Les cahiers de l'Islam
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Dimanche 16 Octobre 2016

Éric Geoffroy : « On ne peut nier le besoin spirituel en France » (Le Monde des RELIGIONS)


Islamologue et spécialiste du soufisme, Éric Geoffroy préside la fondation Conscience Soufie, qui œuvre à promouvoir la sagesse universelle de cette voie intérieure de l’islam. Pour lui, la spiritualité donne des clés pour comprendre notre monde.



Eric Geoffroy. Photo : source Wikipédia.
Eric Geoffroy. Photo : source Wikipédia.


Propos recueillis par Clémentine Garnier - publié le 12/10/2016

Les écoles soufies se rattachent habituellement à une confrérie mais ce n'est pas le cas de votre fondation Conscience Soufie. Pourquoi ?

Certains qualifient, hâtivement, notre fondation de «néo-confrérie dissimulée». Le système confrérique n’est pas toujours adéquat à notre époque, dans la mesure où il a parfois – je dis bien parfois – tendance à privatiser, voire à enfermer la sagesse du soufisme au lieu de l'ouvrir à l'universel. Le but de la fondation est exactement le contraire.

Pour autant, les membres qui constituent le cercle de la fondation sont le plus souvent rattachés à une confrérie. Je chemine moi-même avec le cheikh Khaled Bentounès, qui défend d’ailleurs l'idée selon laquelle «les confréries doivent sortir au grand jour». Son ONG, l'Association internationale soufie Alawiyya (Aisa), reconnue auprès de l’ONU, œuvre dans ce sens. Si le système confrérique est actuellement en fin de course, la pertinence de l'affiliation à une lignée initiatique remontant au Prophète demeure ; cela apporte une protection dans le cheminement spirituel. Ainsi, la fondation ne se pose pas comme étant une voie initiatique, mais les membres du conseil souhaitent être des accompagnants, des « accoucheurs » dans le sens de la maïeutique. Nous sommes profondément musulmans et prônons l'approfondissement de notre islamité dans le sens de l’universel ; le Coran et les paroles du Prophète bien compris ne font que prôner cela.

 
Qu'en est-il de l'universalisme de vos « enseignement et transmission », selon l’intitulé de l'un des cinq axes de la fondation ? S'adressent-ils seulement aux personnes de confession musulmane ?

Notre public se divise en trois catégories. Il y a ceux qui sont déjà membres d'une confrérie, mais qui en sont déçus pour diverses raisons – l'absence d'un maître vivant, une confrérie à l’expansion internationale qui empêche le disciple d’accéder au maître, une confrérie trop prosélyte... Un second cercle, plus large, est constitué de musulmans qui ne se retrouvent plus dans le discours normatif et ritualiste de l'islam. Ceux-là ont une soif spirituelle, mais se méfient d’un système confrérique trop fermé ou refusent la personne du cheikh qu’ils perçoivent faussement comme un intermédiaire entre eux et Dieu. Une troisième catégorie concerne les non-musulmans que la laïcité à la française ne satisfait plus. Il y a un besoin spirituel que l'on ne peut plus nier, et il est intéressant de noter que les femmes sont les premières à franchir le pas. Elles ont généralement moins de carapace que les hommes. Un public de tous âges s'intéresse à ce que nous proposons et allons proposer. Les demandes d'adhésion ne viennent pas seulement de France mais aussi de Suisse, de Belgique, du Maghreb et du Sénégal.

Retrouvez la suite de cet article sur le site Le Monde des RELIGIONS.




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