautés musulmanes ne peuvent se dérober.
Comment parler de l’islam et des communautés musulmanes dans ce contexte de violence terroriste, mais aussi de discours haineux, sans être immédiatement catalogué comme islamophobe ou « islamophile » ? André Glucksmann formulait ce dilemme discursif ainsi : comment ne pas céder ni à l’amalgame qui fait de l’islam un problème en soi, ni à l’angélisme qui déconnecte le terroriste djihadiste de toute base idéologique religieuse ?
 
Les explications scientifiques du processus d’engagement violent au nom de l’islam ne s’entendent pas sur la place qu’il faut accorder à la religion musulmane dans l’équation de la radicalisation. Tantôt l’islam est présenté comme le vernis religieux, le prétexte facile pour justifier à postériori des positions violentes, tantôt il est analysé comme la matrice fondatrice des actions violentes.
 
Pour les tenants de cette dernière théorie, le modèle explicatif de la radicalisation islamique proviendrait des doctrines littéralistes de l’islam, en l’occurrence le salafisme. Cette explication se fonde dans un premier temps sur la dimension belliqueuse de la religion musulmane dont le prophète, contrairement à d’autres messagers, était un chef de guerre qui a mené, au nom de Dieu, plusieurs batailles et razzias.
 
Cette orientation d’analyse se base également sur plusieurs versets du Coran qui prônent sans ambiguïté la violence. C’est à partir de tels versets que les théologiens ont élaboré le concept de djihad sur lequel s’articule l’engagement des djihadistes contemporains. Si le terme djihad ne renvoie pas en langue arabe à l’idée de guerre ou de violence, mais plutôt à celui d’effort, il a subi une capture sémantique dans le langage courant qui en a fait un synonyme de violence au nom de l’islam, surtout depuis que certains doctrinaires de l’islam contemporain l’ont forgé dans ce sens.

Retrouvez la suite de cet article sur le site LE DEVOIR.

 




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