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Mardi 7 Novembre 2017

L’Arabie saoudite renverse la table au Liban (Le Temps)


Le Hezbollah est plus que jamais le maître du Liban. En provoquant le départ du premier ministre Saad Hariri, Riyad fait du pays du cèdre un nouveau théâtre de sa rivalité avec l’Iran



Le libanais Saad Hariri a trouvé refuge en Arabie saoudite, pays depuis lequel il a annoncé qu’il quittait son poste de premier ministre.  © MOHAMED AZAKIR / REUTERS
Le libanais Saad Hariri a trouvé refuge en Arabie saoudite, pays depuis lequel il a annoncé qu’il quittait son poste de premier ministre. © MOHAMED AZAKIR / REUTERS

Le Temps
Le 06 novembre 2017

Le Hezbollah est plus que jamais le maître du Liban. En provoquant le départ du premier ministre Saad Hariri, Riyad fait du pays du cèdre un nouveau théâtre de sa rivalité avec l’Iran

Telle qu’elle est décrite par les médias saoudiens, la chasse à l’homme a été haletante. Dans les rues de Beyrouth, au passage du convoi du premier ministre libanais Saad Hariri, tous les appareils électroniques se mettaient mystérieusement à se brouiller. Ce parasitage était «d’origine iranienne», croit savoir par exemple la chaîne Al-Arabiya. Le sang du Libanais n’a fait qu’un tour. Et c’est une fois à l’abri, à Riyad, que Saad Hariri a pu évoquer cette tentative d’assassinat, avant de démissionner dans la foulée.

Les «commentateurs» libanais – et ils sont nombreux dans ce pays où la politique est omniprésente – ne croient guère à cette thèse officielle. La démission, samedi, d’un premier ministre libanais qui a occupé, d’entrée, son poste à reculons? «L’Arabie saoudite a décidé de tirer la prise», grommelle-t-on à Beyrouth pour résumer cette annonce, faite à Riyad, et retransmise d’abord par les médias saoudiens proches du régime.

Reconfiguration générale

C’est en Arabie saoudite que la famille Hariri est devenue milliardaire. Rafic Hariri, l’ancien premier ministre assassiné en 2005, y avait créé un empire, Saudi Oger, avec lequel il a construit la moitié des villes saoudiennes puis, plus tard, reconstruit le centre-ville de Beyrouth. En signe de reconnaissance, Saad Hariri a été gratifié du passeport saoudien, comme son père. Et c’est l’Arabie saoudite qui, exerçant son influence et finançant notamment sa campagne électorale, l’avait imposé une nouvelle fois au Liban, l’année dernière. En échange, dans le complexe équilibre libanais, le camp pro-iranien hissait à la présidence du pays le chrétien Michel Aoun.

Aujourd’hui, le «retrait de la prise» saoudienne a été d’autant plus spectaculaire qu’il a coïncidé avec l’arrestation de dizaines de princes et de personnalités de haut rang, dans le cadre de la purge décidée par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Une «coïncidence» qui...

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