Les cahiers de l'Islam
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Dimanche 27 Septembre 2015

Hammoudi Abdellah, Une saison à La Mecque, récit de pèlerinage



...au-delà du témoignage, Abdellah Hammoudi propose une réflexion inédite sur le sens des rituels qui rythment le pèlerinage : telle une intrigue qui progresse vers son dénouement, le pèlerinage s'empare des vies humaines - du sens du temps, des enjeux politiques, des règles du commerce... - et les transforme

Publication en partenariat avec IESR-Sorbonne .


 

Hammoudi Abdellah, Une saison à La Mecque, récit de pèlerinage

Broché : 314 pages
Éditeur : Seuil (7 janvier 2005)
Collection : La couleur des idées
Langue : Français ISBN-10: 2020669803

Quatrième de couverture

« En prenant la direction de La Mecque, j'ignorais quel serait l'aboutissement de mon voyage. »
Au fil d'un récit poignant, mené à la première personne, Abdellah Hammoudi raconte un pèlerinage à La Mecque, celui qu'il a fait en 1999. Étape après étape, le lecteur pénètre ainsi dans les Lieux saints (Djeddah, Médine, La Mecque, Safa, Marwa, Arafa...) où les rituels se déroulent (circumambulation autour de la ka'aba, recueillement et prière à Arafa, lapidations...), guidé par le regard tout à la fois du pèlerin et de l'anthropologue. Car le pèlerinage ne se résume pas à la succession des rituels : il faut aussi y apprendre une nouvelle forme de quotidien, apprivoiser la promiscuité, arpenter les marchés. Et, bien avant l'arrivée en Arabie saoudite, lors des préparatifs, déjà se dessine la dimension économique de cette aventure : la foi elle-même est prise dans les courants de la marchandise... Enfin, au-delà du témoignage, Abdellah Hammoudi propose une réflexion inédite sur le sens des rituels qui rythment le pèlerinage : telle une intrigue qui progresse vers son dénouement, le pèlerinage s'empare des vies humaines - du sens du temps, des enjeux politiques, des règles du commerce... - et les transforme.

Sur l'auteur

Abdellah Hammoudi a enseigné de 1972 à 1989 au Maroc. Il est professeur d'anthropologie à l'université de Princeton (Etats-Unis) depuis 1991 et directeur de l'Institut des études transrégionales (1994-2004) dans la même université. Il est notamment l'auteur de La Victime et ses masques, Seuil, 1988, et de Master and Disciple: TheCultural Foundation of Moroccan Authoritarianism, The University of Chicago Press, 1997.

Résumé

L’ouvrage s’inscrit dans le cadre d’une recherche sur le pèlerinage. Il s’agit ici du pèlerinage à La Mekke accompli au printemps 1995 par l’auteur, universitaire marocain de tradition musulmane. Le récit en douze chapitres, est élaboré à partir de son journal quotidien. Il s’ouvre sur les « départs » et les « apprentissages » d’un rite majeur de l’islam, encadré par les États depuis le XIXe siècle.

A Rabat Abdellah Hammoudi doit se livrer aux lourds préparatifs qui précèdent le pèlerinage et s’interroge sur l’authenticité et la légitimité de sa démarche, à la fois comme recherche anthropologique et comme interrogation sur son identité de musulman (chap. I à III). Les chapitres suivants sont des témoignages du vécu de l’auteur et de ses compagnons marocains en « Terre sainte » : la découverte de Médine (chap. IV, V), l’émotion lors de l’entrée en ihram* à l’arrivée à La Mekke et de l’accomplissement de la première ‘umra* (chap. VI) puis l’attente de l’ « étape décisive » du hadjdj* (chap. VII).

Le chapitre VIII marque une pause dans l’itinéraire. Ces douze jours de vie mekkoise raniment des « archives incandescentes » (p. 186), comme les souvenirs d’enfance de l’auteur dans la « maison de l’Islam » (p. 187), et ravivent en lui l’interrogation sur son identité. Après La Mekke, vient le temps fort du « passage » vers ‘Arafa, le « stationnement » suivi des lapidations de Satan et du sacrifice à Minâ (chap. IX et X). Dans ce voyage qui décrit une ellipse entre les lieux du rite, le chapitre X « Mémoire de violence », est une halte, un temps de méditation sur la violence du rituel de lapidation et du sacrifice. Les retours vers La Mekke, Djeddah et le Maroc (chap. XII) arrachent l’auteur à une expérience fascinante et angoissante.

  • L’originalité de la démarche : l’analyse de l’universitaire et sa quête personnelle sur son identité. Tout au long de l’ouvrage, ces deux niveaux de lecture s’entrecroisent.
  • La richesse des informations et des observations sur la matérialité de ce rite canonique original de l’islam et sur le vécu des musulmans : odeurs, mouvements de foule, rythmes épuisants entre longues stations à la mosquée et arpentage des marchés. Il observe les évolutions du prosélytisme wahhâbite, de l’urbanisme « totalitaire et policier » (p. 112) et le cloisonnement des musulmans (langues, vêtements, attitudes).
  • Des extraits de cet ouvrage pourront illustrer des leçons sur l’islam-religion, et combler le manque de textes contemporains dans les manuels scolaires (voir les lacunes signalées par Marlène Nasr, Les Arabes et l’Islam vus par les manuels scolaires français). On suggèrera plusieurs thèmes : la prière (p. 94) ; la ‘Umra* (p. 152) ; le wahhâbisme (p. 112 à118) ; le rôle des médias modernes dans la prédication (p. 149). L’enseignant disposera également d’une présentation des concepts indispensables à l’accomplissement du hadjdj par les musulmans: ihrâm* (p.46-48 ; 126-127), niyya* (p. 38), ‘umra* (138-139), sa‘y*, talbîya*.




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